Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Comment rénover écologiquement ?

Par Andrea Lubeck
renovations-ecolos

Qu’il s’agisse de repeindre votre sous-sol ou de reconfigurer votre salon, chaque rénovation peut être écologique. Pour vous aider à réduire votre empreinte écologique ou améliorer votre efficacité énergétique, vous pouvez engager un écoentrepreneur certifié qui utilise des matériaux durables et recycle les déchets de construction. Il existe même de l’aide financière pour soutenir vos projets verts.

Trouvez un écoentrepreneur
Vérifiez les licences
Signez un contrat vert
Écolo jusque dans les matériaux
Les 3R à l’honneur
Le vert, combien ça coûte ?

Réduire son empreinte écologique, améliorer l’efficacité énergétique de son foyer, utiliser des matériaux durables… Voilà quelques-unes des raisons qui ont motivé Julien David, un courtier immobilier de Montréal, à se tourner vers un écoentrepreneur pour effectuer les rénovations d’envergure de son appartement du quartier Mile-End, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, en 2015. «J’avais une certaine envie de respecter la nature. C’était essentiel pour moi de trouver un entrepreneur qui avait aussi cette vision écologique.»

Celui qui se spécialise dans la vente d’habitations écologiques a fait entièrement rénover sa cuisine et sa salle de bain : des murs porteurs ont été abattus et les planchers, refaits à neuf, notamment. «En enlevant des murs séparant une chambre et la salle à manger afin de créer une aire de vie ouverte, on a permis à la lumière de mieux pénétrer dans mon appartement, ce qui diminue mes besoins en chauffage», raconte Julien David, qui estime avoir réalisé des économies d’énergie de 50 $ par mois par rapport à ce qu’il payait avant les travaux.

L’écoentrepreneur responsable des travaux a également utilisé des matériaux ne contenant aucun composé organique volatil (COV). Ces substances chimiques, comme le butane, l’éthanol ou le benzène, se cachent dans certains matériaux utilisés pour fabriquer les caissons d’armoire ou les revêtements de plancher, mais aussi dans les teintures et les peintures. Les COV se propagent dans l’air et peuvent affecter la santé (asthme, irritation des yeux, maux de tête). Ils participent également à la formation du mauvais ozone, en basse altitude. En sélectionnant des matériaux sans COV, Julien David améliore non seulement la qualité de l’air intérieur, mais il diminue aussi son empreinte sur l’environnement.

Pour rénover dans le respect de la nature, il faut toutefois savoir comment s’y prendre, indique Michel Leblanc, propriétaire de l’entreprise Solutions Résidentielles, spécialisée en construction écologique. Protégez-Vous vous aide à naviguer dans l’univers des rénovations vertes.

>> À lire aussi: Comment améliorer votre empreinte écologique et Tous nos articles sur les rénos et l'entretien d'une maison

Trouvez un écoentrepreneur

Pour trouver un entrepreneur pour vos travaux verts, consultez d’abord le bottin d’Écohabitation, un organisme sans but lucratif (OSBL) qui fait la promotion des rénovations écologiques. Ce répertoire cumule une trentaine d’entreprises réparties dans plusieurs régions du Québec qui ont la certification d’«Écoentrepreneur», indique Emmanuel Cosgrove, directeur général de l’organisme.

Pour recevoir cette certification, les écoentrepreneurs doivent suivre une formation et réussir un examen théorique offerts par Écohabitation. Ils s’engagent ensuite à toujours appliquer de bonnes pratiques écologiques en matière de rénovation et de gestion des déchets de construction. Celles-ci incluent de choisir uniquement des matériaux durables, sans COV, à faible consommation énergétique et, dans la mesure du possible, provenant de sources locales, décrit Michel Leblanc. À la fin des travaux, les entrepreneurs écologiques s’assurent aussi d’optimiser le recyclage de leurs matériaux.

Notez que les sites de soumissions en rénovations RénoAssistance, SoumissionRenovation.ca et Smart Reno permettent de demander un écoentrepreneur.

Vérifiez les licences

Au-delà de sa certification écologique, l’écoentrepreneur que vous désirez engager doit être titulaire d’un permis d’entrepreneur général ou spécialisé en vertu des règles de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ).

«Les mêmes vérifications d’usage s’appliquent qu’on fasse affaire avec un écoentrepreneur ou un entrepreneur dit "régulier"», indique Marc-André Harnois, directeur général de l’Association des consommateurs pour la qualité dans la construction (ACQC). Le registre de la RBQ constitue une ressource essentielle à consulter en ce sens. Les informations sur les certifications écologiques d’un entrepreneur n’y sont toutefois pas affichées.

Enfin, n’oubliez pas de chercher sur le site de la Société québécoise d'information juridique (SOQUIJ) le nom personnel et le nom de l’entreprise de l’entrepreneur que vous voulez contacter. «Vous pourrez donc facilement savoir si le professionnel choisi est un habitué des tribunaux, souligne Marc-André Harnois. Vous pouvez aussi parcourir le site de l’Office de la protection du consommateur (OPC) pour voir si des plaintes ont été formulées à son sujet.»

Une fois que vous aurez trouvé quelques entrepreneurs potentiels, faites des demandes de soumissions qui incluent les matériaux utilisés, un prix pour l’ensemble des travaux ou un taux horaire et le nombre d’heures prévues pour réaliser le projet. L’OPC recommande de contacter au moins trois entrepreneurs pour comparer leurs offres. Demandez-leur aussi de vous envoyer des photos de projets réalisés, similaires aux vôtres.

Signez un contrat vert

Après avoir arrêté votre choix sur un entrepreneur pour réaliser vos rénovations écologiques vient l’étape du contrat. Lors de la négociation, privilégiez les échanges par courriel ou par messagerie texte afin de garder une trace écrite et d’éviter les mésententes.

Lorsqu’un accord survient, l’OPC et la RBQ conseillent de signer un contrat en bonne et due forme.

Si par ailleurs vous ne trouvez pas d’écoentrepreneur dans votre région, devez-vous mettre une croix sur vos rénovations vertes? Pas du tout. « Un client bien informé, qui établit lui-même son devis, peut demander à n’importe quel professionnel de faire des travaux écologiques », estime Michel Leblanc.

Écolo jusque dans les matériaux

Si vous faites affaire avec un entrepreneur ordinaire, assurez-vous donc de bien détailler vos demandes écologiques dans le contrat. Il y a des démarches que vous devrez sûrement entreprendre de votre côté afin d’être sûr que vos volontés soient respectées, notamment déterminer les matériaux que vous voulez utiliser.

Emmanuel Cosgrove suggère de parcourir les magasins de rénovation, de noter la marque, le modèle et même le prix des matériaux que vous exigez que l’entrepreneur utilise pour les travaux et de les inscrire dans le contrat.

«Des certifications officielles existent pour identifier les matériaux écologiques. Attention toutefois aux étiquettes faussement vertes qu’accolent les détaillants à une foule de produits», prévient Emmanuel Cosgrove. Il prend pour exemple un produit qu’on dit fait de matières recyclées. Si ce dernier n’est pas fait à 100 % de matières recyclées, il n’est pas réellement écologique. Le directeur général d’Écohabitation conseille de bien lire la description du produit pour vous assurer de son caractère écologique.

Entre autres, recherchez la certification Energy Star, qui garantit l’efficacité énergétique des électroménagers, de l’équipement de chauffage, de ventilation et de climatisation, des produits d’éclairage et des portes et fenêtres, notamment. Pour réaliser une économie d’eau, tournez-vous vers les produits certifiés WaterSense.

La certification Greenguard Gold, par ailleurs, vous assure que les matériaux utilisés dans votre demeure dégagent peu ou pas de composés organiques volatils (COV) et de formaldéhyde. Ce dernier est un gaz que l’on retrouve dans les adhésifs, la peinture, les vernis, les finis de plancher et les produits de bois manufacturés, par exemple. Le formaldéhyde se dégage de ces produits au fil du temps et s’avère nuisible à la santé – problèmes respiratoires, sensibilité allergique accrue ou risque plus élevé de cancer des fosses nasales pour les cas d’exposition importante.

Au-delà de la certification, la provenance des matériaux – et les gaz à effet de serre émis par le transport longue distance – est un aspect non négligeable à prendre en compte lors de rénovations écologiques.

«Oui, un plancher de bambou est écologique si on habite en Thaïlande. Il l’est pas mal moins quand il doit être transporté sur des kilomètres pour arriver au Québec. Il faut parfois faire des compromis, comme acheter un matériau à la base moins écologique, mais qu’on va chercher à seulement quelques kilomètres de chez soi», suggère Nicolas Girouard, président de l’entreprise Les projets de Nicolas et écoentrepreneur certifié par Écohabitation. C’est son entreprise qui a réalisé les travaux dans l’appartement de Julien David. Il ajoute que le consommateur a tout en main pour faire des choix judicieux en lisant bien les étiquettes et les logos officiels des produits.

Les 3R à l’honneur

La gestion des déchets de rénovation fait aussi partie des éléments importants à considérer pour verdir ses travaux. Selon les normes d’Écohabitation et du Conseil du bâtiment durable du Canada, un écoentrepreneur doit détourner au moins 60 % des déchets des sites d’enfouissement vers le recyclage ou la réutilisation, précise Michel Leblanc.

«La méthode traditionnelle est de tout mettre dans un conteneur et d’envoyer 100 % des déchets au dépotoir. En rénovation écologique, on trie les matériaux à la source. Si on peut en réutiliser, c’est tant mieux. Sinon, on sépare le bois, le métal, le gypse, le carton et le plastique, qui peuvent tous être recyclés», explique-t-il.

Dans le cas des travaux de Julien David, le recouvrement de plancher d’une pièce a été réutilisé pour être posé à l’endroit où se trouvaient les murs porteurs abattus.

L’écocourtier a aussi placé une annonce sur Internet pour donner un conduit de cheminée en brique trouvé par hasard dans un mur de la cuisine par les travailleurs. Une personne s’est montrée preneuse, évitant ainsi que cette brique ne finisse sa vie aux poubelles.

Si vous ne faites pas affaire avec un écoentrepreneur, vous pouvez confier la gestion des déchets à une compagnie de recyclage spécialisée dans les rebuts de démolition, construction et rénovation. Sinon, vous pouvez les apporter vous-mêmes dans un centre de tri, à un écocentre ou chez un recycleur.

«Il n'y a rien de sorcier dans la rénovation écologique. Il s'agit seulement de bien faire les choses, sans complètement réinventer le métier de la construction», conclut Michel Leblanc.

Le vert, combien ça coûte?

Rénover avec un souci environnemental peut coûter un peu plus cher que rénover de façon standard, en raison, entre autres, du processus écologique et de la gestion des déchets qui demandent plus de temps aux travailleurs. Selon Michel Leblanc, le surcoût varie entre 5 % et 10 %. Cependant, un client peut constater assez rapidement un retour sur son investissement, notamment grâce à une économie d’énergie.

«Payer pour des fenêtres triple vitrage, par exemple, peut paraître cher, mais ça permet d’améliorer l’efficacité énergétique et donc de diminuer les coûts opérationnels de chauffage», mentionne-t-il.

De même manière, payer un peu plus cher pour des matériaux durables fait en sorte qu’on mise sur la durabilité. «Oui, on paye plus cher pour remplacer son vieux comptoir de cuisine par une surface ultra-compacte plutôt que par du stratifié, mais la première ne gonflera pas au moindre dégât d’eau. Quand on se lance dans des rénovations vertes, il faut préconiser le principe de la vision globale, en tenant compte des économies réalisées à long terme, plutôt que du coût unitaire d’un produit», ajoute Nicolas Girouard.

Par ailleurs, il existe de l’aide financière pour vous aider à améliorer l’efficacité énergétique de votre résidence. Le programme Rénoclimat offre une subvention qui varie en fonction des travaux que vous faites. Vous pourriez par exemple recevoir 60 $ par porte ou fenêtre plus étanche et jusqu’à 2 440 $ pour améliorer la valeur isolante des murs extérieurs.

Julien David affirme qu’en 2019, lorsqu’il a vendu son appartement rénové écologiquement, il a obtenu «un prix de vente record au pied carré dans son quartier». Bien qu’il admette que le nombre d’acheteurs à la recherche d’une maison écologique reste marginal, il constate que de plus en plus de personnes y sont sensibilisées. «Ce n’est pas l’élément qui fera qu’on va vendre ou acheter une maison, mais c’est une belle cerise sur le sundae. Si on fait des rénovations écologiques, on les fait d'abord pour soi-même», dit-il.

>> À lire aussi: Acheter une maison en tenant compte des enjeux environnementaux et Enquête sur 5 sites web de soumissions pour les rénos

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.