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Vous cognez des clous au volant? Vous êtes en danger… et dangereux!

Par Nadine Filion
sommeil-volant

Savez-vous précisément quand vous vous êtes endormi hier, une fois la tête posée sur l’oreiller? Non? Dites-vous que c’est la même chose au volant: vous ne saurez pas à quel moment vous vous assoupirez – pour peut-être ne plus jamais vous réveiller. Quelques trucs pour éviter de faire partie des sombres statistiques.

De toutes les études menées à bord de la vieille Honda Civic transformée en simulateur au Laboratoire de simulation de conduite de l’Université de Montréal, c’est celle sur la fatigue au volant qui a le plus surpris les chercheurs. Elle a permis de découvrir – et c’est justement le hic, avec la fatigue – que les conducteurs ne sont pas conscients de s’endormir.

Le directeur du laboratoire de recherche, le professeur de psychologie Jacques Bergeron, résume ainsi l’expérience: «Les gens tombaient en hypovigilance sans s’en rendre compte. Ils nous disaient être dans leur état normal, mais leur comportement montrait qu’ils étaient sur le point de faire une fausse manœuvre ou de perdre le contrôle de leur véhicule.»

Autrement dit, dès les premiers signes «d'endormitoire» au volant – vos pensées vagabondent, vous bâillez à vous en décrocher les mâchoires, votre regard fixe ne scanne plus les rétroviseurs… ou la route –, vous n’êtes déjà plus en état de conduire.

Vous cognez des clous ou vous vous réveillez en sursaut parce que vous venez de rouler sur la bande rugueuse? Vous êtes aussi dangereux qu’un conducteur en état d’ébriété. Que faites-vous donc encore sur la route?

Des statistiques qui réveillent

La somnolence  au volant est, avec l’alcool, la vitesse et la distraction au volant, l’une des principales causes de mortalité routière, d’après la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Bon an mal an, elle est responsable de près du quart des accidents mortels sur les routes de la Belle Province – un scénario identique à celui du reste du Canada.

La très grande majorité des accidents de la route reliés à la fatigue au volant se produisent sur une voie rapide. Ils surviennent habituellement la nuit, mais aussi en milieu d’après-midi, soit après le lunch, alors que le corps tourne au ralenti. Quatre fois sur cinq, un seul véhicule est en cause.

Surtout, ils ne pardonnent pas. Parce qu’un conducteur qui s’endort au volant n’exécute (évidemment) aucun freinage ou manœuvre d’évitement avant l’impact, ces collisions se concluent majoritairement (80 %) par au moins un décès. Sans surprise, la victime est principalement celui ou celle qui avait surestimé son niveau de vigilance.

Pour ne pas faire partie des statistiques

Dormez (assez) – Avant un long trajet, offrez-vous une bonne nuit de sommeil. Une «dette de sommeil» de cinq heures entraîne au volant la même diminution de la concentration et des réflexes que l’absorption de deux ou trois verres de vin. Si vous ajoutez à ce déficit de sommeil le fait d’être réveillé depuis plus de 24 heures, c’est comme si vous conduisiez avec un taux d’alcoolémie de 0,10 mg – soit plus que la limite légale.

Planifiez – Planifiez des trajets qui ne dépassent pas huit heures et qui se déroulent de jour, et non lors des périodes habituellement occupées à dormir. Prenez régulièrement des pauses et, si possible, changez de conducteur.

Restez au garde-à-vous – Réglez votre siège dans une position adaptée à la conduite active: le dossier droit, les deux mains sur le volant. Conservez l’habitacle frais et bien aéré – la fatigue se fait sentir plus vite lorsqu’il fait chaud.

Mangez léger – Faites une croix sur l’alcool et privilégiez les repas légers. Vous devez absolument absorber un médicament qui provoque la somnolence? Laissez-vous conduire, dans votre voiture ou dans tout autre mode de transport: autobus, train, avion.

Réduisez les contrastes – Parce que les contrastes lumineux accroissent la fatigue visuelle, diminuez l’intensité d’éclairage de votre tableau de bord une fois l’obscurité tombée. Conservez un pare-brise bien nettoyé, dedans comme dehors, et ne laissez pas d’objets se refléter dans la glace, ce qui agace la vision.

Un seul remède

Malgré toutes vos précautions, vos paupières se font lourdes, vous «cognez des clous», vous n’avez aucun souvenir des derniers kilomètres parcourus… bref, vous êtes ivre de fatigue? Vous êtes déjà en danger – et un risque pour les autres utilisateurs du réseau routier.

Il est trop tard pour avaler un café ou une boisson énergisante, ouvrir une fenêtre, hausser le volume de la radio; rien de tout cela ne chassera la fatigue. Pour la faire disparaître, il ne vous reste qu’une solution: dormir.

Deux bonnes nouvelles. Primo, pas besoin de se taper une nuit entière de sommeil; de 15 à 30 minutes de powernap suffisent. Secundo, dormir est un remède tout à fait gratuit. Il suffit de vous arrêter dans une halte routière, à une station-service ou dans tout autre endroit sécuritaire pour vous laisser (enfin!) tomber dans les bras de Morphée.

Vous êtes du genre à tomber endormi dès que votre tête touche l’oreiller? Ne soyez pas de ceux qui repoussent d’une sortie (d’autoroute) à l’autre le moment de vous arrêter; parce que votre prochaine sortie pourrait en être une de route. Comme le dit si bien le jeune Gabriel Pouleur, passager du véhicule que Nicholas Lessard, 18 ans, a conduit jusqu’à en mourir de fatigue: Y’a pas 50 solutions; c’est dormir, pis that’s it.

Pas de contravention, mais…

La somnolence au volant ne fait l’objet d’aucune infraction «officielle» au Code de la sécurité routière pour les conducteurs de véhicules de promenade, selon la SAAQ. De même, la fatigue n’est reliée à aucune infraction criminelle pour conduite avec capacités affaiblies par la fatigue, «seule celle avec les capacités affaiblies par l’alcool ou par la drogue (incluant les médicaments) étant spécifiquement prohibée», précise la porte-parole, Sophie Roy.

Conduite dangereuse? L’incrimination est difficile. Les autorités doivent démontrer «un degré de faute du conducteur, c’est-à-dire un écart marqué (suffisamment grave) par rapport à la norme de diligence que respecterait un conducteur raisonnable dans les mêmes circonstances», ajoute Mme Roy.

Bref, l’endormi au volant ne risque guère la contravention. Mais quand bien même les policiers lui en décerneraient une, il a quatre «chances» sur cinq de ne plus être là pour la contester…

Les signes de la fatigue

Vision embrouillée

Yeux qui brûlent

Fréquents bâillements

«Cogner des clous»

Se réveiller en sursaut

Diminution de la concentration

Réactions moins rapides

Changements impromptus de voie

Vitesse irrégulière

Freinage désordonné

Difficulté à garder la tête droite, les yeux ouverts

Aucun souvenir des derniers kilomètres parcourus…

>> À lire aussi : Élimination de l’alcool: cinq mythes déboulonnés et Que faire en cas d’accident de la route impliquant un piéton?

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