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Vaut-il la peine d’étaler ses paiements quand on achète en ligne?

Par Alain McKenna
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Achetez maintenant, payez plus tard: depuis quelques mois, plusieurs détaillants ont ajouté sur leur site web l’option d’étaler les paiements pour les achats que leurs clients font en ligne. La formule a fait mouche en 2020 auprès des consommateurs confinés par la pandémie. Mais est-ce un bon outil d’achat?

Les outils d’étalement des paiements pour les achats en ligne sont apparus avant la pandémie, mais on les remarque davantage depuis le début de la crise, puisque celle-ci a eu un effet accélérant sur l’adoption du commerce électronique pour bien des gens partout dans le monde

Le Canada a traîné de la patte dans l’adoption de cette forme de paiement, mais on la retrouve aujourd’hui sur le site de nombreux détaillants, y compris au Québec. Chez nous, AfterPay, Affirm et PayBright sont les services d’étalement de paiement les plus connus. Pour l’acheteur, la formule est simple: vous ajoutez des articles dans votre panier d’achat et, au moment de régler, on vous propose de payer la somme totale en plusieurs paiements différés.

Sans frais, vraiment?

L’option offerte sans frais au consommateur est d’étaler le paiement en parts égales qu’il devra ensuite régler aux deux semaines. Certains services exigent plutôt des paiements aux trois semaines ou au mois. Cela peut être étalé sur quatre semaines, un an, ou même plus, selon la valeur de l’article et la largesse du détaillant.

Pour ne pas payer de frais, l’acheteur doit s’assurer de respecter l’échéance des paiements, sans quoi des frais additionnels apparaîtront. Selon le service, ces frais sont fixes (entre 10 et 20 $ par paiement manqué), ou peuvent atteindre entre 20 et 30 % de la valeur de la transaction.

Notez que certains services tiennent compte de l’historique de crédit de l’acheteur avant d’accepter d’étaler les paiements, mais pas tous. Dans tous les cas, si vous ne réglez pas la note, vous serez incapable de réutiliser le service par la suite.

De façon générale, si vous en respectez les conditions, l’étalement des paiements est une façon économique d’emprunter pour payer vos achats faits sur Internet. Les frais sont moins élevés avec ce type de service que si vous réglez avec votre carte Visa ou Mastercard et que vous remboursez sur une période de plus d’un mois.

C’est aussi plus avantageux qu’une avance de fonds proposée par votre banque, puisque celle-ci impose des intérêts à compter du jour de la transaction.

Évidemment, le risque que vous courez en utilisant cet outil d’achat est de trop vous endetter et de ne pas pouvoir régler à temps. L’Office de la protection du consommateur (OPC) recommande surtout de bien comprendre quels frais peuvent être appliqués, et quand ils le seront. Après tout, l’étalement des paiements demeure une forme de prêt, ce qui n’est jamais réellement gratuit.

«La rétrofacturation protège aussi le consommateur. Il y a des dispositions pour cela», rappelle Charles Tanguay, porte-parole de l’OPC.

Un risque pour le commerçant

Ce sont les commerçants qui absorbent le coût de cette méthode de paiement. Les frais exigés par les sociétés qui offrent cette option varient de 4 à 10 % du montant de la transaction, ce qui est beaucoup plus élevé que les frais de 3 à 4 % exigés par les émetteurs de carte de crédit et les solutions de paiement en ligne plus classiques (PayPal, Apple Pay, etc.).

Trois arguments sont évoqués pour justifier cette surprime. D’abord, grâce à l’étalement des paiements, moins d’internautes quittent le site du détaillant après avoir rempli leur panier d’achat et vu le montant total de la facture. Savoir qu’ils peuvent ne régler qu’une fraction de la somme immédiatement fait moins peur.

Ensuite, malgré l’étalement du paiement pour l’acheteur, le détaillant reçoit la totalité de la somme payée (moins les frais) sur-le-champ. Le fournisseur s’occupe du reste. Celui-ci peut même effectuer des promotions croisées auprès de ses utilisateurs acquis sur d’autres sites et attirer une nouvelle clientèle vers le site du détaillant.

Enfin, comme le faisait remarquer la direction de la chaîne de vêtements Gap il y a quelques jours, les internautes achètent davantage d’articles lorsqu’ils diffèrent le paiement. Ils font ainsi grossir la valeur de leur panier d’achat suffisamment pour couvrir les frais additionnels payés pour offrir cette option.

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