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Sextorsion et deepfakes : comment protéger vos ados et dénoncer

Par Camille Lopez
sextorsion

Le Centre canadien de protection de l’enfance (CCPE) s’inquiète d’une nouvelle technique de sextorsion visant les mineurs : l’hypertrucage, mieux connu sous le terme de deepfake. Voici comment protéger votre ado et obtenir de l’aide.

Le stratagème consiste à entreprendre une conversation avec un mineur, surtout des adolescents de 13 à 16 ans, sur une plateforme de clavardage vidéo. Après une conversation anodine, enregistrée à l’insu de la victime, les sextorqueurs superposent le visage de l’enfant ou de l’adolescent à une vidéo pornographique. Le résultat est très convaincant.

C’est à ce moment que le chantage commence. Le sextorqueur menace la victime de diffuser la vidéo sur les réseaux sociaux et aux autres élèves de son école. À moins qu’elle envoie de l’argent, des cartes-cadeaux ou des photos d’elle nue au prédateur.

« On sait très bien que les prédateurs sexuels ne manquent pas d’imagination pour exploiter les enfants, indique René Morin, porte-parole du CCPE. On a reçu assez de signalements au cours des derniers mois pour mettre la population en garde contre l’hypertrucage. »

D’après les signalements reçus par l’organisme, de nombreux sites internet et plateformes sont utilisés par les sextorqueurs, dont Facebook Messenger, Skype, Omegle, Instagram, Snapchat, Google Hangouts et Line App.

Prévenir la sextorsion chez les mineurs

Alors, comment se mettre à l’abri des prédateurs ? Pour mettre toutes les chances de son côté, mieux vaut s’assurer de ne jamais accepter de demande de vidéoconférence non sollicitée.

« Ce n’est jamais une bonne idée de répondre à des appels vidéo de personnes qu’on ne connaît pas. La plupart des plateformes vidéo vous permettent de refuser les appels d’inconnus », conseille René Morin.

Ainsi, les paramètres du logiciel Skype permettent aux utilisateurs de choisir de ne pas apparaître dans les résultats de recherche des personnes avec lesquelles ils n’ont pas encore clavardé. Les réglages de confidentialité vous permettent aussi de choisir de ne recevoir que les appels provenant de vos contacts.

« Il est aussi possible de faire en sorte que la caméra soit éteinte par défaut quand vous répondez à un appel », ajoute le porte-parole du CCPE.

Les adolescents ne communiquent pas toujours leurs craintes ou leurs problèmes à leurs parents. Il peut donc être utile de les laisser explorer les ressources tefaispassextorquer.ca et aidezmoisvp.ca par eux-mêmes, à titre préventif, indique René Morin. Ces deux ressources leur donneront des trucs utiles pour répondre aux prédateurs et les guideront dans leurs démarches pour dénoncer leur sextorqueur, si jamais ils en ont besoin.

Pris au piège : comment obtenir de l’aide

Dans sa définition de la pornographie juvénile, le Code criminel canadien inclut « toute représentation photographique (...) où figure une personne âgée de moins de dix-huit ans ou présentée comme telle et se livrant ou présentée comme se livrant à une activité sexuelle explicite ». Selon René Morin, les vidéos hypertruquées sont donc soumises aux mêmes dispositions et sanctions que tout autre type de pornographie juvénile.

Dès que vous vous rendez compte que votre enfant s’est fait piéger, cessez toute communication et dénoncez immédiatement la situation à cyberaide.ca et à votre service de police local. Fermez toutes les sessions de votre enfant (incluant celles ouvertes sur d’autres appareils) et, si possible, désactivez temporairement son compte. Ne supprimez rien : les enquêteurs auront besoin de l’historique de conversation.

« Il faut savoir que les sextorqueurs qui font ça, c’est leur dada. Ils s’en prennent probablement à plusieurs enfants, ont fait d’autres victimes. Il ne faut donc pas tarder à faire un signalement pour qu’on puisse les retrouver », recommande René Morin.

Les réseaux sociaux les plus populaires ont des mécanismes en place pour dénoncer et faire retirer les images à caractère pornographiques. Le CCPE a d’ailleurs développé Arachnid, une technologie qui permet de limiter la disponibilité de ce genre de contenu sur le Web.

Sur aidezmoisvp.ca, les jeunes trouveront des exemples de messages à envoyer aux plateformes comme Facebook, Snapchat et Instagram pour faire retirer les photos ou vidéos à caractère pornographique, qu’ils soient hypertruqués ou non.

>> À lire aussi : Cyberintimidation : comment aider votre enfant à y faire face

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