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Les Québécois tardent à adopter des comportements de consommation responsable

Par Catherine Crépeau Mise en ligne : 26 novembre 2019 Shutterstock.com

achat-responsable Shutterstock.com

Les Québécois recyclent, compostent et sont de plus en plus nombreux à utiliser bouteilles et sacs réutilisables. Malgré tout, leurs habitudes en matière de consommation responsable ont peu évolué au cours des dix dernières années.

Le Baromètre de la consommation responsable publié cette semaine revient sur une décennie de comportements et de tendances en matière de consommation responsable. L’enquête, réalisée par l’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’École des sciences de la gestion (ÉSG) de l’UQAM, montre que les habitudes des Québécois concernant les aspects éthiques et environnementaux de la consommation ont peu changé.

Seules exceptions: une augmentation du compostage et une baisse de la consommation citoyenne. Aujourd’hui, 38 % des Québécois compostent fréquemment, comparativement à 28 % en 2010. Une augmentation en partie attribuable à l’augmentation des collectes dans les municipalités. Par contre, la pratique fréquente de la consommation citoyenne, soit l’achat de biens et de services auprès d’entreprises qui soutiennent des causes ou la communauté, est passée de 26 % à 38 %.

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Préférence pour les gestes concrets

«On note un engouement pour l’environnement, et les Québécois semblent préférer des gestes qui ont un effet sur eux et sur leur environnement plutôt que sur la communauté. Des gestes qui leur semblent plus concrets», explique Caroline Boivin, cofondatrice de l’Observatoire et professeure titulaire de marketing à l’Université de Sherbrooke.

Les Québécois sont plus nombreux à utiliser les transports en commun, mais seulement 34 % le font fréquemment. Une hausse de seulement 6 % en dix ans. D’autres pratiques, comme la consommation locale ou la déconsommation, ont peu évolué; par contre, certaines émergent, comme la consommation collaborative – la mutualisation, qui consiste à utiliser des plateformes Web et des applications mobiles pour offrir ou échanger des services entre particuliers (3 % ont une pratique fréquente).

En fait, en dix ans, un seul comportement s’est implanté solidement dans les habitudes des Québécois: le recyclage. Aujourd’hui, 89 % disent recycler fréquemment et 10 % le font occasionnellement. Mais c’était déjà le comportement qui comptait le plus d’adeptes fréquents en 2010.

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Non au plastique à usage unique

Les Québécois sont nombreux à dire non au plastique à usage unique et à s’intéresser au zéro déchet. Au quotidien, ils utilisent des sacs réutilisables à l’épicerie (68 % le font fréquemment) ou des gourdes (63 %), refusent un sac dans les magasins (59 %), ne remplacent pas les objets qui fonctionnent encore (62,1%), réutilisent les emballages cadeaux (46 %) ou achètent des produits en vrac (29,5 %). Ils restent toutefois attachés à leur automobile. Seulement 33 % des répondants limitent l’utilisation de leur véhicule, comparativement à 18 % en 2010.

Près de six personnes sur dix (58,8%) déclarent acheter fréquemment des aliments locaux frais et une personne sur deux a réduit sa consommation de viande rouge au cours de la dernière année. Cette diminution s’est faite principalement en remplaçant la viande par d’autres ingrédients dans des recettes (44 %) ou en mangeant des portions réduites de viande rouge (38 %).

Les répondants ont diminué la viande rouge pour les effets positifs sur la santé (51%) et, dans une moindre mesure, sur l’environnement (20 %.)

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Encore du chemin à faire

Malgré ces efforts, 72 % des Québécois ont le sentiment de consommer de manière responsable, mais seulement 8,7 % sont tout à fait d’accord avec l’affirmation. Les consommateurs se disant «tout à fait» responsables sont en majorité âgés de 65 ans et plus et gagnent moins de 40 000 $. Au contraire, les plus jeunes (18-44 ans) et ceux qui ont un revenu supérieur à 120 000 $ se considèrent peu responsables.

Conscients qu’il leur reste du chemin à parcourir pour devenir des consommateurs responsables, 43,7 % des Québécois cherchent à réduire leur impact environnemental; seulement 15,6 % des citoyens considèrent qu’ils en font déjà assez, alors que 12,5 % ne voient pas ce qu’ils pourraient faire de plus.

Une responsabilité partagée

Si les Québécois sont conscients de leur rôle comme citoyens, ils estiment que le changement de comportement doit aussi venir des entreprises et des marques, des détaillants, des gouvernements (provinciaux et fédéral) via des lois et réglementations, des autorités municipales et des groupes environnementalistes.

Le questionnaire élaboré par les chercheurs de l’Observatoire de la consommation responsable a été soumis à 1002 Québécois âgés de 18 ans et plus, entre le 23 septembre et le 8 octobre 2019. La marge d’erreur est de plus ou moins 3 %, dans un intervalle de confiance de 95 % (19 fois sur 20). 

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