Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Dropshipping: méfiez-vous des soldes de fermeture trompeurs sur Facebook

Par Alain McKenna
achat-en-ligne-2

La popularité de l’achat en ligne, les outils de vente de Shopify et le ciblage publicitaire sur des plateformes comme Facebook, Instagram et TikTok ont donné naissance à un phénomène qui pourrait réserver de mauvaises surprises aux consommateurs imprudents: le dropshipping, qui se traduit officiellement par «livraison rapide». Malheureusement, il n’est pas toujours rapide… ni légitime.

Pour l’internaute, ce phénomène prend la forme d’une publicité ciblée qui s’affiche dans le fil d’actualité de ses réseaux sociaux. Si vous avez acheté des vêtements en ligne, on vous présentera des vestes, des pantalons ou des chaussures dernier cri à prix imbattable. Vous avez magasiné un casque d’écoute? Depuis, vous êtes bombardé de pubs pour d’élégants écouteurs Bluetooth d’une qualité, dit-on, qui surpasse de loin leur prix de vente.

Après avoir été pincé deux fois dans une campagne de livraison directe mensongère, l’auteur de ces lignes a appris à se méfier…

Gare aux pubs mensongères

Car, oui, cette pratique est souvent trompeuse, sinon carrément frauduleuse. Par exemple, la publicité indique qu’il s’agit d’une vente de fermeture. Cela ne l’empêchera pas de réapparaître pendant plusieurs mois sur votre fil Facebook (signe que la fermeture n’était donc pas si imminente…). Ou alors, les mêmes articles seront à nouveau offerts en liquidation par un détaillant qui porte un autre nom (et qui dit, lui aussi, devoir fermer ses portes d’un jour à l’autre).

Ces articles n’auront peut-être pas non plus les caractéristiques promises. Bonne chance pour contacter ce vendeur ensuite: aucune adresse postale, pas de réponse aux courriels, rien. L’objectif n’est que d’amasser beaucoup d’argent rapidement auprès d’internautes insouciants, puis de disparaître.

Quels sont les recours?

Comment pouvez-vous faire pour échanger ou retourner la superbe veste à capuchon ultra résistante de taille extralarge (XL) qui est, en fin de compte, extrapetite (XS) et déchirée? Comment retracer un colis perdu dans les méandres de la livraison internationale et qui n’est toujours pas arrivé, six mois après l’achat?

Peut-être que vendre en ligne est rendu trop facile. En quelques minutes, n’importe qui peut créer un profil de commerçant sur Amazon ou un site web avec les outils de vente d’un fournisseur comme Shopify. Il n’y a que très peu de surveillance et les frais sont minimaux: pas plus de 30 dollars en tout, indique Shopify.

L’acheteur, lui, n’a aucun recours. En plus, le commerçant écoule un lot de produits qu’il ne possède même pas: il achète sa marchandise auprès de fabricants situés en Asie, via des sites de vente en gros, comme le chinois AliExpress, et ne fait que servir d’intermédiaire entre ce site et les acheteurs. Son adresse d’affaires est une case postale temporaire.

De la fraude, aussi

Cette pratique n’est pas si marginale. Des milliers de commerçants louches le font. La firme new-yorkaise Fakespot conçoit un plugiciel pour le navigateur Chrome qui détecte et qui alerte ses utilisateurs s’ils visitent un commerçant en ligne aux pratiques jugées douteuses dans le passé.

Fakespot a récemment analysé les activités de 124 000 commerçants utilisant les outils de vente de Shopify:  72 % d’entre eux pratiquent le «dropshipping», ce qui n’est pas illégal, loin de là (Shopify consacre une formation complète sur les bonnes pratiques en la matière…), mais qui sert de couverture aux gens mal intentionnés. Évidemment, Shopify condamne ces activités de livraison directe frauduleuses.

Mais voilà: 25 000 commerces, soit le cinquième de ces sites, sont frauduleux, estime Fakespot. En plus d’être impossibles à rejoindre, ils font dans la contrefaçon, ils achètent de faux commentaires positifs sur les sites d’Amazon et d’eBay, ou ils vendent des produits défectueux ou de qualité inférieure à ce qui est promis.

Pour les acheteurs, la livraison directe est donc un jeu de hasard. C’est probablement ce qui rend ce phénomène aussi irritant: faite en toute honnêteté, la livraison directe est l’un des grands atouts du commerce électronique. Son potentiel pour l’achat local auprès de petits commerces indépendants est grand.

Mais rien n’empêche les gens mal intentionnés d’en abuser.

Bref, méfiez-vous. Car, après les fausses nouvelles, voici les faux vendeurs…

>> À lire aussi : Les 10 arnaques les plus utilisées pour escroquer les Canadiens et Les fraudeurs profitent de la pandémie.

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

  • Par PASCAL CHAGNON
    04 Mars 2021

    J'ai eu affaire a ce genre de sites frauduleux, Facebook que j'ai avertie à plusieurs reprises preuves à appui, ne veut rien faire et tant qu'ils sont payés se foutent complètement de la sécurité des usagers...
    Alors que le stratageme est astucieux et surement tres payant....pour les arnaqueurs, la seule protection que les gens peuvent prendre est de faire qq recherches avant d'acheter et surtout de ne pas payer autrement que par paypal....
    cela permet du moins le remboursement!

  • Par Mireille Dion
    02 Mars 2021

    Bonjour, article bien intéressant. Faisant partie de ceux qui ont fait une des nombreuses formations sur le dropshipping (que je traduirais comme simplement livraison à partir d’un intermédiaire autre que le vendeur), il y a effectivement beaucoup d’ouvertures et de failles exploitables pour berner les acheteurs, mais j’ai aussi vu bien des nouveaux vendeurs gérer des clients qui mentaient pour se faire rembourser ou ne les contactaient jamais avant de faire annuler leur achat par leur carte de crédit. De plus, Covid a complètement changé le modèle en brisant la chaine autrefois facile à utiliser pour faire la commande à un prix qui permettait une certaine rentabilité vs les frais d’opération et de shipping. Les inventaires locaux ont encore peine à se renflouer... Quant à l’envoi rapide, c’est le seul moyen de faire compétition à Amazon, mais sans inventaire local, c’est beaucoup plus rare.

    En bref, voici ce que conseille pour ceux qui veulent juste pouvoir magasiner en réduisant les risques d’arnaques:
    -Amazin, Ebay, Paypal et Aliexpress ont tous des programmes de remboursement fiables. Si Paypal n’est pas offert sur un site autre qu’eux, n’achetez pas.
    - ne vous fiez pas aux photos et à la description quand le prix semble trop bas pour l’offre. Les descriptions sont peaufinées pour vendre et vont jusqu’à inventer pour les moins scrupuleux, et les photos ne sont pas toujours du même modèle...
    - si un article se trouve ds une chaîne bien connue avec un site web (ex. Walmart, Simons, etc.), achetez avec eux. Ma seule exception à cette règle est quand l’article n’est pas disponuble ailleurs : ex. : souliers entièrement fait de matières recyclées, gilet in coton bio et programme de dons reliés à chaque achat, etc.

    Pour terminer, voici le secret de la business des dropshippers: ils se fient sur notre urgent besoin de posséder pour nous faire payer plus cher que si on magasine un peu pour trouver un meilleur prix.

    En espérant que ceci aide!
    Bon magasinage en ligne!
    Mireille