Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Désagréables, devant et derrière l’écran

Par Marie-Ève Shaffer
desagreable-devant-derriere-ecran

Tous les jours, vous tombez sur des messages désobligeants en parcourant les fils d’actualité de vos réseaux sociaux, tels Facebook, Instagram, Twitter et YouTube. Or, ces internautes qui se montrent agressifs, acerbes, voire méchants lors d’échanges en ligne sont aussi hostiles en personne.

C’est ce qu’avancent Alexander Bor et Michael Bang Petersen, deux chercheurs de l’Université d’Aarhus, au Danemark, qui ont tenté de comprendre pourquoi certaines personnes déversent leur fiel dans les espaces numériques au cours d’échanges politiques.

« Les âpres discussions politiques sont le fait d’individus motivés par leur statut social, qui sont attirés par la politique et qui sont tout aussi hostiles en ligne que hors ligne », écrivent-ils dans le compte rendu de leurs travaux.

La politique : un sujet chaud

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs danois ont réalisé huit études au cours desquelles ils ont effectué des sondages et des analyses comportementales auprès de quelque 8 400 personnes. Ils sont partis d’une croyance populaire voulant que, derrière un ordinateur, les gens soient plus enclins à écrire des répliques incisives, notamment en raison de l’anonymat que procure l’espace virtuel et de la distance physique. « La psychologie humaine convient aux interactions face à face », avançaient-ils. Or, il n’en est rien.

Les internautes ne font pas d’accès de colère quand ils surfent sur Internet et ils ne deviennent pas des trolls lorsqu’ils prennent place devant leur ordinateur. C’est dans leur personnalité d’être aussi désagréables, indiquent les chercheurs. Quant à ceux qui sont de nature gentille, ils ont plutôt tendance à éviter ces discussions politiques, qu’elles dérapent ou non.

Il est à noter que la politique est l’un des sujets qui entraînent le plus de haine en ligne, souligne l’enquête. Pas moins de 14 % des internautes américaines se sont fait harceler en raison de leurs opinions politiques, rapportait en 2017 une étude du Pew Research Center.

Des perceptions biaisées ?

Les chercheurs se sont aussi interrogés sur la possibilité que les perceptions puissent être biaisées en ligne. Si les espaces numériques ne semblent pas être un terreau fertile pour les discussions constructives, c’est que les écrits des internautes hostiles retiennent davantage l’attention, selon eux.

« Dans les grands réseaux sociaux, les actions de ces personnes sont très visibles, surtout par rapport aux échanges en privé », indique l’étude de l’Université d’Aarhus.

Des solutions

Pour contrer la haine en ligne, les chercheurs danois soulignent la possibilité de réduire la visibilité des internautes méchants, et même d’entreprendre des démarches judiciaires contre eux. « Bien entendu, il est nécessaire de trouver un équilibre entre ces mesures et la liberté d’expression », mentionnent-ils.

Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a lancé au mois de juillet une consultation publique sur la possibilité d’encadrer les « services de communication en ligne », soit Facebook, Instagram, Twitter, YouTube, TikTok, Pornhub. Les applications de mise en forme et les sites internet qui recueillent les commentaires des voyageurs seraient exclus, tous comme les échanges privés.

D’après la proposition du ministre, les géants seraient contraints de retirer en l’espace de 24 heures les contenus illégaux, comme les discours haineux et les incitations à la violence, et d’alerter rapidement les autorités, à défaut de quoi ils s’exposeraient à des amendes sévères, qui pourraient s’élever à 10 millions de dollars ou 3 % de leur chiffre d’affaires.

Cette consultation publique se termine le 25 septembre. Il reste à voir si le Parti libéral du Canada sera reporté au pouvoir le 20 septembre prochain et, si c’est le cas, s’il disposera de la marge de manœuvre nécessaire pour faire adopter de tels changements législatifs.

>> À lire aussi : Comment filtrer le contenu indésirable sur Facebook, YouTube et Twitter et Cyberintimidation : 5 conseils pour éviter que votre ado en soit victime

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

  • Par Marie Robitaille
    07 Septembre 2021

    Bonjour, svp prendre note qu'une coquille s'est glissée dans votre texte. La phrase ''Les internautes ne font pas d'accès de colère'' devrait plutôt se lire ''Les internautes ne font pas d'excès de colère''. Merci pour cet article. Meilleures salutations.

    journalist
    Par CéLINE MONTPETIT de Protégez-Vous
    15 Septembre 2021

    Bonjour Madame Robitaille,
    Merci de votre commentaire. Selon l'Office québécois de la langue française, cette expression reflète bel et bien une manifestation soudaine de colère: http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=5292#:~:text=Les%20deux%20noms%20marquent%20l,d'emportement%20momentan%C3%A9%20et%20violent.