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Des enchères et des frais d’enquête pourraient faire monter le prix de votre prochain appartement

Par Maxime Johnson
appartement

Appartements mis aux enchères, frais exigés pour les enquêtes de crédit: certaines requêtes inhabituelles de propriétaires commencent à faire leur apparition dans les petites annonces. Et celles-ci sont tout à fait légales.

«Faites-moi une offre, le minimum est de 2000 $», demandait la semaine dernière un propriétaire pour un 4 et demi situé près du parc La Fontaine dans un groupe d’appartements à louer sur Facebook.

Si la mise aux enchères d’un appartement peut paraître étonnante, le concept est loin d’être nouveau. Des sites web spécialisés, comme Rentberry, ont même été conçus pour faciliter la procédure: ceux qui misent sur un appartement peuvent choisir de payer plus que le prix demandé, et les propriétaires peuvent ensuite sélectionner le locataire de leur choix. Un appartement lumineux avec une chambre à coucher près du métro Rosemont y est par exemple offert pour 1650 $, mais ceux qui le souhaitent sont libres d’offrir plus, et même d’ajouter un dépôt de sécurité.

Les propriétaires peuvent se permettre un tel recours parce que, même s’il y a de plus en plus d’appartements à louer dans la région de Montréal depuis le début de la pandémie, la demande demeure importante pour les logements bien situés.

À Toronto et à Vancouver, la pratique est si courante que le site Vice a rédigé en 2017 un guide pour augmenter ses chances d’obtenir l’appartement de son choix lorsqu’il y a une enchère.

Tout ceci est légal. «Lors de la conclusion d’un bail, locateurs et locataires sont libres de s’entendre sur un loyer que chacun considère comme satisfaisant», rappelle Denis Miron, du service des communications du Tribunal administratif du logement (le nouveau nom de la Régie du logement).

Au Québec, un nouveau locataire peut toutefois faire fixer le loyer par le Tribunal lorsqu’il paie un montant supérieur au loyer le moins élevé des 12 mois qui précèdent le début du bail, ce qui risque d’être le cas après une mise aux enchères. C’est peut-être ce qui explique pourquoi la pratique est plus rare ici qu’ailleurs.

Selon les administrateurs de groupes Facebook de recherche d’appartements contactés par Protégez-Vous, les enchères représentent pour le moment plus une exception qu’une tendance.

Attention à la fraude

La même annonce pour l’appartement près du parc La Fontaine contenait une autre demande inhabituelle: celle de faire payer au demandeur des frais de 50 $ pour la réalisation d’une enquête de crédit. Des frais qui seront remboursés pour les futurs locataires, mais pas pour ceux qui auront été refusés.

Ici aussi, le propriétaire est dans son droit. «La loi n’empêche pas de demander aux candidats locataires de payer les frais de l’enquête de crédit. Toutefois, cela ne devrait pas se faire de manière discriminatoire, par exemple pour exclure certaines personnes sur la base de motifs reconnus, explique Denis Miron. Rappelons que si aucun bail n’est conclu, la situation n’est pas sujette à la compétence juridictionnelle du Tribunal administratif du logement», ajoute-t-il.

Même si le propriétaire a le droit de faire une telle demande (à la condition qu’il n’exclue pas de locataires de manière discriminatoire), la requête ouvre évidemment la porte à la fraude. Un propriétaire malhonnête pourrait par exemple amasser des dizaines de demandes, et simplement empocher l’argent.

Si vous acceptez de payer pour une enquête de crédit avant de louer un appartement, assurez-vous donc d’avoir affaire à une annonce légitime. Ces 12 indices pour flairer les arnaques dans les appartements à louer pourraient vous aider à distinguer les offres honnêtes de celles d’escrocs.

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  • Par HAROLD JENKINS
    08 Janvier 2021

    Des appartements aux enchères comme si ceux-ci étaient des biens de luxe: impensable !
    Des justifications? Vraiment? De nouveaux entremetteurs ou intermédiaires et des frais en sus? Justifiés aussi?