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Davantage de logements offerts à la location

Par Marie-Eve Shaffer
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Vous cherchez un logement à louer? Sachez que plus les mois s’écoulent depuis le début de la pandémie de COVID-19, plus les offres sont nombreuses.

Depuis que la crise sanitaire a éclaté, moins de touristes débarquent au Canada, moins de personnes immigrent et moins d’étudiants doivent se présenter au cégep et à l’université pour suivre leurs cours, note la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) ajoute que moins de jeunes professionnels quittent le nid familial en raison du ralentissement économique.

Résultat: davantage de logements sont disponibles pour la location.

Pour avoir une idée des mouvements survenus dans le marché locatif de la région de Montréal depuis le mois de mars, la SCHL a consulté la base de données de Centris. Dans une analyse publiée au début du mois de novembre, elle rapporte que de 2016 à 2019, le nombre d’offres mises en ligne sur cette plateforme a été plutôt stable pendant les mois d’avril à août, oscillant entre 5034 et 5567 annonces.

Or, pendant la même période en 2020, 7077 logements ont été offerts en location, ce qui représente une augmentation de 29 % par rapport à l’année précédente.

La CORPIQ abonde dans le même sens. En s’appuyant sur les résultats de sondages réalisés auprès de ses membres qui possèdent des immeubles à Montréal, elle estime que le taux d’inoccupation dans la métropole est passé de 1 % en mai à 2,2 % en juillet.

«Il y a deux fois plus de logements vacants par rapport aux premiers mois de la pandémie, dit Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la CORPIQ. Ce qui se louait très facilement au début de l’année est devenu très difficile à louer.»

M. Brouillette souligne toutefois que la situation n’est pas aussi dramatique que dans les années 1990, où le taux d’inoccupation a atteint 8 %.

Des quartiers plus délaissés que d’autres

Selon la SCHL, la hausse des logements vacants a été plus significative dans les arrondissements du centre de l’île de Montréal: Ville-Marie, le Sud-Ouest, le Plateau-Mont-Royal et Rosemont-La Petite-Patrie.

Ces quartiers montréalais accueillent de nombreux étudiants et ils sont caractérisés par une importante concentration de logements à louer pendant une courte période. La SCHL soupçonne que des propriétaires immobiliers ont délaissé la location à court terme pour celle à long terme pendant la pandémie.

La CORPIQ confirme ce changement de cap opéré par des locateurs. «Leurs logements viennent concurrencer ceux qui sont bien situés, de moyen et haut de gamme, mentionne Hans Brouillette. Et ils demandent le même prix, pour un logement meublé.»

La tendance observée dans le Grand Montréal est similaire à ce qui se passe dans les autres régions du Québec, d’après la CORPIQ. Elle rapporte qu’au mois de juillet, le taux d’inoccupation s’élevait à 2,2 % dans Chaudière-Appalaches, 2,5 % dans la Capitale-Nationale et à 3,4 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Des fluctuations de prix?

Même si davantage de logements sont disponibles pour la location, les prix ne sont pas nécessairement moins élevés.

«La marge de manœuvre des propriétaires pour baisser le prix des loyers est nulle», avance M. Brouillette, en évoquant la hausse des prix des immeubles ainsi que l’augmentation des taxes municipales, des coûts d’entretien et des primes d’assurance.

Des propriétaires tentent malgré tout d’attirer des locataires en leur proposant le loyer gratuit pendant un ou deux mois, mais ils représentent des cas isolés, d’après la CORPIQ. Elle rappelle qu’un locateur peut majorer le coût d’un logement situé dans un bâtiment construit ou transformé il y a moins de cinq ans sans que les occupants puissent s’y opposer.

Difficile de trouver un logement pas cher

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) souligne pour sa part que, même si l’offre de logements locatifs est plus importante, les loyers ne sont pas accessibles pour des familles moins bien nanties.

«Il y a une crise permanente des logements à prix abordables [au Québec], dit le porte-parole du RCLALQ, Maxime Roy-Allard. Les ménages qui ont des revenus modestes ont toujours de la difficulté à dénicher un logement. Ils se tournent alors vers des logements insalubres ou trop petits, ce qui entraîne d’autres problématiques.»

La CORPIQ convient que les plus démunis peinent à trouver un chez-soi décent, avec un coût de loyer qui correspond à leurs moyens. Pour qu’ils puissent joindre les deux bouts, les propriétaires immobiliers plaident en faveur d’une plus grande aide de l’État.

«Il faut qu’une partie des taxes générées par la rénovation et la construction soit retournée aux locataires», mentionne Hans Brouillette. Il insiste également sur la nécessité d’encourager les projets entourant les logements locatifs, que ce soit pour en ériger de nouveaux ou pour rafraîchir les anciens, afin de maintenir le parc immobilier.

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