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Isolants verts pour la maison: cellulose, chanvre, coton ou paille ?

Par Jean-François Venne
Isolants verts pour la maison: cellulose, chanvre, coton ou paille ?

Les isolants «verts» sont intéressants, à condition de savoir où et comment les installer. Protégez-Vous a réuni des informations sur quatre produits, choisis pour leurs qualités et leur disponibilité sur le marché québécois.

Les isolants dits « naturels » peuvent constituer une solution de rechange aux produits conventionnels. Ils sont d’origine végétale (soja, lin, dérivés du bois, chanvre, coton, paille) ou animale (laine de mouton, plumes de canards), ne dégagent pas d’émanations toxiques, en plus d’être recyclables ou biodégradables, contrairement par exemple aux isolants traditionnels à base de polyisocyanurate ou de polystyrène.

Aucun de ces produits n’est toutefois entièrement naturel, puisqu’ils sont manufacturés et souvent traités contre les champignons, les insectes ou les incendies. Ils contiennent parfois des sels de bore ou un liant comme le polyester. « Ces traitements peuvent diminuer leur avantage environnemental », note Yvan Dutil, de la Chaire de recherche industrielle en technologies de l’énergie et en efficacité énergétique, de l’École de technologie supérieure du Québec.

Certains isolants écologiques sont cependant plus naturels que d’autres. Pour les identifier, il faut « examiner leur cycle de vie entier », explique Léa Méthé Myrand, chargée de projets chez Écobâtiment, un organisme de services-conseils en bâtiments durables. Avant de faire votre choix, dit-elle, il faut considérer le pourcentage de contenu recyclé du produit, sa durabilité, ses effets sur la qualité de l’air, sa résistance thermique, l’énergie nécessaire à sa transformation et à son transport, ainsi que la proximité par rapport à son lieu d’achat.

Pour vous aider à vous familiariser avec les isolants écologiques, Protégez-Vous a réuni des informations sur quatre produits, choisis pour leurs qualités et leur disponibilité sur le marché québécois. Voyez les conseils de nos experts, Yvan Dutil, Léa Méthé Myrand, Yves Perrier, expert conseil en construction résidentielle, Wendy Pollard, conseillère principale à la Société canadienne d’hypothèques et de logement, Morris Charney, inspecteur en bâtiments indépendant, Mathieu Caron, propriétaire de Rénovation écologique MC2, et Robin Gauthier-Ouellet, président d’Écohabitations boréales.

« Les isolants écologiques sont parfois chers », admet Robin Gauthier-Ouellet, président d’Écohabitations boréales, un constructeur de maisons écoénergétiques. Cela n’empêche pas ces produits d’être de plus en plus populaires auprès des consommateurs, ce qui incite les fabricants à « verdir » leurs isolants conventionnels en y incorporant plus de matière recyclée. Par exemple, on trouve maintenant sur le marché un isolant minéral en fibre de verre qui peut contenir jusqu’à 70 % de verre recyclé. En plus d’être fabriqué au Québec, il se vend à un prix très intéressant : environ 30 ¢ le pied carré.

Par ailleurs, certains fabricants s’efforcent de réduire la quantité de composants toxiques de leur produit. Il existe des isolants en fibre de verre qui ne dégagent aucun composé organique volatil (COV), une substance cancérogène. De plus, « le mélange de certains types d’uréthane est fait à base de soja », explique Mathieu Caron, propriétaire de Rénovation écologique MC2.

Sans compter qu’il en existe aussi à base de plastique et d’huiles recyclés. « Ce sont des produits chimiques, dit Robin Gauthier-Ouellet, mais lorsque l’isolant durcit, il n’émet aucune particule toxique dans l’air. »

Le facteur R: c'est la résistance thermique des isolants s’exprime par le facteur R, qui évalue la résistance par pouce, ou son équivalent métrique, le RSI. L’échelle du facteur R va de 0 à 40, parfois plus. Un panneau d’isolant de 10 pouces, doté d’un facteur R de 3 par pouce, aura une résistance thermique totale de 30. Plus le facteur est élevé, plus l’isolant bloque le froid et la chaleur.

L’énergie grise: c’est l’énergie nécessaire pour la fabrication d’un produit et pour son recyclage ou son élimination. Pour calculer la valeur (en kilowattheures par mètre cube), on tient compte de l’énergie utilisée pour l’extraction, le transport et la transformation des matières premières ainsi que de l’énergie utilisée pour la conception, la commercialisation, la mise en œuvre, le transport, l’entretien et le recyclage du produit. 

Bon à savoir: 17 % des pertes de chaleur d’une habitation filent par les murs hors terre, 15 % par les murs du sous-sol et les planchers de fondation et 11 % par le toit. (Source: Bureau de l’efficacité et de l’innovation énergétiques du Québec)

La cellulose

Cet isolant provient du recyclage de papier. Il est traité pour résister aux moisissures, à la corrosion et au feu. La cellulose se vend en vrac, mais certains fabricants pourraient bientôt l’offrir sous forme de matelas (panneaux). La cellulose possède une plus grande résistance aux mouvements d’air que les autres isolants du même type, comme ceux en fibre de verre ou en fibre minérale. Elle ne nécessite pas de joints, ce qui facilite sa pose et diminue les risques d’infiltration d’air ou d’humidité.

Son facteur R : 3 à 3,7 par pouce.

Son utilisation : Indiquée pour isoler les murs intérieurs et extérieurs, le toit et les planchers. Non recommandée au sous-sol, où les risques d’infiltration d’eau sont plus élevés.

Son installation : La cellulose en vrac doit être installée par un professionnel, car elle doit être pulvérisée avec énormément de pression avec des appareils spécialisés. Cet isolant peut être appliqué à sec et soufflé dans un mur, ou être mélangé à de l’eau et à un liant pour bien adhérer aux surfaces sur lesquelles il est giclé. Cette dernière méthode, qui nécessite un temps de séchage de quatre à cinq jours, est peu utilisée dans la construction résidentielle. Une fois posé, ce produit est vulnérable à l’eau ; une membrane pare-vapeur doit donc être installée par-dessus l’isolant pour le protéger de l’humidité.

Son impact environnemental : Sa fabrication nécessite peu d’énergie grise (entre 50 et 160 kWh/m3). Cet isolant est recyclable et se trouve facilement au Québec. Bien que ce produit soit traité aux sels de bore pour le rendre ignifuge et résistant aux insectes et aux champignons, une fois installé, il a peu d’impact sur la qualité de l’air du bâtiment.

Sa disponibilité : Benolec, Igloo Cellulose et Quecell Canada en sont les principaux fabricants. En plus de la vente, ils offrent un service d’installation.

Son coût : La cellulose en vrac revient à environ 85 ¢ le pied carré (pour l’entre-toit) et 1,25 $ (pour les murs), installation comprise. La cellulose giclée, plus rare toutefois en construction résidentielle, coûte environ 1,35 $ le pied carré.

Le chanvre

Le chanvre est une plante qui croît très rapidement. La partie centrale de sa tige, la chènevotte, est utilisée en vrac, dans des mortiers et bétons de chanvre, alors que sa fi bre sert dans la fabrication de panneaux. L’isolant en chanvre régule l’humidité naturellement. Il peut se gorger d’un tiers de son poids en humidité sans perdre ses capacités isolantes. Il ne se tape pas, et est naturellement fongicide et antibactérien. En cas d’infiltration d’eau, le chanvre en vrac risque cependant de pourrir.

Son facteur R : 3,7 par pouce.

Son utilisation : Indiqué pour isoler les murs intérieurs et extérieurs, le toit et les planchers. Non recommandé au sous-sol, où les risques d’infiltration d’eau sont plus élevés.

Son installation : Au Québec, le chanvre est surtout utilisé sous forme de mortier ou de béton. La charpente du bâtiment doit alors être conçue pour recevoir cet isolant, et l’installation doit être faite par un spécialiste. Les murs doivent aussi être enduits d’un mélange chaux-chanvre pour éviter que le béton, poreux, laisse passer l’air. La pose de chanvre en panneaux est plus simple et vous pouvez l’effectuer vous-même.

Son impact environnemental : Le chanvre nécessite très peu d’énergie grise (environ 40 kWh/m3). Sa culture ne requiert pas d’engrais ou de pesticides. Comme il résiste naturellement aux insectes et aux champignons, il n’a pas besoin d’être traité. Ce type d’isolant ne dégage aucune émanation toxique. Toutefois, comme il est peu cultivé au Québec, les distributeurs l’importent d’Europe, ce qui augmente l’empreinte écologique (impact sur la nature) du produit.

Sa disponibilité : MEM Végétal et ArtCan en sont les principaux distributeurs au Québec. Ils offrent différentes options : construction clé en main, ou vente et appui technique pour les autoconstructeurs et les entrepreneurs.

Son coût : Sous forme de mortier ou de béton, le chanvre revient à environ 7 $ le pied cube. La mise en oeuvre avec assistance technique coûte entre 12 et 16 $ le pied cube, et un projet clé en main, entre 20 et 30 $. Le prix peut paraître élevé, mais le produit remplace plusieurs autres matériaux, comme les plaques de plâtre et même la peinture. L’isolant de toiture coûte environ 4 $ le pied cube. En panneau, il se vend autour de 1,50 à 2 $ le pied carré.

Le coton

Il provient souvent de jeans recyclés auxquels on a ajouté des fibres de polyester. Il est disponible en nattes, en matelas (panneaux) ou en rouleaux. En plus de ses propriétés isolantes, le coton offre une bonne capacité d’insonorisation. Il contient parfois des sels de brome (contre le feu), qui sont toxiques. Mieux vaut privilégier le coton traité avec du sel de bore. Ce type d’isolant est toutefois vulnérable à l’humidité.

Son facteur R : 3 à 3,7 par pouce.

Son utilisation : Indiqué pour isoler les murs intérieurs et extérieurs, sauf ceux du sous-sol, où les risques d’infiltration d’eau sont plus élevés.

Son installation : Vous pouvez l’installer vous-mêmes ou faire appel à un entrepreneur. La technique de pose est la même que pour un isolant conventionnel, en laine minérale par exemple. Il suffit de couper le matelas de coton à l’aide d’une scie ronde, selon la grandeur désirée, et de l’insérer dans la structure en bois du bâtiment. Il faut ensuite installer une membrane pare-vapeur à l’intérieur de l’enveloppe du mur, pour protéger le coton de l’humidité. Si l’isolant contient du sel de brome, vous devrez aussi porter des gants et un masque lors de la pose.

Son impact environnemental : La fabrication d’isolants en coton nécessite peu d’énergie (cela varie selon les procédés). Ce produit n’a par ailleurs aucun effet sur la qualité de l’air. Toutefois, du coton non biologique peut contenir des insecticides.

Sa disponibilité : Les principaux fabricants sont Jasztex Fibers (au Québec), Twin Maple Marketing (en Colombie-Britannique) et Bonded Logic (aux États-Unis).

Son coût : Le matelas de coton est l’un des isolants écologiques les moins chers. Il se vend entre 0,85 ¢ et 1,25 $ le pied carré (sans installation). En rouleau, il coûte environ 10 à 12 $ pour couvrir cinq pieds carrés, soit de 2 à 2,40 $ le pied carré.

La paille

Cet isolant est disponible en murs préfabriqués ou en ballots. La paille est très compacte, ce qui la rend ignifuge. Non toxique, elle est aussi anti-allergène. La structure de votre maison doit être conçue spécialement pour recevoir cet isolant. Comme la paille a une faible résistance thermique, les murs du bâtiment doivent avoir au moins 18 po d’épaisseur, donc être presque deux fois plus épais que des murs traditionnels. Ils doivent ensuite être recouverts de crépi d’argile poreux, qui absorbe une partie de l’humidité d’une pièce, puis la restitue lorsque le taux d’humidité baisse.

Son facteur R : Environ 2 par pouce.

Son utilisation : Indiquée pour isoler les murs extérieurs seulement.

Son installation : Elle est laborieuse et doit idéalement être effectuée par un entrepreneur qui connaît la technique. Comme la paille pourrit au contact de l’eau, l’isolant doit être enduit d’un crépi, qui joue alors le rôle de la membrane pare-vapeur. Pour protéger l’isolant, il est également recommandé d’installer un écran pare-pluie pour diminuer les risques d’infiltration d’eau.

Son impact environnemental : La paille a un très bon bilan environnemental, puisqu’il s’agit d’un matériau de récupération provenant de l’agriculture et qu’il est facilement disponible au Québec. La paille produit peu de déchets et ne représente aucun danger pour la qualité de l’air intérieur du
bâtiment.

Sa disponibilité : Les principaux fabricants sont EkoHabitat et Belvedair, qui proposent des murs préfabriqués et peuvent offrir un appui pour la conception et la construction. Vous pouvez aussi acheter vos ballots directement d’un agriculteur.

Son coût : La paille coûte entre 2 et 5 $ le ballot. Vous devrez débourser environ 90 $ le pied carré (installation incluse), sans compter la structure de la maison qui vous coûtera aussi plus cher.

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