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Comment choisir la bonne école secondaire ?

Par Florence Dujoux
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Programme régulier; études au public avec concentration; école privée… Trouvez la bonne école secondaire pour votre enfant.

Les écoles à proximité et l’admissibilité
La longueur des trajets et le transport
L’école publique ou privée?
Le programme régulier à l’école publique
Les programmes pédagogiques particuliers
L’école privée
Les amis, la visite des écoles et les inscriptions

Chacun des trois adolescents de Véronique, résidente de Châteauguay, en Montérégie, fréquente une école secondaire différente. Après plusieurs visites d’écoles secondaires et quelques tests de sélection, son plus vieux a choisi le profil VIES (Volet Implication-Études-Sports) à l’école publique Jacques-Leber, à Saint-Constant. Ce programme, qui prône un équilibre entre l’activité physique, les études et l’implication dans son milieu, lui correspondait parfaitement; il a obtenu d’excellents résultats pendant les trois années qu’il y a passées. L’une de ses filles, qui pratique son sport en dehors du cadre scolaire, s’apprête de son côté à commencer le programme normal – communément appelé « régulier » – à son école de quartier. « C’est une belle école, pas très grande, conviviale; les élèves font plein de sorties et de voyages », témoigne la mère. Son autre fille, quant à elle, a été acceptée à l’école publique des Timoniers, à Sainte-Catherine, dans le profil Élèves sans frontières, qui encourage les jeunes à réfléchir sur le monde qui les entoure.

Les parents dont les enfants sont en cinquième ou en sixième année du primaire sont tous amenés à réfléchir au choix d’une école secondaire pour leur progéniture. Et comme le montre bien l’exemple de Véronique, la décision ne se résume plus, pour la plupart des gens, au simple dilemme entre public et privé. Vous le verrez dans cet article : il faut aussi considérer des critères tels que la proximité géographique, le transport, le rythme de vie, les programmes proposés, les frais à débourser et les amis.

Les écoles à proximité et l’admissibilité

Première étape dans le choix d’une école secondaire : renseignez-vous sur l’offre dans les environs. Pour ce faire, vous pouvez consulter la carte interactive du ministère de l’Éducation et du ministère de l’Enseignement supérieur, visiter le site de votre centre de services scolaire (CSS) ou échanger avec des parents de votre quartier. Vous pourriez être surpris par les programmes offerts! Par exemple, à partir de la rentrée 2021, le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) proposera une concentration planche à roulettes à l’école secondaire Édouard-Montpetit.

Sachez que l’éventail de vos options sera étroitement lié à votre lieu de résidence. Pierre Canisius Kamanzi, professeur à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal (UdeM), précise que, en région, l’uniformité de l’offre scolaire, liée à l’homogénéité sociale, est plus marquée. « La compétition scolaire est plus accentuée dans les milieux urbains, là où on trouve des inégalités socio-économiques importantes entre les familles et de la diversité sur le plan ethnique, souligne-t-il. C’est là que se met en place la stratification scolaire entre public régulier, public enrichi et écoles privées. »

Est-il possible d’y inscrire votre enfant?

Pour ce qui est de l’école de quartier, les enfants habitant sur le territoire de celle-ci ont la priorité sur les autres à l’admission. Cependant, en cas de surpopulation, les nouveaux élèves peuvent être sélectionnés en fonction de la proximité de leur résidence. Ceux qui ne pourront être admis seront déplacés vers une école voisine, selon la capacité d’accueil de l'établissement.

Pouvez-vous inscrire votre enfant au programme régulier d’une autre école que celle de votre secteur? En prenant l’exemple du CSSDM, la politique d’admission des élèves stipule que le parent doit inscrire son enfant à l’école de quartier. Cela dit, en vertu de l’article 4 de la Loi sur l’instruction publique (modifiée en 2020), « l’élève ou, s’il est mineur, ses parents ont le droit de choisir chaque année, parmi les écoles qui [offrent] les services auxquels il a droit, celle qui répond le mieux à leur préférence ». Ainsi, pendant la période d’inscription officielle, vous pouvez faire une ou plusieurs demandes en libre choix dans d’autres écoles secondaires du même CSS.

Il y a également moyen d'inscrire votre enfant dans une école située sur le territoire d’un autre CSS que le vôtre, sans entente préalable avec ce dernier. Votre jeune aura alors un statut extraterritorial et ne pourra être accueilli dans l’établissement choisi que s’il reste une place après l’admission des élèves du territoire et le traitement des demandes en libre choix.

La longueur des trajets et le transport

La question de la proximité géographique est particulièrement importante en dehors des grands centres urbains. « En région, l’éloignement fait en sorte que certains programmes sont moins accessibles », fait remarquer Annie Gourde, conseillère d’orientation, qui habite à Lévis.

Faire un long trajet matin et soir, cela en vaut-il la peine? Tout dépend de l’attrait du programme sélectionné et de la personnalité de l’enfant. « Pour aller à l’école, mon fils mettait une heure en autobus le matin et autant le soir, raconte Véronique, qui vit en banlieue de Montréal. Pendant le trajet, il dormait, étudiait ou écoutait de la musique; ce n’était pas vraiment une contrainte pour lui. »

Parfois, l’incertitude liée au temps de transport et ses répercussions potentielles sur la qualité de vie suffisent à faire pencher la balance en faveur d'un établissement en particulier. Faute de pouvoir estimer le temps de trajet en bus de son fils avant la rentrée, et compte tenu de l’horaire matinal des cours, Clémence, résidente de Longueuil, a finalement opté pour l’école de quartier, située à 15 minutes à pied du domicile familial.

Le transport scolaire est-il inclus?

Difficile de s’y retrouver en ce qui concerne le transport scolaire pour les écoles publiques! Encadré par un ensemble de dispositions législatives provinciales, il est organisé par chaque CSS. Le service – gratuit – est offert à l’entrée et à la sortie quotidienne des classes aux élèves qui y sont admissibles.

Quatre grands scénarios peuvent se présenter :

- Votre enfant est admissible au transport scolaire gratuit puisqu’il fréquente 1) l’école de quartier et qu'il vit au-delà de la distance de marche définie par votre CSS; 2) une école d’adoption désignée par le CSS (s’il a été déplacé en raison d’une surpopulation); ou 3) un service particulier en adaptation scolaire. Comme le prévoit l’article 299 de la Loi sur l’instruction publique, le CSS qui serait dans l’impossibilité d’organiser le transport scolaire pour un élève y ayant droit peut verser une allocation aux parents.

- Votre enfant est inscrit à l’école de quartier, mais il n’a pas droit au transport scolaire gratuit, car il demeure à distance de marche de l'établissement. À titre indicatif, le Centre de services scolaire Marie-Victorin (CSMV), situé sur la Rive-Sud, fixe cette distance à 2 km et le CSS des Phares, à 1,6 km. « Pour les trajets de la maison à la polyvalente, mon fils aurait 20 minutes de marche à faire et un gros boulevard à traverser, détaille Sonia, résidente de Mont-Joli, une ville qui se trouve sur le territoire du CSS des Phares. Je dois payer pour qu’il prenne l’autobus, car il n’y a pas droit sinon. »

- Votre enfant n’est pas, en général, admissible au transport scolaire s’il est inscrit à une autre école de son CSS que celle de son secteur. Vous pouvez cependant faire une demande pour obtenir une place. Une fois que tous les élèves ayant droit au transport scolaire ont été servis et que les trajets sont rodés, une place pourrait être attribuée à votre enfant. Une contribution financière vous sera peut-être demandée. Bon à savoir : vous serez informé après la rentrée, habituellement au début du mois d'octobre, si une place est disponible ou non. Entre-temps, votre enfant devra donc aller à l’école par ses propres moyens. « Quelle anxiété, à chaque début d’année, pour savoir s’il va y avoir un bus, où il va s’arrêter, et comment on va faire le trajet jusqu’à l’arrêt ! » indique Véronique, de Châteauguay.

- Votre enfant n’a pas droit, en général, au service de transport scolaire s’il fréquente une école d’un autre CSS que le vôtre.

Certaines écoles privées peuvent parfois bénéficier d’une entente de service avec le CSS, qui fournit alors le transport. D’autres établissements l’organisent eux-mêmes. Sinon, le transport actif (marche, vélo, etc.), le covoiturage ou le transport en commun sont à considérer.

Respecter votre rythme familial

Les familles avec plusieurs enfants inscrivent souvent la fratrie à la même école. Benoît, résident de Trois-Rivières, a veillé à envoyer son aîné dans un établissement ayant un large choix de programmes afin que l'endroit puisse aussi convenir à son autre enfant le temps venu. Opter pour une seule école secondaire facilite la vie familiale : les enfants auront les mêmes journées pédagogiques et un trajet commun, entre autres avantages.

Néanmoins, Chloé, mère de trois garçons, est convaincue qu’il faut rester à l’écoute des besoins de chaque enfant. D’ailleurs, elle regrette d’avoir inscrit son deuxième dans la même école privée que son plus vieux : le cadre était beaucoup trop rigide pour lui. « J’ai décidé de le changer en deuxième secondaire pour le mettre en Sport-études, dit-elle. Depuis, il s’est transformé! »

L’école publique ou privée?

Si certains parents ne jurent que par le public – ou, à l’inverse, que par le privé –, certains considèrent les deux options pour leur enfant. « Dans notre banlieue, nous avons un bon réseau public; pas besoin de dépenser une fortune pour mettre son enfant dans le privé, témoigne Véronique, qui habite en Montérégie. Mais je peux comprendre que, dans d’autres quartiers, le secteur public puisse être moins attrayant pour des parents qui veulent une bonne réussite et un endroit stimulant pour leur enfant. »

Qu’elles soient publiques ou privées, les écoles secondaires québécoises sont réglementées par le ministère de l’Éducation. Toutes doivent, entre autres, suivre le Programme de formation de l’école québécoise, respecter le temps d’enseignement prévu pour les différentes matières, embaucher des enseignants titulaires d'une autorisation d’enseigner au Québec et utiliser du matériel pédagogique approuvé par le gouvernement.

Malgré tout, une croyance persiste selon laquelle l’école privée offre une meilleure éducation. Cette idée est perpétuée notamment par des palmarès comme celui qu'effectue chaque année l’Institut Fraser, qui classe principalement les écoles à partir des résultats obtenus par les élèves aux épreuves ministérielles. À ce sujet, Nancy Brousseau, directrice générale de la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP), précise que « le palmarès est un aspect parmi tellement d’autres; ce n’est pas parce que l’école a un bon rang que l’élève va y être heureux ».

Et qu’en est-il de statistiques tels les taux de diplomation? D’après les données du gouvernement, lequel a analysé une cohorte entrée au secondaire en 2014 et ayant terminé ses études en 2019, les jeunes qui obtiennent leur diplôme en cinq ans, soit la durée normale d'un tel cycle d'études, sont plus nombreux dans les écoles privées (89 %) que dans les écoles publiques (68 %).

Or, si les chiffres ne mentent pas, ils ne disent certainement pas tout. Selon Pierre Canisius Kamanzi, la sélectivité des écoles privées joue un rôle central dans la performance inégale des établissements. « À première vue, il s’agit d’une sélection scolaire, puisque les élèves ne correspondant pas aux critères de l’école privée envisagée en sont exclus », indique le professeur à propos des tests d’admission. Mais, ajoute-t-il, « c’est aussi une sélection économique, puisque ce ne sont pas tous les parents qui sont en mesure d’assumer les coûts financiers – frais de scolarité et afférents – qu’exigent ces établissements. De ce point de vue, les écoles privées ont en commun d’être en général sélectives et socialement ségrégatives. »

Les écoles alternatives


Le Réseau des écoles publiques alternatives du Québec (REPAQ) compte 48 écoles et volets alternatifs, pour 7 500 élèves. Pierre Chénier, son responsable des communications, estime que la demande est 10 fois supérieure à l’offre. Il faut cependant souligner que seuls deux établissements semblables existent au secondaire : l’école de l’Agora (350 élèves), faisant partie du Centre de services scolaire Marie-Victorin, et l’école Le Vitrail (environ 100 élèves au secondaire), du Centre de services scolaire de Montréal, qui accueille à la fois des élèves du primaire et du secondaire. Leur approche non traditionnelle se caractérise entre autres par le tutorat par un enseignant désigné tout au long du secondaire et une prédilection pour la pédagogie par projets. À noter : les écoles alternatives ne sont pas autorisées à faire passer de tests de sélection. Toutefois, elles vérifient que les familles partagent leurs valeurs ainsi que la motivation des élèves en leur demandant notamment de remplir un questionnaire et de soumettre un projet.

Le programme régulier à l’école publique

Le cheminement régulier est le programme standard offert dans les écoles secondaires. Il est suivi par la majorité des élèves.

Admission et coûts

Aucun examen d’admission n’est requis pour le programme régulier. Tout résident du Québec fréquentant une école secondaire du réseau public a droit à la gratuité des services éducatifs, comme le prévoit la Loi sur l’instruction publique. Cela n’inclut pas les « documents dans lesquels l’élève écrit, dessine ou découpe », comme les cahiers d’exercices, et le matériel personnel (crayons, étuis, sac à dos, cahiers de notes, vêtements de sport, etc.).

Pourquoi le régulier?

« Ce qui est intéressant au régulier, c’est qu’il y a un certain choix d’options [informatique, musique, art dramatique, etc.] qui n’existe pas dans les programmes particuliers, dans lesquels on retire des cours pour ajouter la concentration », explique Julie Cliche, directrice de l’école secondaire de l’Agora, à Longueuil.

Aux yeux de Patrick Monette, psychologue scolaire à l’école secondaire Jeanne-Mance, à Drummondville (CSS des Chênes), « le programme régulier, c’est l’école de la vie ». Il participe au développement de relations interpersonnelles particulièrement riches pour les élèves, selon lui. « Une grande diversité d’élèves offre une vaste gamme d’expériences, ce qui est complémentaire aux apprentissages scolaires et va donner la capacité de mieux s’adapter à la vie en société », avance-t-il.

Enfin, le cheminement régulier permet aux enfants de s’accomplir en dehors des heures de cours. La fille de Véronique fait de la gymnastique au niveau provincial; si elle devait faire une heure de bus pour se rendre à son programme particulier, elle ne pourrait pas assister à ses entraînements, comme le fait valoir sa mère.

Par ailleurs, si votre enfant a du temps libre, encouragez-le à s’investir dans les activités parascolaires (sport, plein air, musique, théâtre, clubs divers, etc.). « Elles sont signifiantes pour l’attachement à l’école et aident à prévenir le décrochage scolaire », soutient Nicole Groleau, enseignante de musique à l’école Dorval-Jean-XXIII, à Dorval. Ces activités impliquent parfois des frais, mais ils sont généralement mineurs.

Cela dit, votre enfant sera-t-il désavantagé lorsque viendra le temps pour lui de s’inscrire au cégep parce qu’il n’a pas suivi un programme spécial ou fréquenté un établissement privé? « Quand votre jeune va arriver en cinquième secondaire, ce qui va compter, c’est sa performance scolaire; pas le programme dans lequel il va avoir été, dit Annie Gourde, conseillère d’orientation. Ce qui va avoir de l’impact, c’est de savoir s’il a les préalables pour rentrer au cégep, qui sont les mêmes au régulier ou dans un programme particulier. »

Les programmes pédagogiques particuliers

D’après le ministère de l’Éducation, au moins 24 % des élèves ont suivi des programmes pédagogiques particuliers (aussi nommés « projets pédagogiques particuliers ») en 2020-2021. Ceux-ci regroupent les programmes locaux, comme les profils et les concentrations (sports; langues; sciences et technologie; etc.), de même que les programmes Sport-études (hockey, soccer, basketball, gymnastique, patinage artistique, etc.) ou Arts-études (arts plastiques, art dramatique, danse, musique...) reconnus et les Programmes d’éducation intermédiaire (PEI) homologués par le Baccalauréat international, lequel favorise entre autres l’apprentissage en contexte et par projets.

Admission et coûts

Selon certains experts, les programmes particuliers ont été créés pour contrer la concurrence de l’école privée et son offre, notamment par le biais d’une sélection souvent rigoureuse. Par exemple, pour être admis en Sport-études, les enfants doivent être identifiés par leur fédération sportive et réussir les tests d’admission imposés par l’établissement. Pour rester dans le programme par la suite, ils doivent respecter certaines conditions. À titre d’exemple, à l’école secondaire Édouard-Montpetit (du CSSDM), ils doivent maintenir une moyenne générale de 70 % et réussir toutes leurs matières (aucun échec n’est toléré).

Selon une collecte de données effectuée par le ministère de l’Éducation en 2019-2020, presque le quart des projets pédagogiques particuliers offerts dans les écoles publiques du Québec sont sans frais. Cela dit, il faut parfois prévoir des frais afférents liés à la pratique d’un sport, d’un instrument ou d'une activité quelconque : uniformes, équipement, leçons privées…

Pour ce qui est des programmes « payants », la contribution médiane annuelle est de 374 $. Les programmes Sport-études, en revanche, peuvent se révéler fort dispendieux. Le plus cher d’entre eux : le programme de tennis de l’école secondaire De Mortagne, à Boucherville, qui coûte 14 190 $ par an!

Pourquoi les programmes particuliers?

Julie Cliche, directrice de l’école de l’Agora, à Longueuil, constate que les élèves tirent leur motivation de leur concentration, qui les pousse à se mettre au travail. « L’école est plus grande que les matières académiques, et quand on permet à l’élève de s’épanouir autrement, on encourage la réussite scolaire », affirme-t-elle.

Les programmes particuliers contribuent aussi à développer le sentiment d’appartenance chez les jeunes. L’enseignante Nicole Groleau souligne que les élèves de la concentration musique, par exemple, sont amenés à se suivre pendant cinq ans et à vivre ensemble des expériences significatives. « Quand ils font des concerts, ils participent à quelque chose qui les dépasse », illustre-t-elle.

Toutefois, les programmes particuliers ne conviennent pas à tout le monde. Mahamadou Mamoudou, enseignant en mathématiques à l’école secondaire Henri-Bourassa, à Montréal, fait valoir que les programmes particuliers s’adressent aux élèves qui ont à la fois de l’intérêt pour eux et la capacité de les suivre. « [Ces programmes] sont exigeants et peuvent occasionner chez des élèves très compétitifs une forme d’anxiété de performance », constate d'ailleurs Patrick Monette, psychologue à l’école secondaire Jeanne-Mance, à Drummondville. Parfois, répondre à la demande peut causer un stress inutile pour un jeune, qui va être mieux au régulier. »

4 possibilités pour les amateurs de sports


- Sport-études (toujours sélectif) : le rythme d’enseignement est très soutenu, car l’horaire dégage généralement une demi-journée quotidienne pour l’entraînement sportif. Le programme s’adresse aux élèves-athlètes identifiés par leur fédération sportive.


- Concentration sport (souvent sélective) : le rythme d’enseignement est soutenu, car le temps alloué aux matières de base est réduit au profit d’une plus grande offre de cours d’éducation physique. Les programmes des concentrations varient d’une école à l’autre.


- Option de cours d’éducation physique (non sélective) : elle inclut, dans l’horaire du programme régulier, la pratique de multiples sports. L’élève suivra les cours des matières communes en fonction du nombre de périodes normales prescrites par le programme du ministère de l’Éducation.


- Activités parascolaires (parfois sélectives) : les places sont parfois limitées (par exemple en fonction du nombre de joueurs maximal dans une équipe) pour ces activités proposées en dehors des heures de cours.

L’école privée

Le Québec se place au deuxième rang parmi les provinces et les territoires du Canada pour ce qui est de la fréquentation de l’école privée, tous niveaux de scolarité confondus. Pour être plus précis, ce sont 20 % des élèves qui, selon les chiffres compilés par l’Institut de la statistique du Québec, fréquentaient un établissement scolaire privé au secondaire en 2019-2020. Toutefois, le poids du privé est très variable d'une région à l'autre. Si les écoles privées secondaires accueillent jusqu’à 33 % des élèves à Montréal et 24 % à Québec, elles sont absentes de régions isolées, comme la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.

Admission et coûts

Chaque école privée gère elle-même son processus d’admission, variable d'un établissement à l’autre : une moyenne générale minimale, une entrevue, des tests d’admission, etc. Nancy Brousseau, de la FEEP, soutient cependant que « contrairement à une idée reçue, la plupart des écoles privées n’organisent pas de tests de sélection. Quand il y a une sélection, elle consiste le plus souvent à privilégier les premiers inscrits, la proximité géographique ou la fratrie. »

Et combien coûte l’école privée? Tout dépend si elle est subventionnée ou non. Les deux tiers des écoles privées québécoises reçoivent des subventions du gouvernement pour chaque élève, d’un montant égal à 60 % de celui versé aux écoles du secteur public pour les services éducatifs. Ces établissements sont nécessairement des organismes à but non lucratif (OBNL), ce qui signifie qu’ils réinvestissent tout l’argent perçu dans leur mission éducative.

D’autres allocations ou subventions peuvent s’ajouter : pour le transport scolaire, par exemple, ou encore pour des programmes ou des services éducatifs spéciaux. Le reste des coûts est assumé par les fondations des écoles privées et les parents, à travers le paiement des frais de scolarité fixés en fonction des Règles budgétaires annuelles du ministère de l’Éducation.

La FEEP explique que les écoles privées subventionnées facturent en moyenne 3 500 $ par année, selon le découpage suivant :

• Droits d’inscription : entre 100 et 200 $
• Frais de scolarité : entre 2 000 et 4 500 $
• Frais accessoires : entre 500 et 2 000 $

Si l’école privée n’est pas subventionnée, vous débourserez en moyenne 8 000 $ par année. Ces établissements ne sont pas nécessairement des OBNL.

Dans tous les cas, sachez que certaines écoles offrent une réduction aux familles qui inscrivent plusieurs enfants au même endroit. Par ailleurs, selon la FEEP, environ 5 % des élèves bénéficiaient d’une bourse avant la pandémie de COVID-19.

Pourquoi le privé?

La qualité de l’enseignement et de l’encadrement sont les deux principaux aspects qui motivent les parents à envoyer leur progéniture à l’école privée, d’après un sondage CROP réalisé pour le compte de la FEEP en 2018 auprès de plus de 18 000 parents ayant au moins un enfant à l’école privée. Selon Nancy Brousseau, la qualité de l’enseignement dans les écoles privées s’explique par la stabilité du personnel et le fort investissement fait en formation continue. « Les écoles privées se distinguent aussi par l’étendue de leurs ressources parascolaires », spécifie Pierre Canisius Kamanzi, de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UdeM, mentionnant la qualité des infrastructures – qui incluent parfois piscine et aréna –, la grande diversité d’activités proposées et les possibilités de sorties et de voyages, y compris à l’international.

De nombreuses écoles privées offrent des programmes particuliers (sports, art dramatique, robotique, etc.). « La plupart du temps, ce sont des programmes locaux, élaborés avec un seul objectif en tête : la motivation des élèves », indique Nancy Brousseau, précisant qu’ils sont souvent accessibles à tous, indépendamment des résultats scolaires des jeunes. Quelques écoles privées proposent des programmes homologués par une instance extérieure, comme les programmes Sport-études et Arts-études ou le PEI.

L’école privée représente-t-elle un bon choix si votre enfant a des besoins particuliers (handicap, difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, etc.)? Selon un sondage réalisé par la FEEP auprès de ses membres en 2018, plus de 18 % des élèves qui fréquentent une école secondaire privée ont un plan d’intervention. « On n’a pas les mêmes ressources qu’au public pour les élèves en difficulté », affirme néanmoins Nancy Brousseau. Émilie Robert, conseillère d’orientation au Collège Montmorency, à Laval, renchérit : « Parfois, on a l’impression que, dans une école privée, parce qu’on paie, on va avoir plein de services, et c’est étrangement l’inverse. » Renseignez-vous au préalable sur la présence de professionnels – orthopédagogues, psychologues, conseillers d’orientation, etc. – auprès de l’école, sans vous arrêter à sa réputation.

Par ailleurs, il faut savoir que l’école privée ne peut offrir de classes spécialisées, par exemple aux élèves ayant des troubles du langage. Elle n'est pas non plus en mesure de proposer de parcours de formation axés sur le travail, qui s’adressent aux jeunes présentant des difficultés scolaires.

Les écoles spécialisées


Il existe 12 écoles privées spécialisées en adaptation scolaire, situées à Québec (2) et à Montréal (10). Elles accueillent 3 000 élèves qui doivent composer avec un handicap, ou alors avec des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage importantes. Ces établissements se démarquent par de petits groupes d’élèves et une grande diversité d’intervenants. Chaque école est unique, avec une expertise pointue dans un domaine précis de l’adaptation scolaire. « Les écoles spécialisées ne coûtent rien aux parents », souligne Nancy Brousseau, directrice générale de la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP). En effet, 80 % des élèves sont référés par les CSS, qui prennent en charge leurs frais de scolarité.

Les amis, la visite des écoles et les inscriptions

« Choisir une école secondaire, c’est une démarche qui se fait en compagnie de l’enfant : il faut prendre le temps de bien l’écouter, explique Julie Cliche, directrice de l’école secondaire de l’Agora, à Longueuil. En tant que parent, vous connaissez ses forces, ses faiblesses et ses intérêts. C’est à partir de là qu’il faut faire un choix. »

Comment réagir si votre enfant s’inquiète surtout d’être avec ses amis? « Si l’aspect social permet à l’élève de mieux réussir, de développer un meilleur sentiment d’appartenance, ça pourrait devenir le principal critère pour le parent quant au choix de l’école secondaire », estime Julie Cliche. Toutefois, les amis ne devraient pas être le seul critère de sélection, mais plutôt un parmi tant d’autres, comme le fait remarquer la conseillère d'orientation Annie Gourde.

La visite des écoles et les inscriptions

« Commencez votre démarche en cinquième année, conseille Julie Cliche. C’est important de faire une présélection des écoles à visiter, parce qu’avoir trop de choix peut rendre la prise de décision difficile. » En septembre, surveillez les dates des portes ouvertes des écoles qui vous intéressent, et allez-y avec votre enfant. Benoît, père de famille à Trois-Rivières, approuve la démarche : « Ça permet tout de suite de sentir l’énergie, l’ambiance. » Vous pourrez en profiter pour constater la taille de l’établissement et vérifier la qualité des infrastructures (les dimensions de la bibliothèque, le nombre de gymnases, l'équipement compris dans les laboratoires, etc.). Encouragez votre jeune à poser des questions : ses préoccupations, par exemple les activités parascolaires ou le camp d’intégration pour les nouvelles cohortes, seront sans doute bien différentes des vôtres, mais tout aussi pertinentes!

Ultimement, il vous faudrait avoir un plan de match au début de la sixième année – suivant la recommandation de Véronique, mère de trois enfants à Châteauguay –, pour vous assurer de faire les inscriptions dans les délais requis et de préparer votre enfant à passer les tests d’admission, le cas échéant.

Même si votre choix final est fait, gardez en tête que les intérêts ou les besoins de votre jeune peuvent évoluer et vous amener à le faire changer d’école et/ou de programme au cours de son secondaire.

Les dates à ne pas manquer


Attention : les dates pour les visites et les tests de sélection tout comme les périodes d'inscription varient selon les CSS et les établissements scolaires. Renseignez-vous directement auprès des écoles qui vous intéressent.


- Dès septembre, en cinquième ou en sixième année : visite des écoles secondaires


- Dès septembre, en sixième année : inscription aux tests de sélection pour les programmes particuliers et/ou les écoles privées


- Dès octobre, en sixième année : inscription aux programmes réguliers des écoles de quartier


- Dès novembre, en sixième année : confirmation des inscriptions aux programmes particuliers ou aux écoles privées

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