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Tout savoir pour conduire une voiture électrique en hiver

Par Mise en ligne : 06 décembre 2018  |  Magazine : janvier 2019

Shutterstock.com

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Par grand froid, les batteries des voitures électriques perdent en autonomie. Ajuster votre conduite, stationner l'auto à l'intérieur, planifier bien vos recharges... Voici tous nos conseils pour vous aider à limiter les dégâts et pour éviter de tomber en panne.

Le froid et la neige ont une incidence sur la consommation d’énergie des véhicules, que ceux-ci soient à essence, hybrides ou électriques. L’air froid, plus dense que l’air chaud, et les pneus d’hiver, conçus pour mieux adhérer à la surface du sol, augmentent légèrement la résistance. De plus, les accumulations de neige sur la chaussée peuvent ralentir les véhicules. Pour avancer à haute vitesse, ces derniers consomment donc plus d’essence ou d’électricité.

Cela dit, les basses températures demeurent l’élément le plus énergivore pour tous les types de voiture. Dans un véhicule à essence, par exemple, le froid augmente la consommation de carburant, notamment parce que le moteur doit se réchauffer. Ainsi, un trajet effectué à -7 °C exige 12 % plus d’essence que le même trajet réalisé à 25 °C, indique l’Agence américaine de protection de l’environnement.

La Tesla Model S 100D* bénéficie de la plus grande autonomie sur le marché, mais les données fournies par son fabricant confirment que sa batterie perd de l’autonomie par temps froid, comme c’est le cas pour toutes les voitures électriques. À quel point ?

* La plus grosse batterie disponible pour ce modèle.

S’il fait 20 °C et que la batterie est à 100 %, vous pouvez rouler 551 km. Par -10 °C, cette autonomie diminue de 73 km (-13 %). Elle baisse certainement plus lorsque la température descend, mais Tesla ne pousse pas la transparence jusqu’à nous dire exactement de combien. Retenez en outre que ces valeurs sont toujours théoriques : l’autonomie réelle de votre voiture dépend aussi d’autres facteurs, comme votre style de conduite, les conditions routières et l’âge de la batterie.

Un ennemi silencieux

Le froid est particulièrement sans pitié pour les voitures électriques, qui voient alors l’autonomie de leur batterie diminuer. Dès que le mercure descend sous zéro, la batterie perd en efficacité, explique Stéphane Pascalon, chef de programme à l’Institut du véhicule innovant (IVI), un OBNL québécois qui soutient notamment des projets de développement de technologies novatrices dans le domaine du transport. « Jusqu’à -5 °C, il y a une légère diminution [de l’autonomie], qui varie selon les véhicules, dit-il. Mais sous les -15 °C, la perte d’autonomie se fait vraiment sentir. »

C’est que le froid empêche les batteries électriques de restituer la totalité de l’énergie qu’elles contiennent. La batterie doit d’abord bien se réchauffer, ce qui se produit au fur et à mesure que la voiture se déplace. Ainsi, par temps froid, l’autonomie sera meilleure si vous roulez longtemps que si vous ne réalisez que de courts trajets. Si vous faites moins de 10 km chaque fois que vous vous déplacez, votre batterie pourrait avoir de 40 à 50 % moins d’autonomie à -30 °C que pendant l’été, illustre Stéphane Pascalon.

Heureusement, vous pouvez modifier vos habitudes de conduite, afin que votre voiture électrique conserve de bonnes capacités en hiver. Voici comment y parvenir.

Ajustez votre conduite

« La conduite est le facteur qui a le plus d’influence sur le maintien de l’autonomie d’un véhicule électrique, et ce, tout au long de l’année », explique Stéphane Pascalon. Mais pour déjouer le froid et ses effets sur la batterie de votre véhicule, il faut redoubler d’attention en hiver.

Par exemple, lorsque la température se tient sous les -15 °C et que votre auto a dormi dehors, ayez à l’esprit que la batterie de votre véhicule est froide et que son énergie se trouve momentanément limitée. Pour ne pas risquer de la vider trop rapidement, évitez les fortes accélérations durant les 10 à 15 premiers kilomètres, le temps qu’elle atteigne sa température optimale. Vous pourrez ensuite demander plus de puissance à votre véhicule, en vous rappelant cependant que toute accélération rapide effectuée à la suite d’un arrêt, de même qu’une conduite brusque, consomme plus d’énergie.

Ainsi, pour conserver une bonne autonomie, n’exigez de fortes accélérations que lorsque la situation le requiert (lors d’un dépassement, par exemple) et observez le flux de la circulation pour éviter le plus possible de devoir immobiliser votre auto. Pensez à vos sorties en vélo : il est toujours plus ardu de donner les premiers coups de pédale que de maintenir votre vitesse une fois lancé. Le même effort énergétique s’applique à une voiture électrique.

L’autre ennemi de l’autonomie est la vitesse : plus vous roulez vite, plus la capacité d’une batterie électrique baisse rapidement. « Si, par exemple, vous réduisez votre vitesse de 110 à 105 km/h, vous gagnerez 5 % d’autonomie », précise Stéphane Pascalon.

>> À lire aussi: Comment conduire l'hiver en toute sécurité et Comment choisir un cours de conduite hivernale

Chauffez, mais pas trop

Dans une voiture électrique, l’énergie contenue dans la batterie est consommée non seulement par le moteur, mais aussi pour réchauffer l’habitacle. Dans une voiture à essence, le carburant sert à faire avancer le véhicule, mais produit aussi de la chaleur qui peut être utilisée pour le chauffage.

Si vous avez un véhicule électrique, vous devez donc vous rappeler que plus vous montez le thermostat, plus vous faites diminuer l’autonomie de votre batterie. « La meilleure solution consiste à baisser la température de l’habitacle de 22 à 19°C et à utiliser les sièges chauffants. Ceux-ci consomment moins d’énergie et gardent le corps au chaud », conseille Jesse Caron, expert automobile pour CAA-Québec.

L’expert ajoute que « certains véhicules électriques, comme la Kia Soul ou la Hyundai Ioniq, offrent le choix d’un mode de chauffage dirigé uniquement vers le conducteur ». Cette fonctionnalité est utile pour diminuer la consommation d’énergie liée au chauffage lorsque vous n’avez pas de passager à bord.

En revanche, il est déconseillé de couper totalement le chauffage dans l’habitacle, car cela risquerait de provoquer la formation de condensation sur les vitres, ce qui diminuerait votre visibilité. D’ailleurs, quand il fait froid, ne vous privez pas d’allumer les systèmes de dégivrage du pare-brise et de la fenêtre arrière, afin de bien voir ce qui se passe autour de vous.

Préchauffez l’habitacle à la borne

Il est possible de chauffer l’habitacle d’un véhicule électrique avant de l’utiliser. Et comme ces voitures n’émettent aucun gaz à effet de serre, vous ne risquez pas de contravention si vous laissez le moteur tourner dans la rue, ce qui peut arriver dans certaines municipalités avec les voitures à essence.

Préchauffer votre véhicule électrique lorsque celui-ci est branché à une borne de recharge vous permettra d’entrer dans un habitacle bien chaud sans diminuer l’autonomie de la batterie. Autre avantage : une fois sur la route, maintenir la voiture à bonne température sera moins énergivore que si vous deviez « dégeler » rapidement l’habitacle.

Stationnez votre auto à l’intérieur

Tout le monde ne dispose pas d’un stationnement, et encore moins d’un stationnement intérieur… et chauffé ! N’empêche, si vous le pouvez, entreposez votre voiture électrique dans un garage chauffé durant la nuit. La batterie conservera une température optimale puisqu’elle ne sera pas exposée directement au froid.
Si vous avez accès à un garage, il est également conseillé d’y installer votre borne de recharge. Même si les bornes sont conçues pour pouvoir fonctionner dehors dans des conditions hivernales, vous vous éviterez quelques matins pénibles à vous buter à un pistolet de charge gelé ou coincé dans le port de recharge de l’auto.

Planifiez bien les recharges

Bien prévoir la recharge de votre auto durant la saison froide peut vous faire gagner de précieux kilomètres. Par exemple, lorsque vous branchez votre voiture en rentrant à la maison le soir, vous pouvez la programmer de manière à ce que la recharge de la batterie s’enclenche à une certaine heure. Cette opération, qui est proposée dans tous les véhicules électriques, se fait au moyen du système multimédia intégré au véhicule ou d’une application téléchargeable sur votre téléphone intelligent. Si vous devez prendre le volant à 8 h et que votre voiture met quatre heures à retrouver une pleine charge, programmez la recharge à 4 h. Étant donné que la batterie se réchauffe en se rechargeant, elle sera à la température idéale au moment où vous quitterez la maison, ce qui améliorera son autonomie.

Si vous devez parcourir une longue distance par temps froid (à partir de 0 °C, mais surtout à -15 °C et moins), tenez compte du fait que vous devrez peut-être faire une recharge de plus qu’en été. Par exemple, la Hyundai Ioniq EV bénéficie d’une autonomie maximale de 200 km, laquelle baisse à environ 150 km en hiver. Ainsi, si un conducteur souhaite parcourir 180 km, il devra recharger son auto au moins une fois. De son côté, un propriétaire de Tesla Model S 100D (autonomie de 500 à 400 km en hiver) pourra parcourir la même distance aller et retour avec une seule charge.

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BORNES DE RECHARGE sont offertes au Québec par le Circuit électrique. De ce nombre, 1 404 sont des bornes à 240 volts et 124 sont à recharge rapide (400 volts).
Source : Gouvernement du Québec, octobre 2018.

Et les hybrides rechargeables ?

Contrairement aux véhicules 100 % électriques, les modèles hybrides rechargeables disposent d’un moteur à essence qui permet de chauffer l’habitacle, de dégivrer les vitres et  de prendre le relais lorsque la batterie électrique est parvenue au bout de  ses ressources.

Pour maximiser votre économie d’essence en hiver et maintenir une bonne autonomie électrique, faites comme avec les voitures 100 % électriques. Préchauffez votre véhicule, stationnez à l’intérieur et effectuez une recharge juste avant de prendre la route.

D'autre part, prenez en considération que le froid (-15 °C ou moins) peut ralentir les recharges que vous effectuez à une borne de recharge rapide. Ce type de borne envoie plus de tension – 400 V, au lieu de 240 V à une borne régulière à la maison – de façon à recharger en moins de temps. Or, quand la batterie est très froide, la borne ralentit le processus pour ne pas risquer de l’endommager avec une charge trop forte.

Pour cette raison, il faut éviter de brancher votre voiture sur une borne rapide juste après qu’elle a « dormi » dehors par une nuit glaciale. L’opération ne risque pas d’endommager votre batterie, mais la recharge risque d’être très lente. Cet inconvénient ne s’applique pas aux bornes de 240 V, car il n’y a pas de différence notable concernant le temps de recharge en hiver.

Il est d’ailleurs recommandé de brancher votre auto le plus souvent possible en périodes de grand froid. En cas d’immobilisation prolongée à l’extérieur, assurez-vous aussi que la charge n’est pas trop basse. Difficile de connaître exactement le pourcentage de charge critique à respecter pour être en mesure de démarrer son véhicule dans cette situation. Mais sachez qu’en général, s’il reste 10 % d’autonomie à votre batterie, il est plus prudent de la recharger si vous savez que votre voiture restera sans rouler pendant plusieurs jours à une température très basse.

Même si en général les véhicules électriques démarrent sans problème par grand froid, il vaut mieux, lorsque le mercure descend sous -20 oC, ne pas laisser votre voiture stationnée plusieurs jours consécutifs à l’extérieur sans l’utiliser ou la brancher. « Votre véhicule risquerait alors de ne pas démarrer », avertit
Stéphane Pascalon, de l’IVI.

>> À lire aussi: notre test de plus de 30 pneus d'hiver

Survoltez votre véhicule au besoin

Si votre véhicule refuse de démarrer ou tombe en panne de batterie, vous pouvez le « survolter », comme un véhicule à essence. Mais attention : « Il faut lire attentivement le manuel pour ne pas endommager le système électrique, et faire appel à un professionnel en cas de doute », conseille Stéphane Pascalon. Le CAA a d’ailleurs inauguré, en octobre 2018, un service de dépannage destiné aux véhicules électriques.

Le saviez-vous ?

Contrairement à une idée reçue, il y a deux batteries dans une voiture électrique : une grosse, dite « de traction », qui sert à faire avancer le véhicule, et une autre, plus petite (12 volts) et similaire à ce qu’on trouve dans les voitures à essence, qui alimente certains systèmes et active la batterie principale. Donc, si la batterie 12 volts est à plat, votre voiture refusera de démarrer même s’il reste beaucoup d’énergie dans la batterie de traction. Mais si vous utilisez votre voiture souvent et que vous la rechargez régulièrement, elle fonctionnera tous les jours sans problème, même par une température très froide, car dès que le véhicule est branché, les deux batteries se rechargent. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter du niveau de charge de la batterie 12 volts.

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Automobile

Commentaires 5 Masquer

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  • Par DONALD BUJOLD | 23 janvier 2019

    Je crois aussi que le gouvernement devra s'en mêler car il y a deux réseaux majeurs de bornes, Circuit Électrique et Flo, et je n'ai pas pu utiliser une borne Flo avec ma carte Circuit électrique... J'ai donc pris aussi une carte du réseau Flo... et si un jour il y a 8 réseaux différents??? Que devrons-nous faire??

  • Par Richard Leonard | 24 décembre 2018

    Voltage est un anglicisme, le mot français approprié est tension.

    journalist Par CéLINE MONTPETIT de Protégez-Vous | 08 janvier 2019

    Bonjour Monsieur Léonard,
    Merci pour votre vigilance. Nous avons apporté la correction.

  • Par DONALD BUJOLD | 23 janvier 2019

    À mon sens la voiture électrique, actuellement, (sauf celles qui ont 400 km d'autonomie et +) n'est pas faite pour voyager partout et loin, elle est parfaite et très utile pour tous les petits déplacements et les aller-retour au travail.
    EX: transport couronne nord/couronne sud vers le centre-ville, toutes les commissions. C'est en fait une excellente deuxième voiture. Faire 400 km avec une électrique coûte 5 à 6 $. À suivre...
    Donald proprio d'une Ioniq.

  • Par Hai Dao | 22 décembre 2018

    1528 bornes de recharge... C`est beaucoup ou très peu comparé aux stations d`essence? On voie des station d`essence un peu partout mais pas souvent des bornes de recharge. J`aimerais avoir des chiffres et pouvoir comparer.

    Par NATHALIE RAYMOND | 18 janvier 2019

    Les bornes de recharge publiques servent en cas de besoins lors des déplacements. La recharge principale d'une voiture électrique se fait à la maison pendant la nuit. Le matin, la voiture est pleine d'énergie, donc pas besoin d'aller à la station de recharge publique.
    Le nombre de bornes de recharge publiques du Circuit électrique augmente toujours, on compte aujourd'hui un peu plus de 1700 bornes en service.

  • Par FRANCE MAICE | 24 janvier 2019

    Merci. Et qu'en est-il de la voiture hybride: peut-on y installer un chauffe-moteur pour les grands froids?
    France Maice

    journalist Par CéLINE MONTPETIT de Protégez-Vous | 25 janvier 2019

    Bonjour Madame Maice,
    Merci de votre commentaire. Voici la réponse de notre journaliste auto, Julien Amado:
    Vous pouvez utiliser un chauffe-moteur avec un véhicule hybride, cela va permettre d'économiser du carburant puisque le moteur sera déjà plus chaud que la température extérieure. CAA-Québec a réalisé un test sur une Toyota Prius et a noté un gain de consommation de 15% en utilisant un chauffe-moteur, ce qui n'est pas négligeable.