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À la retraite, que faire de votre REER et votre CELI?

Par Rémi Maillard en collaboration avec Question Retraite Mise en ligne : 13 Octobre 2013 Shutterstock

A la retraite que faire de votre REER Shutterstock

Après avoir économisé pendant des années, vous souhaitez récolter le fruit de votre labeur ? Pour cela, vous devrez commencer à convertir en revenus de retraite l’argent accumulé dans vos placements enregistrés – régime enregistré d’épargne-retraite (REER), compte d’épargne libre d’impôt (CELI) – ou non enregistrés.

Les conseils d’un spécialiste peuvent alors se révéler précieux, estime Daniel Laverdière, actuaire et planificateur financier pour Banque Nationale Gestion privée 1859: «Quand vient le temps d’effectuer des retraits, il faut trouver un bon équilibre entre ces trois types de comptes, ce qui ne va pas forcément de soi en raison de nombreuses subtilités techniques.» Grosso modo, résume Daniel Laverdière, la fiscalité de base à la retraite reste la même qu’auparavant, sauf qu’au lieu d’être du salaire, les revenus imposables sont composés d’un fonds de pension de l’employeur, de rentes d’État ou encore de retraits de REER, qui eux aussi sont imposables. Par ailleurs, certains crédits d’impôt font leur apparition.

La fiscalité peut avoir un impact énorme sur les programmes sociaux dont bénéficie un retraité, met aussi en garde Daniel Laverdière: «L’argent que vous retirez de votre REER ou de votre FERR doit figurer dans vos revenus imposables. Renseignez-vous avant d’effectuer un retrait, car cela pourrait vous empêcher d’être pleinement admissible à certains programmes.» Ainsi, une personne ayant peu de revenus et qui encaisserait 10 000 $ de son REER risque de perdre le Supplément de revenu garanti (SRG) auquel elle avait droit, en plus de payer beaucoup d’impôt sur le montant retiré.

Le seuil à partir duquel il faut commencer à rembourser la Pension de la sécurité de la vieillesse (PSV) est de 70 954 $ en 2013 (15 ¢ pour chaque dollar de revenu en plus).

Pour le SRG, la marge de manœuvre est bien plus étroite, puisque son montant est réduit de 50 ¢ pour chaque dollar retiré d’un REER ou gagné, à l’exception des 3 500 premiers dollars de revenus d’emploi, précise Daniel Laverdière. Par exemple, une personne qui effectue un retrait de 3 500 $ dans son REER perdra 1 750 $ de SRG dans l’année, mais si elle gagne la même somme en travaillant, elle conservera l’intégralité de la prestation fédérale. Et si elle a gagné 3 600 $, son supplément de revenu garanti ne sera impacté qu’à hauteur de 100 $. Lorsque les autres revenus (RRQ, REER, intérêts, etc.) atteignent 16 560 $ (en 2013), le SRG est totalement perdu.

Conclusion de Daniel Laverdière: «Il ne faut surtout pas négliger cet aspect des choses, sinon on a vite fait de se retrouver dans une situation difficile.»

>> À lire aussi sur notre site: Retraite: gare aux outils de planification des institutions financières!

Que faire avec vos REER?

Tout d’abord, rappelez-vous que rien ne vous oblige à le vider parce que vous partez à la retraite: la loi vous autorise à attendre jusqu’au 31  décembre de l’année de vos 71 ans pour le faire. Le moment venu, quatre possibilités s’offrent à vous: retirer l’argent accumulé, partiellement ou en totalité; convertir le régime en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR); transformer votre argent en rente; combiner ces deux dernières options.

Première option: retirer l’argent du REER

• Avantage: Vous avez accès à des liquidités en tout temps, selon vos besoins (achat d’une voiture, voyage, frais médicaux, etc.).

• Inconvénient: Si vous videz votre REER par retraits successifs, vous devrez chaque fois déclarer cet argent à titre de revenu annuel et payer l’impôt correspondant. Si vous décidez plutôt d’encaisser le REER en une fois, sachez qu’au-delà de 15 000 $, et quel que soit votre revenu, votre institution financière prélèvera automatiquement 31 % du montant décaissé (en 2013). Vous devrez aussi ajouter la somme retirée à vos autres revenus de l’année lorsque vous remplirez votre déclaration. «C’est à ce moment-là que le fisc fera, au besoin, les ajustements nécessaires. Si vous êtes imposé à 50 %, par exemple, vous devrez payer 19 % d’impôt en plus du prélèvement à la source déjà effectué», précise Daniel Laverdière, actuaire et planificateur financier pour Banque Nationale Gestion privée 1859.

Cela dit, «effectuer un retrait total, même d’un montant significatif, peut être une option intéressante pour une personne à faible revenu, explique le spécialiste. Dans ce cas, l’idéal est qu’elle effectue le retrait l’année précédant son 65e anniversaire, juste avant d’être admissible au SRG. Bien sûr, elle devra payer de l’impôt, mais au moins elle conservera son droit à la prestation fédérale.»

Deuxième option: convertir le REER en FERR

Le FERR, comme pour le REER, dont il est la continuation, vous permet de retirer les montants dont vous avez besoin. Pour cela, il vous suffit de contacter votre institution financière. La différence? Vous n’êtes plus en mode épargne (vous ne pouvez pas y cotiser) mais en mode retrait. D’ailleurs, un retrait minimal annuel est exigé par la loi et il est imposable. Ce minimum varie en fonction de l’âge: il est de 3,3 % quand vous avez 60 ans et atteint 20 % à 94 ans et plus.

• Avantage: Un FERR offre une bonne souplesse en matière de planification financière, juge Daniel Laverdière. «On peut conserver les mêmes produits financiers qu’avec le REER et continuer à prendre des décisions de placement et à y faire fructifier ses économies.» Par ailleurs, si vous vivez avec un conjoint plus jeune, vous pouvez demander que le retrait minimal de votre FERR soit basé sur son âge plutôt que sur le vôtre. À noter que, au décès de son titulaire, le FERR est transférable au conjoint survivant sans paiement d’impôt.

• Inconvénient: «Le retrait annuel minimal oblige à retirer un montant trop élevé par rapport à l’espérance de vie moyenne. Et si on le dépense en totalité, on risque d’épuiser trop vite son capital. C’est un piège dans lequel il ne faut pas tomber. Pour contourner le problème, vous pouvez par exemple placer une partie de l’argent retiré dans un CELI», indique Daniel Laverdière.

Troisième option: acheter une rente

• Avantage: La rente viagère est un excellent moyen d’avoir l’esprit tranquille quand on n’a plus envie de prendre des décisions de placement et qu’on souhaite se protéger contre le «risque» de longévité, juge Daniel Laverdière. La rente garantit en effet un revenu de retraite régulier, moyennant une somme forfaitaire, et ce quelle que soit l’évolution des marchés. Le montant reçu dépendra de l’âge, du sexe, des taux d’intérêt en vigueur et des clauses qui peuvent être ajoutées au contrat). «C’est un outil intéressant spécialement pour les particuliers qui n’ont pas de fonds de pension », estime Martin Dupras, président de l’Institut québécois de planification financière de 2010 à 2012.

• Inconvénient: «Vous perdez le contrôle de votre capital, puisque l’argent versé pour acheter la rente ne vous appartient plus. En outre, une fois signée, la transaction est irréversible. Mieux vaut donc y penser à deux fois avant de s’engager», recommande Martin Dupras. À l’instar de plusieurs de ses collègues, il juge également la période actuelle «moins propice» à l’achat d’un tel produit qu’il y a quelques années: «Les taux d’intérêt sont tellement bas que le niveau de rente que vous pourrez acquérir avec un capital fixe de 100 000 $, par exemple, n’est pas très élevé.»

«Avant de vous lancer dans cette opération, passez aussi un test de santé», conseille Daniel Laverdière. En effet, si vous avez une maladie grave et que vous décédez au bout de quelques années, voire de quelques mois, souscrire une rente n’est pas forcément la meilleure chose à faire. Enfin, sachez que si vous bénéficiez déjà d’un confortable fonds de pension de votre employeur, vous n’en avez pas besoin non plus.

Quatrième option: combiner

«N’investissez pas toute votre épargne dans une rente viagère», recommande Daniel Laverdière. Autrement, vous n’aurez plus aucune marge de manœuvre puisque son montant est fixé une fois pour toutes. Une bonne solution? « Acheter une rente, pour renforcer le filet de sécurité formé par le régime de rentes du Québec et la pension de la vieillesse, tout en conservant un compte FERR pour faire face à des dépenses imprévues.»

Si vous ne parvenez pas à vous décider et que votre REER arrive à échéance, vous pouvez le convertir en FERR et, ensuite, graduellement, en rente.

Dans tous les cas, surtout si le monde de la finance vous est étranger, mieux vaut demander conseil à un planificateur financier ou à un comptable avant de convertir votre REER.

>> À lire aussi sur notre site: Conseils pour bien calculer à la retraite

*****

Les deux principaux types de rentes

La rente à durée déterminée (aussi appelée rente certaine, ou rente à terme ou à échéance fixe):

  • Son montant est préétabli au moment de l’achat et garanti pour une durée déterminée, quelle que soit l’évolution des marchés et la baisse possible des taux d’intérêt.
  • Vous recevez des versements périodiques jusqu’à un âge maximum de 90 ans (seulement si vous achetez la rente avec l’argent de votre REER; si vous utilisez des fonds hors REER, vous avez le droit de repousser cette échéance à plus de 90 ans).
  • Les versements se poursuivent, que vous soyez ou non en vie. En cas de décès avant l’âge qui figure sur le contrat, le solde est versé à vos héritiers.
  • La rente peut être indexée sur l’inflation afin que vous conserviez votre pouvoir d’achat (dans ce cas, bien sûr elle coûte plus cher à l’achat).

La rente viagère

  • Son montant est préétabli et garanti au moment de l’achat.
  • Vous recevez des versements réguliers jusqu’à la fin de vos jours.
  • Les versements cessent à votre décès, à moins que votre contrat comporte une clause de «réversibilité au conjoint» ou qu’il prévoie une période de versement garantie.
  • La rente peut être indexée sur l’inflation.

Les contrats de rente sont des documents complexes. Prenez le temps de magasiner, car les conditions et les coûts peuvent être très différents d’une institution à l’autre. Discutez-en avec un planificateur financier sans lien avec le produit qui vous intéresse, et lisez attentivement le document qui vous a été remis avant de signer quoi que ce soit.

Tableau comparatif REER ou CELI ?

Le REER est-il plus avantageux que le CELI en raison de la réduction d’impôt qu’il procure quand on y cotise? «La vérité est que l’investissement dans un REER et l’investissement dans un CELI sont deux options équivalentes si votre taux d’imposition demeure constant», répond Question Retraite. Dans le doute, consultez un spécialiste pour savoir ce qui est plus avantageux pour vous.

CELI

REER

Limite d’âge

Aucune

L’année de votre
71e anniversaire

Plafond de cotisation annuelle

5 500 $ (2013), puis indexé par tranches de 500 $

18 % du revenu gagné de l’année précédente, jusqu’à concurrence de 23 820 $ (2013) et de 24 270 $ (2014)

Cotisations déductibles du revenu imposable

Non

Oui

Retraits

Non imposables

Imposables

Revenus de placement imposables dans le régime

Non

Non

Incidence des retraits sur les programmes sociaux (PSV, SRG)

Aucune

Oui

Droits de cotisation générés par les retraits

Oui. Équivalents au montant des retraits.

Non

Cotisation au compte du conjoint

Non. Par contre, les fonds donnés au conjoint pour cotiser à un CELI ne sont pas assujettis aux règles d’attribution.

Oui. C’est le cotisant qui profite de la déduction dans le calcul de son revenu imposable, même s’il n’est pas le bénéficiaire.

Imposition au décès

Non

Oui. Sauf en cas de roulement au conjoint ou à un enfant mineur ou handicapé.

Mise en garantie pour contracter un prêt

Oui

Non

Cotisation excédentaire

Non

Oui (maximum de 2 000 $)

Source: d’après Mouvement Desjardins, Caisse de l’ouest de la Montérégie.

Bon à savoir: Contrairement aux cotisations à un REER, les cotisations à un CELI ne sont pas déductibles d’impôt. Résultat: les retraits d’un CELI n’étant pas imposables, ils ne sont pas pris en compte pour l’admissibilité à certains programmes sociaux fiscaux, comme la PSV et le SRG. «Souvent, le CELI est le véhicule le plus approprié pour les personnes à faibles revenus», conclut Daniel Laverdière, actuaire et planificateur financier pour Banque Nationale Gestion privée 1859.

Que faire d’un remboursement d’impôt: l’affecter au remboursement de votre prêt hypothécaire ou cotiser à votre REER? «Comparez les taux de rendement et mettez cet argent là où c’est le plus payant, recommande Daniel Laverdière. Par exemple, si vous avez investi vos fonds REER dans un certificat de placement garanti qui ne rapporte que 3 % par an alors que votre prêt hypothécaire est à 6 %, vous avez tout intérêt à utiliser cette somme pour accélérer le remboursement du prêt.»

>> À lire aussi sur notre site: Conseils pour voyager en santé à la retraite

Cet article a initialement été publié dans notre guide pratique «Préparer sa retraite» écrit en collaboration avec Question retraite. Pour consulter la liste des guides que vous pouvez vous procurer, consultez notre boutique en ligne.

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