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Faites la chasse à la poussière

Par Mathilde Roy
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La qualité de l’air intérieur a fait l’objet de beaucoup d’attention ces dernières années. Encore plus dans le contexte de la pandémie de COVID-19, qui a forcé les gens à rester à la maison. Sachant que l’air que vous respirez peut être chargé de contaminants qui sont toxiques ou susceptibles d’exacerber les symptômes de maladies respiratoires, vous avez tout intérêt à vous en préoccuper.

C’est inévitable : dès que vous avez fini de faire le ménage, la poussière se redépose partout à une vitesse affolante. Bien que ce mélange de particules très fines semble banal, il charrie nombre de substances biologiques et chimiques dégradées avec lesquelles il ne fait pas bon vivre.

Selon l’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis, les concentrations d’une foule de contaminants présents dans la poussière sont en moyenne de deux à cinq fois plus élevées dans les maisons qu’à l’extérieur. Inquiétant, quand on sait que les Canadiens passent la très grande majorité de leur temps à l’intérieur…

Polluants biologiques et chimiques

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) classe ces contaminants en deux groupes : les polluants biologiques et les polluants chimiques, qu’il faut éliminer de votre environnement le mieux possible afin d’améliorer la qualité de l’air intérieur. En voici des exemples.

  • Polluants biologiques : moisissures, acariens, poils et squames d’animaux, bactéries, pollen, etc.
  • Polluants chimiques : composés organiques volatils (COV) et semi-volatils (COSV) – dont le formaldéhyde qu’on trouve dans une foule de produits de consommation –, dioxyde d’azote (dégagé par les cuisinières à gaz), monoxyde de carbone, plomb, fumée du tabac, fumée du bois, etc.

Ce qui suit traite principalement des polluants particulaires, soit ceux qui se retrouvent dans la poussière. D’autres contaminants se présentent sous forme gazeuse; c’est le cas du radon, un gaz radioactif qui peut provoquer le cancer du poumon. Pour plus d’informations, consultez notre article à ce sujet.

Allergies et asthme

Plusieurs substances cachées dans la poussière domestique sont susceptibles d’irriter les voies respiratoires et d’empirer les symptômes de la rhinite allergique et de l'asthme. 

« Selon les plus récentes études, l’exposition à certains contaminants dans l’air, comme les acariens, la fumée de tabac et les moisissures, peut non seulement exacerber les allergies et les symptômes de l’asthme, mais aussi causer l’asthme », résume Patrick Poulin, Ph. D., coordinateur de l’équipe scientifique sur l’air à l’INSPQ. 

Les cas d’asthme sont en augmentation constante dans la province depuis le début des années 2000. « On observe une hausse de la prévalence de l’asthme de 3 à 4 % annuellement, ce qui n’est pas négligeable. C’est vrai au Québec, dans le reste du Canada et même partout dans le monde », ajoute son collègue Jean-Marc Leclerc, conseiller scientifique aujourd’hui retraité.

Comment expliquer cette augmentation? Même si les études sont parfois contradictoires, plusieurs experts en matière de santé estiment que des facteurs environnementaux et génétiques seraient à la source de cette hausse. Un meilleur diagnostic de la maladie pourrait aussi y être lié.

Gros plan sur les acariens

Selon l’Association des allergologues et immunologues du Québec (AAIQ), les acariens représentent l’allergène principal de la poussière de maison. Ces bestioles microscopiques, qui se nourrissent de cheveux et de peaux mortes, génèrent des allergènes dans leurs déjections. Ils vivent dans les lits, les tapis, les meubles, les jouets pour enfants et partout où il y a accumulation de poussière. Ils se multiplient aussi dans les milieux chauds et humides.

Pour limiter votre exposition à cet allergène, les experts recommandent de contrôler l’humidité à l’intérieur de la maison et de nettoyer fréquemment les textiles, comme la literie, à l’eau chaude. « De simples habitudes, comme ne pas faire votre lit immédiatement après vous être levé, peuvent freiner leur prolifération », ajoute Patrick Poulin.

Des contaminants chimiques dans la mire des chercheurs

Depuis une dizaine d’années, les COV et les COSV attirent l’attention des chercheurs. Par exemple, le formaldéhyde, les phtalates, les phénols et les retardateurs de flammes se multiplient dans les produits et matériaux du quotidien, comme les adhésifs, les emballages alimentaires, les rideaux de douche, les téléviseurs et les meubles rembourrés. Le problème : avec le temps, ces composés finissent par se libérer dans l’air et, dans le cas des COSV, par atterrir dans la poussière domestique.

Des études montrent que l’exposition à ces substances est associée à une incidence accrue de problèmes du système reproducteur, de perturbations du système endocrinien, de retards comportemental et cognitif chez les enfants, de dysfonctions immunitaires, d’asthme, de cancers et d’autres maladies chroniques.

Les enfants plus à risque

Les bambins sont les principales cibles de ces effets délétères. Comme ils se tiennent tout près du sol, ils inhalent deux fois plus de poussières que les adultes, selon l’INSPQ. Par ailleurs, la faible ventilation près du sol laisse présumer que l’air inhalé par les tout-petits pourrait être de moindre qualité.

« Ce qui est préoccupant, c’est que, prises séparément, ces substances se trouvent en petites quantités dans les maisons, mais elles s’accumulent quand on les considère dans l’ensemble. Or, les études actuelles portent sur l’un ou l’autre de ces contaminants, et non pas sur les effets synergiques », souligne Patrick Poulin.

Du plomb dans l’air?

Le plomb fait aussi partie des préoccupations, particulièrement chez les tout-petits, qui rampent et portent tout à leur bouche. Dans son Enquête sur la poussière domestique au Canada, Santé Canada a trouvé que la poussière de maisons construites avant 1990 renfermait du plomb issu de la peinture utilisée à cette époque (le plomb a été éliminé de ce produit depuis).

Ce métal lourd, reconnu comme neurotoxique, peut se retrouver dans l’air intérieur et dans les poussières domestiques si la peinture appliquée sur les murs et les meubles se dégrade, s’use ou s’écaille, comme l’explique Jean-Marc Leclerc. « Les gens ne sont pas toujours conscients non plus que, lors de travaux de rénovation, les contaminants peuvent aboutir dans la poussière et l’air de la maison. »

Pour retirer la peinture au plomb en toute sécurité, Santé Canada donne plusieurs conseils, notamment celui voulant qu’il soit préférable de décaper un article ailleurs qu’à votre domicile – chez un spécialiste ou à l’extérieur –, dans un endroit bien ventilé. Dans le cas des murs ou des boiseries impossibles à retirer, assurez-vous que la pièce est bien aérée et préférez un décapant chimique à une ponceuse, un pistolet à air chaud ou une lampe à souder, qui créent de la poussière et des vapeurs de plomb.  

Les bâtiments plus récents ne sont pas sans failles non plus, selon les experts en qualité de l’air. « Nos habitations sont de plus en plus étanches et hermétiques, pour favoriser l’efficacité énergétique, mais cela fait en sorte qu’elles sont aussi comme des sacs ou des aquariums. Tout ce qu’on met dedans, si ce n’est pas ventilé ou nettoyé, est emprisonné. Et ce sont les occupants qui sont exposés à ces contaminants », s’inquiète Patrick Poulin. D’où l’importance de vous assurer que l’échangeur d’air de votre maison fonctionne correctement.

Comment vous débarrasser de la poussière

Les spécialistes s’entendent pour dire que pour améliorer la qualité de l’air intérieure, la réduction des contaminants à la source est une solution de choix, suivie d’une bonne ventilation. Les dispositifs d’épuration de l’air intérieur, dont font partie les purificateurs d’air, peuvent également se révéler utiles pour atténuer la présence de certains contaminants, mais ils doivent être vus comme une solution complémentaire aux autres mesures.

Voici quelques-uns des gestes à privilégier :

  • Ne fumez pas à l’intérieur.
  • Oubliez le plumeau et le balai! Époussetez avec un linge ou une vadrouille humide afin de réduire le redépôt de poussière. Certains articles d’entretien en microfibres piègent et retiennent efficacement la poussière.
  • Équipez-vous d’un aspirateur muni d’un filtre HEPA (High Efficiency Particulate Air), qui retient 99,97 % des particules aussi petites que 0,3 micron, tels les spores, les pollens et les bactéries.
  • Utilisez des housses d’oreillers et de matelas antiacariens et lavez les draps une fois par semaine à l’eau chaude.
  • Poussière et acariens s’accumulent dans les meubles rembourrés, les coussins, les animaux en peluche, les rideaux, etc. Ainsi, retirez-les ou nettoyez-les régulièrement. Placez-les à l’extérieur, puisque les rayons ultraviolets (UV) ont un effet aseptique.
  • Utilisez la hotte de cuisine et le ventilateur de la salle de bain pour chasser l’humidité à l’extérieur.
  • Mettez un tapis à l’entrée de la maison afin que visiteurs et occupants s’y essuient les pieds et que les contaminants ne soient pas disséminés à l’intérieur.
  • L’humidité favorise la croissance des moisissures et la prolifération des acariens. Conservez le taux d’humidité de votre résidence en deçà de 50 % et laissez les lits défaits le matin afin d’en refroidir et assécher la surface.

>> Consultez aussi : nos tests d’aspirateurs robots, d’aspirateurs à main et d’aspirateurs à traîneau et balais, ainsi que nos conseils pour acheter un purificateur d’air

>> À lire aussi : Radon : l’ennemi invisible de la maison

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  • Par Madeleine Desjardins
    10 Octobre 2019

    Ne venez jamais au Domaine des Forges à Ste-Rose Laval nous vivons l'enfer en plus de la poussière de ciment qui sort entre les planches du plancher flottant et non pas de parole Madeleine

     1
    Par MIREILLE LANGEVIN
    17 Février 2020

    Elle a parfaitement raison.

  • Par JACQUES LALUMIERE
    21 Janvier 2022

    J'ai bien aimé votre dossier sur la qualité de l'air dans nos maisons. Mais vous avez oublié de mentionner un élément important pour les systèmes de ventilation et c'est le filtre. Depuis que j'utilise des filtres de meilleure qualité comme les 3M, j'ai beaucoup moins de poussières fines dans les conduits de ventilation ainsi que sur les meubles de la maison. Cette dépense en vaut le coup avec des nettoyages moins fréquents du système de ventilation et une meilleure qualité de l'air.