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Les ingrédients à éviter dans les crèmes hydratantes

Par Mathilde Roy Mise en ligne : 15 octobre 2019  |  Magazine : novembre 2019 Shutterstock.com

cosmetiques-ingredients-indesirables Shutterstock.com

Certains ingrédients utilisés par l’industrie cosmétique – comme les parabènes, le pétrolatum ou les siloxanes – sont jugés problématiques pour la santé et l’environnement par divers experts. Voici la liste des substances indésirables à traquer dans vos crèmes pour le corps.

Pour former cette liste, nous nous sommes basés sur le principe de précaution voulant qu’en l’absence de certitude scientifique, il soit préférable d’éviter les ingrédients dont les effets soulèvent des doutes pour la santé et l’environnement. Nous vous les présentons ici dans l’ordre alphabétique.

Butyl hydroxytoluène (BHT) (et butyl hydroxyanisole [BHA])

Fonction : antioxydants utilisés comme conservateurs.
Risques : le BHT est un perturbateur endocrinien potentiel qui peut aussi irriter la peau, les yeux et les poumons. Il est souvent utilisé pour remplacer le BHA, un perturbateur endocrinien classé « peut-être cancérigène » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Le BHA nuirait à la reproduction, selon des études menées sur des animaux. 
Réglementation : aucune restriction. Présent dans les cosmétiques dans une concentration d’au plus 0,1 %, selon Santé Canada. 
Crèmes évaluées : 74 des 502 produits (15 %) contiennent du BHT. Aucun ne renferme de BHA. 

Composés du polyéthylène glycol (PEG) (identifiés par « PEG » ou « cétéareth » suivi d’un chiffre)

Fonctions : nettoyants, épaississants et excipients d’humidité (c’est-à-dire qui aident à conserver l’humidité). 
Risques : en plus d’être jugée polluante, la fabrication des PEG – des composés à base de pétrole difficilement biodégradables – peut générer des résidus de 1,4-dioxane, une substance reconnue comme « peut-être cancérigène » par le CIRC. Certains PEG sont irritants.
Réglementation : aucune restriction sur l’utilisation des PEG.
Crèmes évaluées : 264 des 502 produits (53 %) en renferment.  

Diéthanolamine (DEA) et autres éthanolamines (cocamides et lauramides DEA, DIPA ou MEA, diisopropanolamine [DIPA], éthanolamine, monoéthanolamine [MEA], triéthanolamine [TEA])

Fonctions : équilibrent le pH et épaississent les formules.
Risques : les éthanolamines sont des irritants cutanés, respiratoires et oculaires. Certaines causeraient, à fortes doses, des effets graves sur des organes, comme le foie et les reins, selon des tests menés sur des animaux. Combinés aux nitrites, ces composés peuvent produire des nitrosamines, qui sont des substances chimiques cancérigènes. 
Réglementation : Santé Canada interdit la DEA et la DIPA, mais pas les composés qui en contiennent, comme la cocamide DEA et DIPA ou encore la MEA et la TEA, car ces molécules n’ont pas le même potentiel de formation de nitrosamines que le DEA. L’agence fédérale interdit toutefois la combinaison de ces molécules avec d’autres substances qui génèrent des nitrosamines.
Crèmes évaluées : 103 des 502 produits (21 %) contiennent du triéthanolamine (TEA) ou du DEA-cetyl phosphate. 

Formaldéhyde et substances qui en libèrent (DMDM hydantoïne, diazolidinyl urée (en anglais : urea), imidazolidinyl urée et quaternium-15)

Fonction : conservateurs. 
Risques : ces ingrédients libèrent lentement dans l’air de petites quantités de formaldéhyde, un antimicrobien. À dose élevée, le formaldéhyde serait cancérigène pour l'humain lorsqu'il est inhalé sur une longue période. Santé Canada l’estime sécuritaire en petites concentrations. Chez les personnes sensibles, il peut irriter la peau. 
Réglementation : la concentration de formaldéhyde est limitée à 0,2 % dans les crèmes pour le corps. 
Crèmes évaluées : 104 des 502 produits (21 %) renferment un de ces ingrédients.

Méthylisothiazolinone (MIT ou MI) et méthylchloroisothiazolinone (MCIT ou MCI)

Fonction : conservateurs.
Risque : allergènes puissants. En 2013, l’American Contact Dermatitis Society, une organisation de dermatologues américains, a élu le MIT « allergène de l’année ». 
Réglementation : depuis juin 2018, Santé Canada interdit l’usage de MIT et de MCIT dans les crèmes hydratantes. 
Crèmes évaluées : nous avons trouvé du MIT dans la liste d’ingrédients de la Lotion corporelle Pure & Natural, huile d'argan biologique de NIVEA. Son fabricant, Beiersdorf, nous a affirmé que ce produit ne devrait plus se trouver sur les tablettes depuis 2013 ; c’est pourquoi nous l’avons exclu de notre base de données. 

Parabènes (À longue chaîne : butylparabène, isobutylparabène, isopropylparabène, propylparabène. À courte chaîne : éthylparabène, méthylparabène.)

Fonction : conservateurs.
Risque : les parabènes sont des perturbateurs endocriniens susceptibles d’agir sur le système hormonal. Ceux dits « à longue chaîne », selon leur structure moléculaire, sont considérés comme « à risque élevé » par l’Environmental Working Group (EWG), un groupe américain de défense de l’environnement ; ils font l’objet de restrictions et d’interdictions en Europe, dans plusieurs pays de l’Asie du Sud-Est ainsi qu’au Japon. 
Les parabènes dits « à courte chaîne » sont considérés comme sans danger pour la santé par la Commission européenne et à risque modéré par l’EWG. Par précaution, nous n’avons pas fait de distinction entre les différents parabènes et nous avons classé ces ingrédients parmi ceux qui sont à éviter. 
Santé Canada ne discrimine pas les parabènes et indique sur son site que ces substances ont un effet légèrement semblable à celui des œstrogènes, mais que les données scientifiques ne permettent pas de démontrer qu’elles entraînent des effets chez l’humain.
Réglementation : aucune restriction. Généralement présents dans des concentrations ne dépassant pas 0,5 %, selon Santé Canada. À noter que l’agence fédérale réévalue actuellement leur utilisation dans plusieurs produits, dont les cosmétiques. 
Crèmes évaluées : 132 des 502 produits (26 %) contiennent des parabènes.

Pétrolatum et petroleum distillates

Fonction : emprisonnent l’humidité dans la peau pour l’assouplir.
Risques : peuvent contenir des impuretés, comme des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont certains sont possiblement cancérigènes, selon le CIRC. Selon Santé Canada, la gelée de pétrole employée dans les produits de soins personnels est « hautement raffinée » et « de qualité pharmaceutique ou cosmétique ». Dans l'Union européenne, la gelée de pétrole est autorisée dans les cosmétiques si toutes les étapes du raffinage sont connues. La gelée de pétrole, ou pétrolatum, peut aussi causer des allergies et des irritations cutanées. 
Réglementation : aucune restriction. 
Crèmes évaluées : 281 des 502 produits (56 %) contiennent du pétrolatum.

Phénoxyéthanol

Fonction : conservateur.
Risques : le phénoxyéthanol est jugé toxique pour le sang et le foie par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). L’organisme français recommande la non-utilisation de cette substance dans les produits cosmétiques qui sont utilisés sur les fesses des enfants de moins de 3 ans, et de maintenir le seuil de 1% actuellement permis en Europe dans les autres produits cosmétiques destinés aux jeunes enfants.
Réglementation : aucune restriction.
Crèmes évaluées : 240 des 502 produits (48 %) en renferment.  

Siloxanes et autres silicones (Siloxanes : cyclotétrasiloxane [D4], cyclopentasiloxane [D5], cyclohexasiloxane [D6], polyméthylsilsesquioxane, trisiloxane. Autres silicones : amodiméthicone, caprylyl méthicone, cyclométhicone, diméthicone)

Fonctions : émollients qui servent à assouplir et à adoucir la peau.
Risques : le D4 est classé comme toxique pour la reproduction par la Commission européenne, mais Santé Canada estime qu’il ne présente pas de risque pour la santé humaine, pas plus que le D5 et le D6. L’agence fédérale souligne toutefois que le D4 peut avoir une incidence néfaste sur l’environnement et la diversité biologique, et elle préparerait actuellement des mesures pour contrer ces risques. La cyclométhicone ainsi que le diméthicone sont étiquetés comme « possiblement toxiques » par l’EWG ; qui plus est, ils s’accumulent dans l’environnement. 
Réglementation : aucune restriction. En Europe, le D4 et le D5 ne doivent pas être mis sur le marché dans des produits cosmétiques « à rincer » (shampoing, savon, etc.) dans une concentration égale ou supérieure à 0,1 %, après le 31 janvier 2020.
Crèmes évaluées : 341 des 502 produits (68 %) en renferment.  

Sodium lauryl sulfate (SLS) Sodium laureth sulfate (SLES) Ammonium lauryl sulfate (ALS)

Fonctions : agents nettoyants, moussants et émulsifiants.
Risques : il ne faut pas les confondre, même si leurs noms se ressemblent. Le SLS est un irritant, tout comme son proche parent, l’ALS. Le SLES, lui, est produit en ajoutant de l’oxyde d’éthylène au SLS pour le rendre moins abrasif. Le procédé peut laisser dans le produit des contaminants, dont le 1,4-dioxane, considéré comme « peut-être cancérigène » par le CIRC. 
Réglementation : aucune restriction pour ces trois composés. 
Crèmes évaluées : 2 des 502 produits (moins de 1 %) renferment du SLS.

Ingrédients à éviter absents des crèmes évaluées

Bonne nouvelle : certains ingrédients à éviter sont absents des crèmes évaluées. C’est le cas de l’antibactérien triclosan, un perturbateur endocrinien qui agirait non seulement sur les œstrogènes et sur la fonction thyroïdienne, mais qui est en plus jugé nocif pour l’environnement. Une récente étude américaine menée sur des souris suggère en outre que le triclosan affecterait la santé des intestins. 

Autres absents de notre évaluation : les phtalates, utilisés dans les cosmétiques pour fixer les parfums. Ils agissent également comme perturbateurs endocriniens et affectent les écosystèmes. Ces substances pourraient toutefois se cacher derrière le terme « parfum » ou « fragrance » dans les listes d’ingrédients. Une hypothèse peu probable, selon Yves Lanctôt, chimiste et conseiller en cosmétiques, qui indique que les phtalates sont surtout utilisés dans les vernis à ongles.

Trois ingrédients difficiles à repérer

Les parfums

Bien qu’ils soient susceptibles de provoquer des allergies, des réactions cutanées ou de l’irritation, les parfums ne font pas partie de notre liste d’ingrédients à éviter, en raison de la réglementation qui les rend difficiles à identifier. Le terme « parfum » (ou « fragrance ») peut cacher des dizaines de substances que les fabricants ne sont pas tenus de nommer précisément. Au Canada, le Règlement sur les cosmétiques autorise soit à regrouper sous le vocable « parfum » le mélange complexe utilisé pour parfumer une crème, soit à en énumérer toutes les substances en nommant, par exemple, les extraits de plantes ou les huiles essentielles employés. Ainsi, même si le mot « parfum » n’apparaît pas dans la liste d’ingrédients de 30 % des crèmes hydratantes évaluées, cela ne veut pas dire que ces produits n’en contiennent pas. 

Par ailleurs, notez que les crèmes qui s’affichent « sans parfum » ou « non parfumé  es » peuvent contenir des agents masquants ; ceux-ci doivent être nommés individuellement ou rassemblés sous le vocable « parfum ».

En Europe, la réglementation est plus sévère qu’ici. L'industrie cosmétique a l'obligation de mentionner la présence de certains allergènes dès lors que leur concentration dépasse 0,001 % dans les crèmes. À l'heure actuelle, il s'agit de 26 molécules qui sont présentes dans les substances parfumantes et les plus susceptibles de provoquer des réactions allergiques. 

Sachez que les mentions rassurantes – du type « testé sous contrôle dermatologique », « hypoallergénique » ou autres « peaux sensibles » – ne garantissent pas l’absence d’allergènes. Ce type d’allégations ne fait d’ailleurs l’objet d’aucun encadrement au Canada. 

Les colorants

Les colorants sont aussi difficiles que les parfums à repérer dans les listes d’ingrédients, car ils peuvent prendre plusieurs noms ; le colorant jaune, par exemple, peut se trouver sous les noms « Yellow 5 », « tartrazine » ou encore « CI 19140 ». C’est pourquoi nous ne les avons pas inclus dans nos critères d’évaluation. À noter que les colorants les plus problématiques – comme ceux qui sont dérivés du goudron de houille, devenant alors de puissants allergènes – se trouvent principalement dans les produits capillaires (comme les teintures). Leur usage est restreint et fait l’objet d’un réexamen actuellement au Canada dans le cadre du Plan de gestion des produits chimiques.

Les cires émulsifiées

On les reconnaît par les termes « Emulsifying Wax NF », « cire émulsifiée » ou encore « Glyceryl Stearate SE ». Ces substances, qui donnent aux crèmes une texture lisse et empêchent les ingrédients de se séparer, peuvent être de source végétale ou dérivées du pétrole. Dans ce dernier cas, les risques sont les mêmes que ceux associés aux PEG et au SLES, c’est-à-dire que leur fabrication, en plus d’être polluante, peut générer des résidus de 1,4-dioxane, une substance « peut-être cancérigène » selon le CIRC. Le hic : les fabricants n’ont pas à préciser la source de la cire émulsifiée utilisée dans leurs listes d’ingrédients, rendant celle qui est dérivée du pétrole impossible à identifier. 

Ressources

Innocuité des ingrédients cosmétiques 
Liste critique des ingrédients des cosmétiques

Nomenclature internationale des ingrédients utilisés dans les cosmétiques (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients – INCI) 
Ingrédients utilisés dans les cosmétiques

Répertoire de l’environnemental working group (EWG)

CORRECTION 31/10/2019: Dans sa plus récente évaluation du phénoxyéthanol, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recommande de maintenir le seuil de 1% actuellement permis en Europe dans les produits cosmétiques destinés aux enfants de 3 ans et moins, excluant les produits destinés au siège, et non d'en restreindre la concentration à 0,4%, tel que nous l'indiquions.

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Santé et alimentation

Commentaires 2 Masquer

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  • Par audrey proulx | 17 octobre 2019

    Bonjour,
    Je dois vous avouer que je suis déçue de la part de Protégez-vous du manque de rigueur au niveau de la recherche de cet article. Tout d'abord, l'EWG n'est aucunement une source d'information crédible. Il est hautement critiqué par la communauté de scientifiques qui développent les cosmétiques. Ce site est clairement partisan et il y a des failles méthodologiques importantes sur la façon dont ils évaluent les ingrédients. Ces mêmes failles semblent se retrouver dans votre article d'ailleurs. Je vous invite à lire cet article par the beauty brains: https://thebeautybrains.com/2014/07/estrogen-in-beauty-products-the-beauty-brains-show-episode-39/ Ce sont de réels chimistes qui démystifient l'industrie et les ingrédients cosmétiques. Ils parlent entre autre du Dioxin 1,4 dioxane et des Parabenes en disant, entres autres, très clairement qu'il ne sont pas problématiques. Aussi, ils invitent à la prudence quant au principe de précaution que vous prônez '' Let’s not accidentally make things worse. There are lack of good alternatives (for example, we don’t have any preservatives that works as well as parabens, so getting rid of them may cause other more pressing issues (like contamination leading to infections.) Also, we don’t have good alternatives that have better safety profiles. Don’t want to exchange a potential EDC for a known carcinogenic compound''. Bref, je vous invite à revoir cet article qui, selon moi, ne présente pas des faits, mais des opinions.

  • journalist Par CéLINE MONTPETIT de Protégez-Vous | 22 octobre 2019

    Bonjour Madame Proulx,
    Nous avons travaillé ce dossier avec deux experts chimistes : Normand Voyer, professeur titulaire de chimie à l’Université Laval, et Yves Lanctôt, chimiste et consultant pour l’industrie cosmétique. Nous nous sommes également appuyés sur les plus récentes données scientifiques, les avis d’experts (une professeure en génie chimique, une toxicologue et un dermatologue), les réglementations en vigueur au Canada et dans l’Union européenne ainsi que les publications de grands groupes, dont le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) de France et l’Environmental Working Group (EWG). L’EWG est donc une source parmi les autres.
    Pour former la liste des produits à éviter, nous nous sommes basés sur le principe de précaution voulant qu’en l’absence de certitude scientifique, il soit préférable d’éviter les ingrédients dont les effets soulèvent des doutes pour la santé et l’environnement.