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Quand la mort passe tout près

Article d'un partenaire
de Protégez-Vous

Par Fédération des coopératives funéraires du Québec Partenaire de Protégez-Vous Mise en ligne : 17 Juillet 2015

Photo: François Lafrance

Entrevue avec le psychanalyste Guy Corneau qui est passé près de mourir à deux reprises.

Comment anticipe-t-on la mort quand on a un lymphome cancéreux de grade 4 ?

Tu as l'impression d'avoir les pieds dans le vide. Tu n'as plus rien pour te soutenir. Ce fut tout un travail. Les deux premiers mois, j'étais très combatif. Mais ma force s'est amenuisée avec le temps, et là, je suis devenu très dépressif. Même si je savais qu'être déprimé est un état de la pensée, je n'arrivais pas à le dépasser. Mes amis disaient qu'ils ne me reconnaissaient plus, que je devais réagir. Alors, j'ai participé à un séminaire sur la guérison authentique, j'ai pratiqué intensément la visualisation et la méditation, puis je suis retourné en psychothérapie. Il faut croire que la prescription était bonne, parce qu'après quelques mois de ces pratiques, j'étais de nouveau dans une joie totale.

La souffrance a-t-elle toujours un sens ?

J'ai tendance à dire oui, mais je suis un psy. Je suis payé pour penser ainsi. Comme disait Freud, il est toujours intéressant de chercher un sens à notre souffrance. Parce qu'une souffrance qui n'a pas de sens est intolérable. Les souffrances que l'on rencontre sont une invitation à regarder les obstacles qui empêchent de toucher au bonheur. Elles viennent nous dire que quelque chose ne tourne pas rond. Le premier sens à donner consiste donc à se demander comment rendre sa vie plus légère, comment la transformer. Et c'est là qu'il y a un vrai combat, le combat d'une vie pourrait-on dire. Nos vies ne sont pas ce qu'on pense qu'elles sont. L'important, ce n'est pas toujours de s'accomplir dans une carrière. Peut-être qu'on est juste venus pour aimer, ou pour apporter un peu de bonne humeur aux gens qui nous entourent. Et c'est largement suffisant. C'est ça l'humilité que le côtoiement de l'épreuve nous apporte. Mais c'est la première chose qu'on oublie...

L'urgence motive souvent les bonnes résolutions. Quels sont les pièges à éviter quand la santé revient?

Quand tu as retrouvé l'énergie que tu avais avant, c'est là que ça devient dangereux. Les gens pensent que c'est pendant la maladie qu'il faut combattre. Moi je trouve que c'est après. Après, tu es encore pris avec ton personnage qui veut remonter sur son cheval de bataille et être un héros dans la vie de tout le monde. Il faut se rappeler que plus on est dans l'image et dans la vie extérieure, moins on est présent à notre vie intérieure. Plus on veut être au centre de la vie des autres, moins on est au centre de notre vie. Jung disait que lorsqu'un individu touche la deuxième moitié de sa vie et qu'il prend la pente vers la mort, il peut alors développer toute sa richesse intérieure. J'ai encore plein de projets dans la tête, mais pour que tout se déroule bien, je dois rester au service du cœur.

Que diriez-vous aux personnes endeuillées, terrassées par la perte d'un être cher, qui pourrait les aider à mettre un baume sur leurs plaies ?

Tout d'abord, honorez les sacrifices que vous avez faits pour cette personne. Souvent, dans de telles situations, on réalise qu'on est capable de beaucoup de dépassement. Voyez la beauté de l'amour que vous avez offert. Sachez aussi que les cœurs se parlent, avec ou sans mots. Que les esprits se touchent. Peu importe ce qui s'est échangé avant le décès, votre sacrifice a été vu et reconnu par la personne aimée. N'en doutez pas. Le dialogue continue. J'encourage vraiment les gens à poursuivre le dialogue intérieur avec les personnes décédées. L'autre jour, un homme me disait qu'il avait un mouvement irrésistible de parler à sa femme décédée, mais qu'il ne croyait pas à ça. Peu importe que cela existe ou non, faites-vous plaisir ! Ne serait-ce que pour écrire une belle lettre d'adieu. Elle allégera votre cœur.

Lire l’article intégral :
http://www.fcfq.coop/chroniques/guy-corneau-grace-vivre-1155/

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