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Les oubliés de la douleur

Article d'un partenaire de Protégez-Vous

Par Fédération des coopératives funéraires du Québec Partenaire de Protégez-Vous Mise en ligne : 13 Février 2017 FCFQ

FCFQ

Cela peut tout aussi bien être des frères et des sœurs que des grands-parents ou des copains d'école. Propos de Marie Fugain.

Le deuil d’une sœur

Il y a toute une catégorie de gens à qui on ne demande pas comment ils vont à la suite d'un deuil. Cette hiérarchie de la douleur est insupportable dans notre société. Déjà, à la base, quand on perd une sœur, forcément on a moins mal que les parents. Personne ne souhaite vivre la mort d'un enfant et je ne veux même pas imaginer.

N'empêche que, pour moi, perdre ma sœur voulait dire perdre ma complice. Elle aurait dû faire irruption mille et une fois chez moi, comme elle le faisait quand elle était là. Le fait que ma douleur n'ait pas été prise en compte signifiait un refus d'admettre que le manque de ma sœur puisse me faire mal.

Seule dans la douleur

J'ai rapidement compris que ma douleur, je la vivrais seule. Que si je l'exprimais, personne ne la recevrait. Parce que j'étais l'aînée, je devais être là pour mes parents, ainsi que pour mon jeune frère qui n'avait que 9 ans. J'avais un rôle à tenir, même si je ne le voulais pas. Je n'avais pas le choix. Quand on vient vous demander toute la journée « comment vont tes parents ? » et qu'on ne vous demande jamais comment vous tenez le coup, il y a une part de vous-mêmes qui se dit « voilà mon rôle d'aînée ».

C'est en écrivant que je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup de choses qui n'étaient jamais sorties. Par moment, c'était très douloureux à revivre. Mais au fur et à mesure que les mots sortaient, je sentais que je m'allégeais.

Revenir de loin

Mon tempérament optimiste m'a fait dire tout au long de ces années que j'allais y arriver. La vie nous fait des croche-pieds, mais il y a forcément une raison; une raison pour laquelle Laurette n'est plus là, un truc que j'ai à comprendre. Avec le temps, on accepte, on ne se bat plus contre des moulins à vent. La douleur est devenue ma meilleure ennemie. Elle marche à mes côtés, mais je la tiens en respect. Par moment, elle a un peu le dessus sur moi quand le manque est trop lourd. Alors, je la repousse et lui dis : « Ce n'est pas ta place, ta place est à côté. » C'est ainsi, au fur et à mesure, que ma lumière est revenue.

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