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L’aidant naturel et le deuil

Article d'un partenaire de Protégez-Vous

Par Fédération des coopératives funéraires du Québec Partenaire de Protégez-Vous Mise en ligne : 08 Novembre 2016 François Lafrance

François Lafrance

Il faut prendre soin des aidants naturels si on ne veut pas qu’ils meurent avant ceux qu’ils accompagnent. Propos de Chloé Sainte-Marie.

Au Québec, un adulte sur sept est aidant naturel, et en majorité ce sont des femmes. Chloé Sainte-Marie était de celles-là. Un aidant sur trois a des problèmes de santé physique, et la santé mentale ne se porte guère mieux. Encore là, elle était du nombre. Très souvent, l'aidant meurt avant l'aidé. Pour Chloé, ce fut une lutte quotidienne qu'elle a failli perdre. Car pendant 17 longues années, elle était de tous les combats... pour son Gilles.

Qu'est-ce qui vous a permis de tenir le coup si longtemps?

La poésie et la chanson. Sans ça, j'aurais peut-être abandonné. C'était mon exutoire. C'est là que j'allais chercher mon souffle et mon énergie. Il fallait que je chante. Gilles venait à tous mes spectacles quand il le pouvait. C'était extraordinaire de l'avoir présent dans la salle. Les gens lui faisaient des ovations...

La vie a fait en sorte que j'ai pris soin d'une sorte d'emblème. J'avais un malade célèbre qui était connu partout dans le monde. Par le fait même, j'étais scrutée dans mon accompagnement. Tous les médias étaient tournés vers moi. Qu'est-ce qu'elle va faire? Va-t-elle l'abandonner maintenant qu'il est malade, alors qu'il lui a tout donné? J'avais donc, en plus, le poids de la critique et du regard collectif. Gilles avait mis au monde tellement de gens dans le milieu du cinéma!

Certains disent que le deuil est plus difficile à faire quand le décès est subit que lorsqu'il fait suite à une longue maladie. Qu'en pensez-vous?

Je pense qu'on ne peut pas faire une équation comme celle-là. On parle du deuil, mais en fait, ce n'est pas un deuil, mais des milliers de petits deuils. Quand la mort est subite, tous ces petits deuils arrivent en même temps. Sur le long terme, on voit la personne mourir chaque jour un peu plus. Personnellement, je peux vous dire que c'est très dur. Car quand on voit l'autre mourir petit à petit, il y a quelque chose en nous qui meurt aussi.

Gilles Carle est mort en 2009, cela fait maintenant sept ans. Comment se refait-on une vie après?

On ne se refait pas une vie, on la continue. Gilles est encore là, il est partout. Il m'habite, je ne peux pas vivre sans lui. Je lui demande de m'aider, je l'engueule quand ça va mal. Je lui parle tous les jours. Son corps est parti, mais son âme demeure.

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