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Et si perdre la tête rapprochait les cœurs…

Article d'un partenaire
de Protégez-Vous

Par Fédération des coopératives funéraires du Québec Partenaire de Protégez-Vous Mise en ligne : 12 décembre 2018 Pixabay

Pixabay

Le témoignage d’une proche aidante.

Je suis une proche aidante. Durant sept ans, j’ai accompagné ma mère qui souffrait de la maladie à corps de Lewy dont les troubles cognitifs s’apparentent à l’Alzheimer. Un an après son diagnostic, on a dû la placer en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Le cerveau de ma mère devient comme un fromage gruyère; les connexions neurologiques ne se font plus. Elle n’a plus la capacité de raisonner ni celle de se souvenir, mais elle ne perd pas tout de sa personne. Son être profond restera intact jusqu’à son dernier souffle et j’aurai de plus en plus accès à son monde affectif. En prenant conscience de cette réalité, je me suis sentie apaisée et, dès lors, j’ai modifié mon attitude, mes perceptions et ma manière d’agir avec elle. J’ai d’abord mis fin à toute forme d’attente envers maman, donc je n’ai jamais été déçue. J’ai accepté ce qui est, sans vouloir rien changer. Je me suis épargnée la déception et la peine qui nourrissent l’abattement.

Des outils pratiques pour soutenir l’aidé et l’aidant

  • Pour établir le contact avec ma mère, je lui parlais lentement, avec des phrases courtes, en étant devant elle, à son niveau. Le ton chaleureux de ma voix, la tendresse de mon toucher et mon regard bienveillant étaient beaucoup plus importants que le contenu du propos. Cette attitude de compassion la rassurait et elle pouvait encore se sentir prise en considération et aimée.
  • J’ai installé de grandes photos de sa famille au mur, à la hauteur de ses yeux. Le personnel soignant pouvait s’en servir pour échanger avec elle sur son histoire de vie.
  • Mes deux petites-filles visitaient leur aïeule. Maman devenait rayonnante à la vue de ces visiteuses qui avaient le même mode d’expression qu’elle, basé sur l’affectif!
  • Le contenu à la télé l’angoissait souvent. Je l’ai remplacé par des petites vidéos de ses arrière-petites-filles. Elle prenait plaisir à les regarder et elle pensait que les enfants étaient à ses côtés.
  • Main dans la main, nous avons souvent écouté de la musique qu’elle aimait. C’était de bons moments de proximité. L’humour pouvait désamorcer certaines angoisses.
  • J’ai apprivoisé et écouté le silence : ainsi, c’était plus facile d’entendre parler mon cœur et celui de ma mère.

Les bienfaits de maintenir un lien jusqu’à la fin

La personne qui souffre de troubles cognitifs perd ses acquis mais son instinct reste intact. Son besoin de maintenir un lien par la communication restera jusqu’à sa mort. L’aidant comme l’aidé devront faire preuve d’adaptation pour répondre à ce besoin vital. L’effort en vaut la chandelle parce que nous gagnons la proximité de deux humains mis à nu. Ces rencontres d’âme à âme sont des moments de pur bonheur. Je sortais du CHSLD souvent plus énergisée qu’avant d’y entrer.

L’amour est le lien qui perdure au-delà des mots. Les ressentis sont la mémoire de l’âme. Je suis convaincue que ma mère pouvait percevoir mon amour et ma proximité de cœur, même si elle était incapable de me manifester un signe de contentement.

Voir l’article complet sur le site de la FCFQ

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