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D’écoute et de mots

Article d'un partenaire de Protégez-Vous

Par Fédération des coopératives funéraires du Québec Partenaire de Protégez-Vous Mise en ligne : 25 Janvier 2021 François Lafrance, pour la FCFQ

FCFQ_Goudreault François Lafrance, pour la FCFQ

Au-delà des prix qu’il remporte, David Goudreault a un don : il s’intéresse à l’humanité. Nous l’avons rencontré.

David Goudreault a déjà une longue feuille de route en tant que romancier, poète et travailleur social. Ses œuvres fascinent, particulièrement ses écrits. Mais au-delà des prix qu’il remporte, David a un don : il s’intéresse à l’humanité. À cette humanité blessée, celle qu’il est facile d’oublier. Avec douceur et générosité, il sait les mots et les silences. Ceux qui aident à se relever… ceux qui donnent un sens à la souffrance… et ceux qui nous rapprochent de notre propre humanité.

Dans vos écrits, la mort revient souvent. D’où vous vient cette fascination ?

Je ne dirais pas que c’est une fascination dans le sens obsessif ou morbide du terme, mais c’est clair qu’il y a un grand intérêt. J’ai perdu plusieurs amis de façon tragique : suicide, cancer du sein, accident… Il y a aussi mon grand-père, ma grand-mère, ma tante… Donc, j’ai vraiment beaucoup de morts significatifs dans mon entourage et cette réalité me pousse vers la vie. J’ai l’impression que ces personnes ont laissé des choses en moi que leur mort fait grandir. Les gens qu’on fréquente nous influencent, mais les gens qu’on a fréquentés et qui sont décédés nous influencent aussi, différemment, parce qu’on veut garder quelque chose d’eux de façon plus consciente.

Dans un esprit de bienveillance, il arrive que l’entourage demande à la personne endeuillée d’être forte, de tourner la page. Que fait-on dans ces cas-là ?

Quand nous disons à quelqu’un qu’il est fort parce qu’il ne se plaint pas, nous lui laissons entendre que s’il se plaint, il est faible. Le jour où il sera dans une souffrance insoutenable, il n’ira pas chercher d’aide. Dire sa souffrance n’est pas une marque de faiblesse, aller chercher de l’aide n’est pas un manque d’autonomie. Être fort, c’est être en mesure d’aller chercher la bonne aide au bon moment pour que le cheminement de deuil puisse se faire.

L’envie de mourir et de rejoindre l’autre peut traverser l’esprit d’un endeuillé. À partir de quand faut-il s’inquiéter ?

Avoir envie de mourir peut traverser l’esprit de pratiquement tout le monde. Et quand on est en deuil, c’est encore plus normal. Si l’idée perdure et prend de plus en plus de place, il faut s’inquiéter. Surtout si la personne connaît le moyen, le lieu et le moment pour passer à l’acte. Là, il faut vraiment être en mode ressources professionnelles et services de secours en appelant 866-APPELLE ou le centre de prévention du suicide de sa région.

Vous dites qu’écouter est un verbe d’action. Mais encore faut-il savoir bien écouter. Avez-vous des trucs ?

Je ne veux surtout pas donner de leçon ou donner l’impression que je maîtrise cet art. J’ai moi-même de la difficulté à être à l’écoute de mes proches. Je pense que le plus difficile pour écouter, c’est de ne pas tomber dans le piège de la recherche de solutions. Écouter, c’est d’abord un geste de retenue. Se retenir d’intervenir. C’est un verbe d’action, mais c’est aussi un verbe d’accompagnement. On peut écouter en silence, reformuler à l’occasion pour être sûr d’avoir bien compris, mais il faut surtout éviter de prendre le contrôle de la situation. Si la personne nous fait assez confiance pour nous confier sa détresse, il faut lui faire assez confiance pour l’accompagner jusqu’où elle veut aller. Dans le deuil, le fait de s’exprimer puis d’être accueilli est parfois l’essentiel de la solution.

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