Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Ces deuils qui transforment

Article d'un partenaire de Protégez-Vous

Par Fédération des coopératives funéraires du Québec Partenaire de Protégez-Vous Mise en ligne : 24 Février 2014

Marie-Claude Savard

Enfant unique, Marie-Claude Savard se retrouve sans père ni mère à 39 ans. Plutôt que de se laisser aller à l'amertume devant le vide familial créé par leur départ, elle préfère se mettre à l'œuvre pour redéfinir sa vie.

En peu de temps vous avez perdu votre père et votre mère. Dans quelles circonstances sont-ils décédés?
Mon père est décédé en août 2008, il souffrait d'emphysème depuis quelques années mais les symptômes venaient à peine d'apparaître. Il a été hospitalisé brièvement en juillet pour insuffisance pulmonaire. Un mois plus tard, je suis allée chez lui pour déjeuner et je l'ai trouvé mort dans son lit. Je dois dire que ce fut un choc, parce que mon père n'avait que 60 ans, et le personnel médical lui donnait encore 5 à 10 ans de qualité de vie. Alors je m'attendais à l'avoir encore pour un bon bout de temps. Deux jours après son décès, ma mère est allée à la clinique pour une toux. C'est une femme qui courait les marathons et qui était en pleine forme. Ils ont diagnostiqué un cancer du poumon en phase terminale, elle qui n'avait jamais fumé. On lui donnait trois mois. À l'âge de 37 ans, je me voyais perdre mes deux parents coup sur coup... Finalement, ma mère est décédée un an et huit mois après la mort de mon père.

Comment vit-on le décès de ses parents quand on est enfant unique?
Quand tu es enfant unique, ta vie tourne autour de tes parents la plupart du temps. Dans mon cas, j'étais vraiment la seule qui pouvait les appeler ou aller les voir. Mes grands-parents étaient décédés, mon père était fils unique et ma mère avait deux frères avec qui elle n'entretenait aucun lien. Par conséquent, j'étais la seule à vivre leur mort avec autant d'intensité. Cependant, même si j'ai eu beaucoup de chagrin et de colère, je ne suis pas sortie de là aigrie. Quand mes parents sont morts, oui j'ai perdu mes repères, mais depuis, j'en ai trouvé d'autres qui sont beaucoup plus ancrés en moi. C'est ce qui fait que je me sens plus solide aujourd'hui.

À présent, que reste-t-il de vos parents dans votre vie?
Après leur décès, j'ai mis ensemble l'album photo de mon père et celui de ma mère pour créer une sorte d'archive. Lorsque je regarde tout ça à la lueur de ce que j'ai appris, je comprends mieux qui ils étaient. Quand les gens meurent, tu découvres leur univers personnel. Tu rencontres leurs amis aux funérailles et, à travers leurs témoignages, tu réalises qu'ils parlent de quelqu'un que tu ne connais pas. C'est comme si tu découvrais une nouvelle personne. Tu perds une mère, mais tu découvres la femme qu'elle était pour d'autres, les gens qu'elle a aidés. Quand mon père est décédé, je n'avais jamais réalisé auparavant qu'il était amoureux de la technologie. Jamais mon père ne me parlait de ça, alors je lui achetais des cannes à pêche pour sa fête. Avoir su, je lui aurais acheté un clavier sans fil. Je ne connaissais pas cet univers de lui. Je me dis que si à travers la mort on peut découvrir l'envergure des gens, rien ne nous empêche de le faire de leur vivant. Derrière les petites choses qui dérangent et qui limitent nos relations, il y a des richesses qu'on ne soupçonne pas.

Lire l’article intégral