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Intelligence artificielle : sera-t-elle votre collègue ou votre amie?

Par Alain McKenna
TZIDO SUN/Shutterstock.com

Il semble qu’on va trouver de tout grâce à l’intelligence artificielle… même un(e) ami(e) !

Les dialogueurs comme ChatGPT et ses variants font beaucoup parler d’eux. Leur potentiel est évident : ils vont transformer une foule de tâches quotidiennes. Déjà, certaines personnes ont recours à ces formes d’intelligence artificielle (IA) au bureau, à la maison… et même dans leurs relations de couple !

Évidemment, pour que ces outils d’intelligence artificielle (IA) changent réellement nos vies, encore faut-il qu’ils fassent ce qu’ils promettent. Ce n’est pas gagné d’avance.

Faire fonctionner ChatGPT, l’application d’IA probablement la plus commentée, coûte cher. Selon des médias spécialisés américains, son créateur, OpenAI, a perdu 540 millions $ US l’an dernier, alors que les revenus de l’entreprise sur la même période oscillaient autour de 30. Une nette différence !

Mais ChatGPT n’est pas le seul dialogueur disponible sur internet. Il existe des applications web ou mobiles - plus ou moins ludiques - qui lui ressemblent et qui se sont adaptées à d’autres contextes. La preuve en cinq temps.

À lire aussi : ChatGPT : ne lui laissez pas d’informations personnelles

De ChatGPT à ChatGPT Plus

La version de ChatGPT initialement offerte aux testeurs était accessible gratuitement. Elle l’est encore pour tous ceux qui sont prêts à s’inscrire en tant que développeur ou testeur auprès d’OpenAI.

En revanche, si vous souhaitez essayer ChatGPT Plus, la version plus récente lancée au début du printemps, vous devrez allonger 20 $ US par mois.

La polyvalence de ChatGPT Plus est littéralement décuplée. Ça ne rend pas cette AI omnisciente pour autant. Car, peu importe sa version, ChatGPT a des limites : celles-ci viennent du fait que la banque de données d’où cette IA tire son information est elle-même limitée.

L’horoscope, mais pas la météo

ChatGPT peut vous dire qui est Napoléon Bonaparte. Ou Mario Lemieux, comme le ferait un super Wikipédia. Ça explique pourquoi les élèves l’adorent et les enseignants le détestent.

Mais ce dialogueur ne peut pas vous dire qui a remporté la plus récente saison de Survivor Québec. Il n’a pas non plus de notion d’actualité. Il ne donne pas la météo ni les résultats sportifs. Et il n’a aucune idée des chances que les Canadiens de Montréal fassent les séries éliminatoires à la fin de la prochaine saison de hockey.

En fait, le dialogueur d’OpenAI ne parvient même pas à résoudre tous les problèmes mathématiques qu’on lui soumet. En revanche, il peut vous dire votre horoscope. Ce qui, on s’entend, n’est pas ce qu’on pourrait qualifier de science exacte (ni même de science tout court…).

Deux facteurs expliquent ses limites. D’abord, ChatGPT n’a pas accès aux données tirées d’internet pour former sa « mémoire ». Ses données les plus récentes datent de septembre 2021. Ensuite, l’IA derrière ChatGPT repose sur des algorithmes qui ne sont pas ceux d’un calculateur, mais ceux d’un modèle de langage. Il va donc donner une réponse probabiliste à une équation mathématique en espérant que c’est « probablement » la bonne réponse.

Quiconque a déjà offert ce qu’il croyait être probablement la bonne réponse à une question dans un examen sait à quel point il prenait « probablement » un risque…

Microsoft Copilot

Microsoft est un des plus grands investisseurs dans OpenAI et ChatGPT. Sans surprise, c’est la même technologie qui sera insérée dans son moteur de recherche Bing et ailleurs dans sa suite bureautique Office (Word, Excel, PowerPoint, Skype…).

Microsoft appelle sa technologie Copilot, qui est déjà accessible pour certains utilisateurs de la version en ligne d’Office 365. Copilot sera offerte à l’ensemble des utilisateurs d’Office 365 et d’Office tout court au cours des prochains mois.

Copilot prend la forme d’une petite fenêtre de dialogue dans laquelle vous pouvez poser des questions relatives au document qui est ouvert devant vous. Dans Excel, vous pouvez, par exemple, demander de filtrer ou de classer des données pêle-mêle, et d’en tirer certaines conclusions.

Vous pourriez ainsi demander de produire un diagramme illustrant les ventes de votre entreprise au fil des ans, selon l'endroit où ces ventes ont eu lieu, puis une projection sur les cinq années suivantes. Tout le calcul sera fait pour vous par Copilot.

Dans Word, Copilot peut rédiger un brouillon d’un document que vous n’aurez qu’à réviser et compléter par la suite. Vous pourriez aussi demander de retoucher un bout de texte qui vous semble trop long, trop court ou pas assez percutant. Il vous serait possible également d’obtenir un résumé en quelques lignes d’un texte beaucoup plus long.

Google Bard

Au cours de l’hiver, Google a mis à l’essai son propre dialogueur en version limitée. Il s’appelle Bard. Début mai, Bard a pris de l’expansion : il est présent dans 180 pays. Il peut comprendre 40 langues et une vingtaine de langages de programmation. Il traduit instantanément du texte et aide à magasiner en ligne en automatisant la comparaison entre produits similaires. Bref, il fait beaucoup de choses.

Bard n’est pas offert au Canada en ce moment. Pas officiellement, en tout cas, car il est possible d’y accéder en utilisant une application VPN pour faire croire aux serveurs de Google que votre ordinateur personnel est situé aux États-Unis.

Quand il sera accessible au pays, des enseignants et des étudiants voudront tester une variante de cette application d’IA ; elle s’appelle Project Tailwind et est proposée en version bêta.

Project Tailwind est essentiellement un outil pour organiser des notes de cours. Vous n’avez qu’à lui confier les documents liés à un sujet précis qui sont stockés dans le service infonuagique Google Drive, et l’IA de Google y mettra de l’ordre. Tailwind peut aussi analyser les notes pour générer un questionnaire – oui, comme un petit examen – ou un programme d’études qui plaira autant aux professeurs désirant rafraîchir leurs plans de cours qu’aux élèves voulant peaufiner leur maîtrise du sujet.

Replika AI

Trop de travail et peu de loisirs rendent à peu près tout le monde morose. C’est pourquoi les gens de Replika ont conçu un dialogueur qui veut devenir votre ami… et plus, si affinités.

Sans blague : l’application mobile Replika AI permet de créer un avatar avec qui vous pourrez ensuite dialoguer à propos de tout et de n’importe quoi, jusqu’à instaurer une certaine intimité que plusieurs n’hésitent pas à comparer à une relation authentique d’amitié et même d’affection.

Replika veut vous faire oublier ChatGPT pour quelques minutes…

Il est important de garder en tête que Replika est avant tout une application ludique et que sa technologie est loin d’être parfaite. En fait, les créateurs de Replika ne cessent de revoir ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas, à mesure que les utilisateurs trouvent des moyens d’interagir avec leur avatar qui n’étaient pas prévus au départ.

Oui, certains utilisateurs sont littéralement tombés en amour avec leur avatar, lequel, apparemment, le leur rend bien. Gare aux âmes esseulées qui pensent trouver l’âme sœur ici : les concepteurs de l’application espèrent vous convaincre d’investir 5 $ US par mois pour bénéficier des fonctions les plus avancées de leur dialogueur. Si Replika joue la séduction, ce n’est pas votre cœur qu’elle vise, mais votre portefeuille…

Disons que Replika est l’équivalent un peu plus interactif du tamagotchi, vous vous rappelez ? Ce petit compagnon électronique qui a connu son heure de gloire au début des années 2000.

À lire aussi : Comment choisir un bon haut-parleur Wi-Fi ou Bluetooth

 

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  • Par Claude Coulombe
    26 Mai 2023

    Excellent article sur un technologie qui fait déjà des vagues et qui va en faire encore plus! Mises en garde pertinentes et panorama de plusieurs fournisseurs pas seulement OpenAI et ChatGPT. Juste un précision, on dit « entraîner » un modèle plutôt que « former » un modèle. Aussi on parle de grand modèle de langues (GML) avec un « s» car un GML est généralement multilingue - Claude COULOMBE - Ph. D. - consultant en IA appliquée