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COVID-19 : les réseaux internet résistent à la forte demande

Par Marie-Eve Shaffer
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Même si leurs réseaux sont très sollicités en raison du confinement lié à la pandémie et que des ralentissements du service sont observés çà et là, les fournisseurs internet assurent qu’ils tiennent le coup.

En raison de la consigne de distanciation physique, beaucoup de travailleurs accomplissent leurs tâches à la maison. Ils participent à des vidéoconférences, clavardent avec leurs collègues et peaufinent des documents sur le serveur du bureau. Les enfants, quant à eux, suivent des tutoriels éducatifs et s’entretiennent avec leurs amis sur une des nombreuses plateformes collaboratives. C’est sans compter le visionnement en rafale de séries télévisées, de films ou de vidéos amusantes, organisé en famille.

Résultat: la consommation d’Internet à la maison a crû considérablement depuis la mi-mars.

Grands fournisseurs

Bell a constaté une hausse de près de 60 % de l’utilisation de son service internet à domicile durant la journée, alors qu’en soirée, la différence est d’environ 20 %. Cela englobe la navigation sur Internet, l’utilisation d’applications en ligne, de même que la diffusion de vidéos en continu (streaming). Tout ce qui touche à la Télé Fibe n’est pas compris, précise Caroline Audet, gestionnaire principale relations avec les médias de Bell. «Notre réseau sans fil performe bien, indique-t-elle. Nous travaillons avec d’autres fournisseurs de services mobiles pour augmenter la capacité interopérateurs.»

L’optimisme est également de mise du côté de Vidéotron. «Nos infrastructures sont en mesure de prendre cette charge et de soutenir les services. Il n’y a pas d’inquiétude», affirme son porte-parole, Merick Séguin.

 

Bande passante très sollicitée

Les clients résidentiels et corporatifs de Vidéotron ont également profité davantage de leur service internet, le trafic sur la bande passante s’étant intensifié de 34 %. Cela comprend l’utilisation de logiciels, d’applications ayant recours au cyberespace, mais aussi d’Hélix, la plateforme technologique de divertissement et de gestion du domicile que Vidéotron a lancée l’été dernier. La vidéo sur demande visionnée sur un terminal Illico n’en fait pas partie puisqu’une connexion coaxiale est nécessaire pour y avoir accès*. Ce service a tout de même été 80 % plus populaire qu’à l’habitude depuis la mi-mars.

Telus a pour sa part rehaussé la capacité de son réseau pour faire face au boom du trafic sur Internet. «Nos techniciens continuent de travailler jour et nuit à la surveillance et au maintien de la capacité pour répondre aux besoins des clients», avise le responsable des relations avec les médias, François Gaboury.

L’utilisation de la bande passante a bondi de 25 % chez les clients de Telus. La télévision en direct, Télé OPTIK, connaît aussi une hausse de visionnements de 15 % et la vidéo sur demande, une augmentation de plus de 30 %.

>> À lire aussi: Internet: 5 trucs pour réduire la pression sur la bande passante

Fournisseurs indépendants

Le fournisseur indépendant Sogetel, qui dispose de ses propres infrastructures en Estrie, Montérégie, Centre-du-Québec, Mauricie et Chaudière-Appalaches, a remarqué un accroissement du trafic sur la bande passante d’environ 20 %.

Son directeur des services internet et commutation, Dominic Germain, croit que le réseau résistera à l’épreuve pandémique. «Nos réseaux sont dimensionnés pour affronter des pointes très élevées», soutient-il.

Hausse de tarifs possible

Du côté de Ebox, qui détient des équipements au Québec et en Ontario, mais qui achète de la bande passante auprès de grands fournisseurs, les installations ont aussi été en mesure de répondre à la demande, qui a subi une hausse de 30 à 50 % depuis la mi-mars. Des ralentissements sont survenus dans certaines régions rurales, mais des correctifs ont été apportés.

«Nos équipements sont capables d’en prendre encore, même en période de pointe, assure Jean-Philippe Beïque, président-directeur général de Ebox. Nous avons augmenté nos liens avec certains de nos fournisseurs à plusieurs reprises.»

Ce qui fait surtout mal à Ebox pendant cette période de fort achalandage, c’est qu’il doit payer des tarifs de gros jugés «ni justes ni raisonnables» par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour acheter de la bande passante aux grands fournisseurs. Ceux-ci facturent selon l’accès à leur réseau demandé par les entreprises indépendantes et le volume de données utilisées par les clients de ces dernières.

Le CRTC avait imposé des réductions importantes des tarifs de gros demandés par les grands fournisseurs en août dernier afin d’accroître la concurrence entre les entreprises de télécommunication et d’offrir de meilleurs prix aux consommateurs. Un appel de cette décision a été présenté par les grands fournisseurs devant la Cour fédérale à l’automne et l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs a été suspendue.

«Il y a un effet financier majeur, mentionne Jean-Philippe Beïque. On ne prévoyait pas que le trafic augmenterait autant qu’en ce moment.»

Le fournisseur indépendant canadien TekSavvy Solutions a récemment majoré ses forfaits mensuels de 5 $, en plus de procéder à la mise à pied de 130 de ses employés, puisqu’il éprouvait des difficultés à payer les tarifs de gros.

Jusqu’à présent, Ebox a été en mesure de maintenir ses prix, malgré la hausse de la consommation d’Internet. «Nous avons été créatifs», remarque Jean-Philippe Béïque, qui espère ne pas devoir réviser sa grille tarifaire d’ici la fin de la crise sanitaire.

AJOUT 14/04/2019: Au début du mois d’avril, la députée conservatrice Michelle Rempel a demandé au ministre de l’Innovation, des Sciences et l’Industrie, Navdeep Bains, d’intervenir auprès du CRTC au sujet des tarifs de gros. Elle a notamment proposé d’imposer les tarifs fixés par ce dernier en août 2019 pendant le restant de la crise de la COVID-19 afin d’aider les petits fournisseurs d’internet.

* Ce passage a été modifié car Vidéotron a ajouté une nuance en lien avec ce qu'ils avaient affirmé à propos de la vidéo sur demande.

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