Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Québec ne remboursera que les médicaments biosimilaires

Par Catherine Crépeau
pharmacien-medicaments-biosimilaires

Le régime public d’assurance médicaments du Québec ne remboursera, sauf exception, que les médicaments biosimilaires à partir d’avril 2022, ce qui permettra de générer des économies annuelles de plus de 100 millions de dollars.

À compter du 12 avril 2022, les patients qui prennent des médicaments biologiques devront passer à la version biosimilaire, moins coûteuse, lorsqu’elle sera disponible s’ils veulent être remboursés par le régime public. En annonçant ce virage vers les biosimilaires, Québec espère économiser 100 millions de dollars qu’il promet de réinvestir dans le système de santé. Il suit ainsi les traces de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et du Nouveau-Brunswick.

Les médicaments biologiques sont fabriqués à partir de cellules vivantes, dont la structure est plus complexe et variée que celle des molécules des médicaments pharmaceutiques chimiques. Ils sont utilisés pour traiter des maladies et des pathologies comme certains cancers, l’anémie, le déficit hormonal ou encore le diabète. Ils regroupent des produits tels que l’insuline, les hormones de croissance et les anticorps.

Comme les génériques qui sont mis en marché après l’expiration du brevet des originaux, les médicaments biosimilaires sont offerts à l’expiration du brevet des médicaments biologiques. Ils contiennent les mêmes ingrédients actifs que la version dite de référence et sont équivalents du point de vue pharmaceutique et thérapeutique. Leur présentation (forme, couleur, goût, etc.) peut cependant différer.

« Il est rare qu’on observe une perte d’efficacité ou des réactions allergiques lorsqu’on remplace un médicament de référence par un biosimilaire », explique le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Bertrand Bolduc. Il se fait rassurant en précisant que le remplacement par un biosimilaire n’est jamais automatique et se fait toujours sous la surveillance du médecin traitant pour prévenir et éviter une altération de l’effet thérapeutique ou des réactions allergiques.

« Par contre, comme ce sont des médicaments qui sont souvent administrés par injection et utilisés en 3e et en 4e ligne, quand les autres options faciles à prendre (NDLR : pilules, liquides, etc.) n’ont pas fonctionné, le patient qui a enfin trouvé la recette pour être bien peut hésiter à changer », ajoute M. Bolduc.

Ainsi, les médicaments biologiques prennent assez peu de place dans l’arsenal thérapeutique. Selon M. Bolduc, ils représentent environ 1 % des médicaments prescrits, mais 30 % des coûts.

Des exceptions?

Les médicaments biologiques continueront d’être remboursés aux personnes inscrites au régime public lorsqu’il n’y aura pas d’équivalent biosimilaire. Le ministre pourrait aussi décider, par précaution, d’exempter certaines personnes de cette nouvelle mesure à la suite des consultations en cours sur l’utilisation optimale des médicaments biosimilaires, nous a indiqué le ministère par courriel. Les modalités entourant la transition seront communiquées aux médecins et aux pharmaciens après ces consultations.

Les patients attachés à leur traitement pourront aussi se le procurer, mais ils devront le payer entièrement puisque les médicaments biologiques de référence ne seront plus inscrits à la Liste des médicaments de la RAMQ.

Ces changements de remboursement ne touchent que les Québécois inscrits au régime public de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Si vous disposez d’un régime privé avec votre employeur, une association ou votre ordre professionnel, informez-vous pour savoir si des changements sont à prévoir.

>> À lire aussi : Prix des médicaments : des écarts spectaculaires et Médicaments sans ordonnance: de nouvelles étiquettes plus faciles à comprendre

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.