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Polio et maladies infantiles: nos enfants sont-ils bien vaccinés?

Par Carole Côté
vaccon-polio Microgen/Shutterstock.com

Le retour de la poliomyélite au Royaume-Uni et dans l’État de New York a réveillé les craintes de nombreux parents qui pensaient cette maladie rayée de la carte. Doit-on s’inquiéter de voir resurgir d’autres maladies infantiles pratiquement éliminées, comme la rougeole? Qu’en est-il de la vaccination de nos enfants?

Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, malgré la pandémie et le discours antivaccin qui sévit dans certains milieux, la vaccination contre les maladies infantiles n’a pas diminué au cours des deux dernières années. La couverture vaccinale des enfants pour tous les vaccins du calendrier régulier, qui inclut notamment trois doses du vaccin contre la poliomyélite et une dose de rappel, ainsi que l’immunisation contre la coqueluche, le tétanos, la rougeole, la varicelle et les oreillons s’est maintenue, a confirmé à Protégez-Vous le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Pas de rattrapage à faire

Au début, on a accumulé du retard parce que beaucoup de ressources avaient été accordées aux soins des malades, et moins à la prévention, selon Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Maintenant, le rattrapage a été fait. Et de 80 à 85 % des enfants, selon leur âge, sont vaccinés. Il y a donc peu de risque d’avoir une éclosion de maladies infantiles.

Expert à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), le Dr Nicholas Brousseau se réjouit de voir la grande proportion d’enfants québécois adéquatement vaccinés.

La grande couverture vaccinale des enfants s’explique par l’efficacité des mesures mises de l’avant pour favoriser la vaccination des tout-petits dès leur naissance, notamment en abordant la vaccination à l’hôpital, selon le Dr Brousseau. Les stratégies mises en place dans les écoles et les CLSC, l’instauration de systèmes de rappel téléphonique de rendez-vous et la grande flexibilité des intervenants auprès des parents qui étaient très hésitants ont aussi contribué à ce que ce soit le plus facile possible de faire vacciner son enfant.

«Il y a toujours eu des parents, dans tous les pays du monde, qui ont eu peur des vaccins», rappelle de son côté Mme Borgès Da Silva. D’où l’importance d’éduquer, d’écouter et d’accompagner les parents qui hésitent à consentir à la vaccination de leurs enfants.

C’est grâce à ces mesures qu’on peut dire que la diphtérie, la poliomyélite, la rubéole, la rubéole congénitale et la rougeole sont des maladies considérées comme éliminées dans la province. Et ce, même si la vaccination n’est pas obligatoire au Québec et au Canada.

L’exemple de la poliomyélite

Selon le Dr Brousseau, «96 % des enfants qui commencent l’école ont reçu quatre doses ou plus de vaccin contre la poliomyélite, ce qui est élevé».

Le Protocole d'immunisation du Québec (PIQ) prévoit des doses à 2 mois, 4 mois et 12 mois, auxquelles s’ajoute une dose de rappel entre 4 et 6 ans. Si les risques sont élevés, un enfant peut aussi recevoir une dose supplémentaire à 6 mois. Aux parents d’enfants plus âgés qui se demandent s’il est trop tard, le ministère répond qu’«il n’est jamais trop tard pour faire vacciner son enfant qui n’aurait pas débuté ou complété sa vaccination de base».

Les personnes de 18 ans et plus n’ont pas à se faire vacciner, «à moins qu’elles soient susceptibles d’être exposées au poliovirus sauvage, par exemple lors d’un voyage dans un pays à risque», a indiqué par courriel un porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Des stratégies de vaccination plus ciblées pourront être mises en place si la situation l’exigeait. Un «appel à la vigilance sera envoyé sous peu aux cliniciens les plus susceptibles d’être en contact avec des cas sévères possibles», précise le courriel reçu.

9 parents sur 10 croient en l’efficacité des vaccins

Selon des données issues de l’Étude sur la couverture vaccinale des enfants québécois âgés de 1 an, 2 ans et 7 ans réalisée en 2019 par l’INSPQ, la majorité des parents estiment qu’il est important de suivre les recommandations officielles en matière de vaccination.

«Comme en 2014 et 2016, 9 parents sur 10 se sentent suffisamment informés sur la vaccination et croient en l’efficacité des vaccins. Ils sont un peu plus de 7 sur 10 à considérer qu’il y a des risques pour l’enfant si les vaccins sont administrés en retard», lit-on dans l’imposant rapport de 217 pages.

Cette étude est la septième à suivre l’évolution vaccinale des tout-petits. L’intérêt est de voir l’évolution des données mesurées, d’examiner les croyances vaccinales des parents et de mesurer l’impact de certains facteurs sociodémographiques sur la couverture vaccinale des enfants. Une autre enquête est en cours.

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