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Maladie de Lyme: les tiques s’établissent

Par Protégez-Vous
Maladie de Lyme: les tiques s’établissent KPixMining/Shutterstock.com

Depuis plusieurs années, les tiques qui transmettent la maladie de Lyme étendent leur territoire dans la province. Et 2025 n’a pas échappé à la règle. La vigilance s’impose donc cet été où que vous soyez dans la province.

En 2025, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a rapporté un total de 859 cas de maladie de Lyme déclarés pour la période du 1er janvier au 1er novembre. Sur les 18 régions que compte la province, 14 ont été touchées.

Comme les années précédentes, l’Estrie s’est classée en tête du peloton avec 385 cas, c’est toutefois moins qu’en 2024 qui en totalisait 406. Ce qui est frappant pour l’année 2025, c’est le bond des cas déclarés à Montréal : de 29 en 2024, on est passé à 156. Ont suivi la Montérégie (128), l’Outaouais (69), la Mauricie et le Centre-du-Québec (36), les Laurentides (28), Laval (23), Lanaudière (13), la Capitale-Nationale (9), le Saguenay–Lac-Saint-Jean (4), Chaudière-Appalaches (4), la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (2), l’Abitibi-Témiscamingue (1) et les Terres-cries-de-la-Baie-James (1).

Les régions plus nordiques, comme le Nord-du-Québec, la Côte-Nord et le Nunavik, font partie des secteurs épargnés pour le moment. Toutefois, il existe un risque possible d’acquisition de la maladie de Lyme dans l’ensemble du Québec en raison de la présence potentielle de tiques transportées par les oiseaux migrateurs, précise l’INSPQ.

Un risque d’exposition accru

Depuis le début de leur recensement par l’INSPQ, en 2014, le nombre de cas de la maladie de Lyme est passé de 125 à 859. Les hivers québécois moins froids qu’auparavant pourraient en partie expliquer cette progression. Celle-ci devrait se poursuivre dans les prochaines années en raison des changements climatiques et environnementaux. Les températures plus clémentes et une saison estivale plus longue favorisent la survie et la propagation des tiques Ixodes scapularis et par conséquent le risque d’exposition de la population.

Notons que chaque année, la grande majorité des cas est acquise au Québec. Par exemple, sur les 859 cas répertoriés en 2025, 765 ont été recensés dans la province, et 65 hors Québec. Devant cette forte progression, vous devez redoubler de vigilance cet été lors de vos randonnées, de vos séjours en camping ou même de vos activités de jardinage.

Miser sur la prévention

Actuellement, il n’y a pas de vaccin disponible contre la maladie de Lyme pour les humains. La prévention est donc votre meilleure alliée, d’autant que les tiques peuvent se retrouver jusque dans votre cour !

Sachez que les tiques privilégient les endroits humides comme les marécages, les forêts, les amas de feuilles ou les herbes hautes. En ville, elles vivent aussi dans les parcs et les boisés. Elles sont plus actives pendant les mois du printemps et de l’été.

Ainsi, que vous vous aventuriez dans les boisés ou que vous tondiez les hautes herbes, il est recommandé de porter des vêtements longs et des souliers fermés, et de glisser le bas de vos pantalons dans vos chaussettes. De plus, porter des vêtements de couleur claire protège des tiques et permet de mieux les voir. Il est également conseillé d’éviter les produits parfumés.

En randonnée, empruntez des sentiers dégagés et utilisez un chasse-moustiques à base de DEET ou d’icaridine sur les parties exposées du corps, à l’exception du visage. Si vous jardinez, n’oubliez pas de porter des gants.

Examinez vos vêtements

Les tiques ne sautent pas, ne volent pas et ne se laissent pas tomber d’une branche, mais elles peuvent s’agripper à vous ou à votre animal de compagnie.

Au retour de votre randonnée, prenez le temps d’examiner vos vêtements, votre corps et votre compagnon à quatre pattes, le cas échéant. Si une tique s’est agrippée à la peau, saisissez sa tête à l’aide d’une pince à épiler et tirez doucement pour la retirer, puis lavez la plaie avec du savon. Le risque de contracter la maladie de Lyme est pratiquement nul si la tique est retirée dans les 24 heures.

Avant que la tique se nourrisse de sang, sa taille peut varier de un à trois millimètres. Elle peut tripler de volume lorsqu’elle est remplie de sang.

Si vous pensez être en présence d’une tique, vous êtes invité à prendre la bestiole en photo et à télécharger celle-ci sur eTick, la plateforme publique d’identification d’images et de suivi des populations de tiques au Canada. Dans un délai d’un jour ouvrable, un expert vous indiquera de quelle espèce il s’agit, quels sont les risques de transmission de maladie et quelle est la marche à suivre.

Surveillez les symptômes !

Ils apparaissent généralement de 3 à 30 jours après la piqure d’une tique infectée. Le plus souvent (dans 60 à 80 % des cas), ils prennent la forme d’une rougeur indolore qui grandit progressivement autour de la piqure pour atteindre cinq centimètres ou plus. De la fièvre, de la fatigue, des maux de tête et des douleurs musculaires peuvent aussi survenir.

Si vous avez été piqué par une tique, il est important de consulter un médecin : une personne non diagnostiquée et non traitée précocement pourrait souffrir de complications cardiaques, neurologiques et articulaires. La maladie est traitée par antibiotique.

Dans les régions où les tiques sont très présentes, une dose d’antibiotique (prophylaxie postexposition, ou PPE) peut être administrée en prévention aux personnes qui ont été piquées, mais qui ne présentent pas de symptômes.

À lire aussi : de nouvelles maladies transmises par les tiques arrivent au Québec

La première version de cet article a été publié en juillet 2024.

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