Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

La télédermatologie promet des consultations et des résultats plus rapides

Par Emmanuelle Mozayan-Verschaeve
teledermatologie fizkes/Shuttersock.com

Fini les attentes interminables pour obtenir un rendez-vous en dermatologie. Le service de télédermatologie prévoit des consultations dans un délai maximal de 14 jours dans tout le Québec et des résultats en moins de 10 jours. Faites suivre… aux omnipraticiens d’abord! Explications.

Qu’on se le dise: notre système médical, avec tous ses intervenants, est parfois comparable à la maison qui rend fou des Douze travaux d’Astérix! Le lancement de la télédermatologie semble bousculer le système en évitant de passer par ses nombreux intermédiaires.

«Pour nous, c’est vraiment un pas de géant. On est extrêmement contents et fiers que ce projet aboutisse finalement, parce que c’est l’outil le plus puissant pour améliorer l’accès aux dermatologues», s’enthousiasme la Dre Dominique Hanna, présidente de l’Association des médecins spécialistes dermatologues du Québec (AMSDQ).

Après dix ans de recherche, dont quatre ans de travaux actifs avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, le déploiement officiel de la télédermatologie a commencé à petite échelle en mars dernier dans trois régions et, comme le résultat a été très probant, le service s’étend depuis le 4 juillet à toute la province.

Comment ça marche?

Vous devez d’abord consulter un omnipraticien (médecin de famille, urgentiste, médecin à la clinique sans rendez-vous) et, s’il juge que vous avez besoin de voir un spécialiste en dermatologie parce que votre problème dépasse ses compétences, il peut vous proposer une consultation en télémédecine. Dans ce cas, après avoir obtenu votre consentement, il transmettra vos renseignements cliniques et de trois à cinq photos qu’il aura prises de la zone malade via la plateforme de télédermatologie.

«Il s’agit d’un outil de transition direct entre deux professionnels. C’est très facile, le médecin peut le faire à partir d’un téléphone intelligent ou d’une tablette. Ça prend quelques minutes, l’envoi est sécurisé et confidentiel, puisque cette plateforme appartient au ministère de la Santé. Le dermatologue reçoit les informations et un rapport complet est envoyé à l’omnipraticien dans un délai de 7 à 14 jours», explique la Dre Hanna.

Vous serez ensuite informé du résultat par votre médecin, qui vous prescrira un traitement en fonction du diagnostic du dermatologue. Si ce dernier juge nécessaire de vous voir pour un examen plus approfondi, un rendez-vous sera fixé à plus ou moins longue échéance, selon la gravité du problème.

Quels sont les avantages?

La télédermatologie représente, selon les spécialistes, un gain de temps pour les patients, qui n’auront plus à attendre d’avoir un rendez-vous avec le dermatologue ni à se déplacer, sauf si leur cas nécessite une visite. Certes, il n’y aura pas plus de dermatologues dans la province, mais ils font le pari qu’ils seront plus disponibles puisqu’ils n’auront pas à rencontrer tous les patients et que l’information sera transmise directement au médecin traitant, sans passer par plusieurs secrétaires.

«C’est vraiment fantastique parce que la dermatologie est tellement visuelle que l’on peut faire un diagnostic sans voir le patient», remarque la Dre Hanna. En outre, elle pense que ce service de télédermatologie simplifiera l’examen de patients âgés ou handicapés qui ont de la difficulté à se déplacer et de ceux qui vivent dans des régions éloignées. «Ils auront accès à la même expertise sans devoir payer de transport. Par ailleurs, le médecin tire un enseignement direct et personnalisé en étant l’unique intermédiaire entre son patient et le spécialiste.»

La présidente de l’AMSDQ note aussi que, le dossier étant centralisé et informatisé, il ne risque pas de tomber entre deux chaises. «Si jamais le médecin ne vous a pas appelé au bout d’environ trois semaines, vous pouvez contacter son secrétariat (ou celui de l’hôpital, le cas échéant) et vous devriez normalement avoir un retour rapide.»

Lors de l’annonce du lancement de ce service le 20 juin dernier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Christian Dubé, a souligné qu’il espérait développer ces services de télésanté à d’autres domaines. «Le lancement de la télédermatologie est une excellente nouvelle; elle permettra d’améliorer l’accès aux services. La dermatologie étant une spécialité dont le diagnostic se base sur une analyse visuelle, elle amène une trajectoire idéale pour accélérer le recours aux soins virtuels. La télésanté permet d’offrir des soins accessibles, sécuritaires et adaptés aux besoins. Nous souhaitons graduellement élargir cette offre, au bénéfice des professionnels du réseau, et ultimement des patients», a-t-il déclaré.

Communiquez l’information!

Un plan de communication est prévu en septembre afin de faire connaître le service de télédermatologie aux Québécois et, bien évidemment, aux omnipraticiens afin qu’ils soient tous inscrits grâce à l’Avis aux omnipraticiens – La télédermatologie: maintenant disponible au niveau provincial. En attendant, si vous avez un problème de peau, de cheveux ou d’ongles et que vous allez consulter un médecin, n’hésitez pas à lui en parler s’il juge nécessaire que vous voyiez un dermatologue.

Pour bien comprendre le processus et découvrir des cas concrets, vous pouvez visionner la courte vidéo suivante Télédermatologie: un accès facilité pour tous les Québécois.

>> À lire aussi: Télésanté: pharmaciens, médecins, dentistes et autres professionnels répondent à vos questions en ligne et Les traitements pour contrôler la perte de cheveux au féminin

 

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

  • Par Marcel Niquet
    29 Juillet 2022

    Elle est bonne! Puisqu’il faut d’abord consulter un généraliste, c’est qui l’intermédiaire que ce concept permet d’éviter?