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DEET ou icaridine? Comment choisir le bon antimoustique

Par Marie-Ève Martel
DEET ou icaridine? Comment choisir le bon antimoustique Anuta23 / Shutterstock.com

Qui dit retour de l’été dit pique-niques, randonnées… et invasion de moustiques, tiques et autres insectes piqueurs. Les tablettes des pharmacies regorgent de chasse-moustiques ; entre le DEET et l’icaridine, lequel convient le mieux à votre situation? Protégez-Vous a posé la question à deux pharmaciennes.

Les insectifuges n’éliminent pas les insectes : ils brouillent plutôt les signaux qui leur permettent de repérer les humains. Les moustiques, par exemple, sont attirés notamment par le dioxyde de carbone que nous expirons et par certaines odeurs corporelles.

Bon à savoir : ces produits répulsifs n’ont aucun effet contre les abeilles ni les guêpes.

Quelle est la différence entre DEET et icaridine?

Le DEET (ou N,N-diéthyl-m-toluamide) est utilisé depuis plusieurs décennies et demeure une valeur sûre. Il présente toutefois quelques inconvénients : il dégage une légère odeur, laisse un film sur la peau et peut endommager certains plastiques et caoutchoucs.

« Les personnes qui portent des lunettes devraient être prudentes ou privilégier l’icaridine », conseille Isabelle Caron, pharmacienne affiliée à Familiprix à Saint-Pamphile, dans la région de Chaudière-Appalaches.

En matière d’efficacité, les deux ingrédients actifs offrent une protection comparable lorsqu’ils sont utilisés à des concentrations adéquates.

« Au Canada, la concentration maximale de DEET est de 30 %, mais il existe des produits à 10 % destinés aux enfants. La plupart des insectifuges à base d’icaridine en contiennent 20 % », explique Isabelle Caron.

Selon Isabelle Berger, pharmacienne chez Jean Coutu à Pont-Rouge, dans la région de Québec, le DEET procurerait toutefois une meilleure protection contre les tiques, ce qui pourrait réduire le risque de contracter la maladie de Lyme.

Fait intéressant, certaines personnes semblent mieux protégées par le DEET, tandis que d’autres obtiennent de meilleurs résultats avec l’icaridine. « Au final, le meilleur produit est celui qui fonctionne le mieux pour vous », résume Isabelle Berger.

Que choisir pour les poupons de six mois et moins?

Les deux pharmaciennes déconseillent l’application d’insectifuge chez les nourrissons de moins de six mois, sauf dans des circonstances particulières, comme un voyage dans une région où les maladies transmises par les insectes représentent un risque important.

« Leur peau est plus mince et absorbe davantage les produits. De plus, leurs systèmes rénal et lymphatique sont encore immatures », explique Isabelle Caron.

La meilleure protection consiste donc à limiter l’exposition : vêtements longs, chaussures fermées, bas remontés sur les pantalons, chandail rentré et moustiquaire sur la poussette, le lit ou le porte-bébé.

À partir de six mois, l’icaridine à 20 % peut être utilisée.

« Si une famille souhaite acheter un seul produit pour tout le monde, c’est celui que je recommande », affirme Isabelle Berger. Elle suggère toutefois d’éviter d’en vaporiser sur les vêtements que les tout-petits risquent de porter à leur bouche.

Et pour les femmes enceintes?

Selon les deux pharmaciennes, aucune étude n’indique qu’il est nocif pour une femme enceinte d’appliquer du chasse-moustiques sur sa peau.

« Par contre, on recommande de bien se nettoyer les mains après l’avoir utilisé, surtout si on tient de jeunes enfants dans nos bras », prévient Isabelle Caron.

En crème ou en aérosol, quel type est le plus efficace?

Les deux pharmaciennes ne sont pas tout à fait du même avis. Pour Isabelle Berger, les deux formats sont équivalents, à condition de les utiliser correctement. « Il ne faut jamais vaporiser le produit à l’intérieur. Il faut aussi éviter de l’inhaler et protéger ses yeux pendant l’application », note-t-elle.

Isabelle Caron préfère quant à elle les lotions ou les crèmes. « Elles permettent généralement une application plus uniforme que les vaporisateurs », fait-elle valoir.

Peu importe le type choisi, il est temps d’en remettre lorsque les moustiques recommencent à vous tourner autour. « C’est un bon indicateur que l’effet protecteur diminue », souligne Isabelle Caron.

Une fois de retour à la maison, il est recommandé de vous laver la peau avec un savon doux afin de limiter l’absorption prolongée du produit.

Dans quel contexte doit-on éviter de porter du chasse-moustiques?

Si vous ou un membre de votre famille souffrez d’eczéma, que vous avez un coup de soleil ou une brûlure sur la peau, il est préférable de ne pas appliquer d’insectifuge, quel qu’il soit.

Les personnes avec une peau sensible peuvent développer des dermatites après avoir appliqué du DEET. Si cela survient, il est recommandé de bien rincer à l’eau savonneuse, puis d’appliquer une crème hydratante non parfumée avec de la cortisone, indique Isabelle Berger. L’icaridine peut s’avérer un choix plus judicieux, indique-t-elle.

Et la crème solaire, dans tout ça?

« Il faut toujours appliquer la crème solaire en premier, un bon 20 minutes avant le chasse-moustiques. Autrement, on diminue environ du tiers l’efficacité de l’écran solaire », note Isabelle Berger.

Elle déconseille l’achat de produits deux-en-un. « On pense économiser du temps avec un produit qui combine les deux, mais la vérité, c’est qu’on a besoin d’appliquer de la crème solaire plus souvent que l’insectifuge, rappelle-t-elle. Il y a un risque de toxicité si on applique trop de chasse-moustique. »

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