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Assurance habitation: votre toiture est-elle couverte à 100 % ?

Par Stéphane Desjardins
Assurance habitation: votre toiture est-elle couverte à 100 % ? bluestork/Shutterstock.com

De plus en plus d’assureurs appliquent une dépréciation aux toitures selon leur âge et leur état. Résultat : en cas de dommages causés par le vent ou la grêle, les propriétaires pourraient devoir assumer une part importante des coûts de réparation ou de remplacement.

Depuis quelques années, les événements climatiques de grande intensité – tempêtes de grêle ou de vent, tornades, etc. – se multiplient, ce qui a fait exploser le coût des réclamations chez les assureurs. Ces derniers se sont aperçus qu’ils finançaient nombre de remises à neuf de toitures souvent très détériorées, parfois en fin de vie.

La situation a changé en 2024, lorsqu’Intact Assurance a modifié ses contrats d’assurance habitation afin de tenir compte de l’âge et de l’état de la toiture. Pratiquement tous ses compétiteurs ont emboîté le pas.

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Un avenant « dépréciation de la toiture »

Les assureurs incluent désormais un avenant (ou ajout) au contrat d’assurance pour la « dépréciation de la toiture » qui tient compte de l’âge et des revêtements, ainsi que de leur durée de vie estimée. Chaque assureur applique ses propres critères d’évaluation et de dépréciation, en fonction de l’état de la maison et de son type de toiture.

Certaines compagnies refusent dorénavant de remplacer une toiture jugée trop vieille en cas de dommages causés par le vent ou la grêle, ou signifient à leurs clients qu’elles vont retirer cette protection lors du renouvellement du contrat.

Chez Desjardins, il n’y a aucune dépréciation pour les toitures de moins de 15 ans. Pour les plus anciennes, le pourcentage varie selon qu’il s’agit de bardeaux d’asphalte, de bois ou de revêtements métalliques.

Une réponse à la hausse des coûts

« Dans un contexte […] d’inflation, de hausse du coût des matériaux et de la main-d’œuvre, de même que l’augmentation des événements météorologiques extrêmes, il y a un impact direct sur les coûts de réparation, de reconstruction et d’assurance habitation », écrit Véronique Breton, porte-parole de Desjardins Assurances.

Intact Assurance, de son côté, applique une dépréciation aux toitures en bardeaux d’asphalte de plus de 10 ans, une période jugée exagérée par le Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ). De fait, les courtiers ont ainsi l’obligation déontologique d’avertir leurs clients à ce sujet lorsqu’ils magasinent un nouveau contrat ou un renouvellement pour leurs clients.

Toujours chez Intact, pour un toit de 15 ans, le propriétaire devra assumer 34 % du coût de la réparation en cas de sinistre. Pour un toit de 20 ans, ce sera 64 %.

La Personnelle couvre les toitures de moins de 15 ans sans dépréciation. Pour celles de 15 ans, une grille a été établie : bardeau d’asphalte (45 %), tôle (acier, cuivre, zinc), tuile d’ardoise, argile, fibre de verre, béton, plastique, bardeau de bois ou de cèdre (30 %), membrane multicouche avec ou sans gravier (40 %). Pour les années subséquentes, l’assureur ajoute une dépréciation annuelle variant de 1 % à 5 % selon le matériau.

Beneva a été l’un des derniers assureurs à appliquer une dépréciation annuelle de 10 % pour les toitures en bardeaux d’asphalte de plus de 15 ans, et de 5 % pour les toitures en tôle de plus de 30 ans.

Remplacer sa toiture ou accepter la dépréciation ?

« Il est important de rappeler qu’un contrat d’assurance n’est pas un contrat d’entretien. Son rôle est d’indemniser les dommages causés par un risque couvert, et non de corriger la détérioration graduelle d’un bien attribuable au vieillissement normal ou à un entretien insuffisant », souligne Mélanie Fontaine, porte-parole du Bureau d’assurance du Canada (BAC).

L’assuré doit donc choisir entre deux options : risquer de payer lui-même sa part du coût des travaux de remplacement (dépréciation et franchise comprises) en cas de sinistre – ce qui peut représenter une somme importante – ou remplacer sa toiture après 15 ans. Il peut alors opter pour des matériaux plus résistants aux changements climatiques, mais plus chers. En contrepartie, certains assureurs, tels que Co-operators, Beneva, Intact, Wawanesa et Desjardins, offrent une aide financière pour l’installation « matériaux résilients », variant entre 1000 et 3000 $.

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