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Attention à la berce du Caucase!

Par Marie-Eve Shaffer
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Si vous aimez faire des randonnées pendant la belle saison, prenez garde à la berce du Caucase. Si la sève de cette plante entre en contact avec votre peau, d’importantes lésions apparaîtront les jours suivants.

Qu’est-ce que la berce du Caucase?

Originaire du Caucase, comme son nom l’indique, cette plante est arrivée au Québec dans les années 1990. Puis elle s’est propagée dans plusieurs régions, notamment le Bas-Saint-Laurent, la Capitale-Nationale, l’Estrie et Chaudière-Appalaches. Les milieux frais et humides, comme le long des cours d’eau et dans les fossés, sont propices à sa croissance, mais aussi les terrains vagues et les prés.

Arrivée à maturité, la berce du Caucase peut s’élever jusqu’à 5 m de hauteur. Ses feuilles, qui peuvent atteindre 1,5 m de largeur, sont accrochées à une large tige sur laquelle apparaissent des taches ou des points rouge vin.

Pendant sa courte vie d’environ cinq ans, la berce du Caucase fleurit une seule fois. Des groupes de fleurs blanches, qui forment des ombelles, éclosent au sommet pendant le mois de juillet. « Elles produisent de 14 000 à 16 000 graines – et parfois jusqu’à 23 000 –, qui sont disséminées grâce au vent et à l’eau au mois d’août et qui engendrent de nouvelles pousses au printemps suivant », explique Claude Lavoie, professeur à l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional de l’Université Laval.

« Un plant tout seul dans un champ, ce n’est pas un gros problème, dit le biologiste. Ça se complique quand les plants sont sur le bord d’un ruisseau ou d’une rivière. L’eau est un vecteur de dissémination très important. Les rivages sont les lieux par excellence pour la croissance de cette espèce ; elle peut y proliférer à qui mieux mieux. »

« Il n’y a pas beaucoup de plantes envahissantes qu’on peut éradiquer, mais celle-là, on est capable si on y met les moyens », ajoute le professeur et auteur du livre 50 plantes envahissantes – Protégez la nature et l’agriculture, paru en 2019.

Si vous repérez des plants de la berce du Caucase, avisez rapidement le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Attention de ne pas la confondre avec la berce laineuse, la berce commune et l’angélique pourpre !

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Berce du Caucase Photo: Claude Lavoie

Quels sont les effets nuisibles de cette plante?

La sève qui coule dans les feuilles, les tiges et les fruits de la plante contient des toxines qui peuvent provoquer de graves lésions cutanées.  

« Le contact de la peau humide avec la sève, suivi par l’exposition à la lumière, entraîne, sur les parties exposées dans les 48 heures, l’apparition de rougeurs puis de [cloques] qui peuvent, dans de rares cas, évoluer vers une brûlure de pleine épaisseur », indique l’Institut national de santé publique du Québec.

Des cicatrices peuvent demeurer visibles pendant plusieurs mois.

Ces cas de photodermatites surviennent généralement au printemps et à l’été. Les personnes qui s’adonnent à la randonnée pédestre ou au jardinage sont souvent atteintes après avoir touché une berce du Caucase. Il est aussi possible d’entrer en contact avec sa sève par l’entremise d’un chien, dont le pelage peut facilement la transporter.

Pendant l’hiver, cette plante n’est pas dangereuse. « Ce ne sont que les tissus vivants qui sont susceptibles de vous brûler », souligne Claude Lavoie.

Que faire après avoir touché une berce du Caucase?

Si vous réalisez que vous avez été en contact avec une berce du Caucase, lavez rapidement votre peau à l’eau savonneuse. Évitez de frotter. Si vous soupçonnez que vos vêtements sont imbibés de sève, mettez-les dans la laveuse et n’ajoutez aucun autre vêtement avant de démarrer le cycle.

Pendant au moins 48 heures, protégez votre peau de la lumière et des rayons UV. Sinon, appliquez généreusement de la crème solaire.

Dans le cas où vos yeux ont été touchés, rincez-les abondamment avec de l’eau et consultez rapidement un médecin. Faites de même si des lésions apparaissent sur votre peau et que vous faites de la fièvre.

Comment éliminer cette plante envahissante?

Pour éradiquer la berce du Caucase, il faut s’y prendre dès le printemps, lorsque la plante se développe. Avant tout, portez des vêtements de protection (combinaison-pantalon, gants, lunettes, etc.) pour éviter que la sève atteigne votre peau.

Les jeunes pousses et leurs racines peuvent être arrachées à l’aide d’une pelle. La tâche est plus complexe pour les plantes matures. Creusez environ 20 cm dans le sol pour enlever le maximum de racines.

Si la berce du Caucase est trop forte, soit vers la fin du mois de juin, coupez au moins les fleurs, ce qui empêchera les graines de se former.

Mettez ensuite les restes de la plante dans un sac de plastique biodégradable, que vous laisserez au soleil pendant une semaine pour faire sécher les tiges et les fleurs. Ne déposez pas les résidus dans un bac de compostage et ne les brûlez pas. Enfouissez plutôt le sac de plastique fermé hermétiquement.

À la fin de votre corvée, couvrez le sol où des berces du Caucase ont poussé à l’aide d’une toile géotextile ou plantez des plantes indigènes de votre région. Prenez le temps aussi de bien laver vos vêtements et vos outils.

L’usage d’un herbicide comme le glyphosate, s’il est autorisé, peut donner de bons résultats au printemps. « Plus tard en saison, la plante devient tellement forte qu'elle a les moyens de résister aux effets toxiques du pesticide », explique Claude Lavoie. Il précise que ces produits ne peuvent cependant pas être utilisés près des cours d’eau.

Des organisations communautaires, comme les organismes de bassins versants de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent, peuvent vous épauler. Des entreprises privées sont aussi spécialisées pour freiner la propagation de plantes envahissantes.

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  • Par DANIEL DUGUAY
    22 Juin 2021

    Il y a aussi le Panet sauvage, une plante indigène que les amérindiens utilisaient comme venin sur des ennemis et qui donne le même problème que la berce du Caucase. La différence est sa couleur jaune!!!