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Les arbres urbains souffrent aussi des changements climatiques

Par Marie-Eve Shaffer
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Les changements climatiques font la vie dure aux arbres qui se trouvent en milieu urbain, à un point tel que certains ont commencé à perdre leurs feuilles dès la fin de l’été.

« C’est une réaction de protection », explique Luc Nadeau, consultant en foresterie urbaine et président de la firme Nadeau Foresterie urbaine. Il explique qu’en raison du manque de pluie pendant l’été, les arbres ont mis un terme au processus d’évapotranspiration, qui consiste à acheminer l’eau enfouie dans le sol vers les feuilles, puis dans l’atmosphère sous forme de vapeur.

Cette année, les précipitations se sont faites rares pendant le mois d’août. Seulement 27,2 millimètres de pluie sont tombés sur la station météorologique d’Environnement Canada, qui se trouve à Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal, alors que la moyenne des dix dernières années s’élevait à 76,01 millimètres.

Des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich et de l’Université de Munich avançaient en 2020 une autre hypothèse dans le magazine Science. Selon eux, cette sénescence – ou dégradation des fonctions des cellules – hâtive est due au fait que les arbres disposent de capacités limitées de photosynthèse. Puisque le printemps arrive plus tôt et qu’il est plus chaud, ce processus commence plus rapidement, ce qui fait que les feuilles tombent prématurément.

Dans tous les cas, cette réaction est saine pour un arbre. « Ce n’est pas un signe qu’il va dépérir », assure M. Nadeau.

Une plus grande vulnérabilité

L’expert ajoute toutefois que l’accumulation des périodes de sécheresse tend à rendre certains arbres plus vulnérables au fil des ans, tant et si bien que certains lâchent prise et meurent. Luc Nadeau dit avoir remarqué que plusieurs sapins baumiers et peupliers deltoïdes sont tombés au combat cette année.

« On a un taux de perte plus élevé. Ce n’est pas énorme, mais nous, comme professionnels, nous nous en rendons compte », dit le président de Nadeau Foresterie urbaine.

Le processus de dépérissement n’est cependant pas dû à un seul facteur. Dans son rapport intitulé Les principaux risques des changements climatiques pour le Canada, publié en 2019, le Conseil des académies canadiennes constate une augmentation de la mortalité des arbres en raison « de la hausse des évènements perturbateurs des forêts, comme l’infestation d’insectes, la sécheresse et les incendies ».

« Si le manque d’eau, combiné à la pollution urbaine, au sol compacté ou à une faiblesse génétique, épuise un arbre, il ne sera pas en mesure de combattre un insecte prédateur ou une maladie », ajoute Luc Nadeau.

L’agrile du frêne représente toutefois une exception puisque cet insecte exotique peut à lui seul tuer un arbre en quelques années en creusant des galeries sous l’écorce. Et ce parasite, qui a fait des milliards de victimes en Amérique du Nord d’après le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, n’a aucun prédateur, ce qui lui permet de faire des ravages sans s’inquiéter de sa survie.

Des signes annonciateurs

Parmi les signes qui annoncent qu’un arbre perd de ses forces en raison d’une maladie ou d’un insecte, il y a l’apparition de taches sur les feuilles, la présence de champignons sur ses branches, la marque de blessures sur l’écorce ou l’absence de verdure à la cime. Mieux vaut consulter un arboriculteur ou un expert en foresterie urbaine pour en avoir le cœur net parce que les premières manifestations d’apathie ont lieu généralement quelques années après un évènement perturbateur.

« Lorsqu’il y a une année plus difficile, l’arbre utilise ses réserves. Quand elles sont épuisées, il commence à y avoir des signes de dépérissement », rapporte Luc Nadeau. Il donne l’exemple d’un arbre dont une partie des racines ont été détruites pendant des travaux de construction. « De façon générale, il réagira dans les trois à cinq années qui suivent », souligne-t-il.

Protéger les arbres

Pour assurer la survie des arbres sur votre terrain, Luc Nadeau recommande de bien irriguer le sol, dans le respect de la réglementation municipale. « Ne serait-ce qu’une heure d’arrosage une fois par semaine, ça fait toute une différence », assure-t-il.

Des mesures doivent aussi être prises pendant un chantier de construction ou des travaux de terrassement pour éviter d’endommager l’arbre et de couper ses racines.

La fertilisation donnera peu de résultats puisque les arbres se nourrissent des engrais épandus sur la pelouse ou les arbustes à proximité. Espace pour la vie suggère cependant d’y recourir si la végétation qui se trouve sur votre terrain est affaiblie par des phénomènes météorologiques, des insectes, ou même une maladie.

Et si par malheur un arbre rend l’âme et doit être abattu, il est préférable de privilégier des essences indigènes pour le remplacer. Demandez conseil à un arboriculteur ou un pépiniériste pour en trouver une qui convient à votre région.

>> À lire aussi : Ce qu’il faut savoir sur l’élagage des arbres

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