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Doit-on s’inquiéter de l’invasion de chenilles spongieuses?

Par Vincent Aubé
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L’invasion de chenilles spongieuses qui frappe le Québec inquiète, alors que les conditions météorologiques leur ont permis de se multiplier à un niveau élevé. Ces bestioles représentent-elles une menace ?

Vous avez peut-être déjà aperçu ces petites bêtes poilues avec des points bleus et rouges le long du corps. Les chenilles spongieuses, malgré leur apparence inoffensive, peuvent créer des dommages très importants à plusieurs espèces d’arbres au Québec. Or, en 2021, les températures sèches du printemps et du début de l’été ont fait en sorte que cette espèce d’insectes est plus nombreuse qu’en temps normal. L’hiver doux pourrait aussi avoir favorisé les chenilles. Y a-t-il lieu de s’inquiéter ?

Le contexte

Selon Anthony Daniel, conseiller en planification au Service des grands parcs, du Mont-Royal et des sports de la Ville de Montréal, il n’y a pas lieu de s’inquiéter tant et aussi longtemps que ces conditions météo ne se reproduisent pas d’année en année. « Il faut comprendre que la chenille ne détruit pas les arbres. La défoliation, c’est connu comme étant moins esthétique, mais c’est inoffensif, sauf si ça se répète plusieurs années de suite; là, ça peut affecter les arbres et éventuellement les tuer. »

Le spécialiste affilié à l’Insectarium de Montréal n’a pas voulu nommer de régions spécifiques au Québec, mais le sud de la Belle Province a certes connu des températures plus chaudes, qui sont probablement en cause. En revanche, il a précisé que la Ville de Montréal allait bientôt faire un relevé sur le terrain pour documenter l’invasion de cette année, notamment le parc du Mont-Royal.

Peut-on protéger les arbres ?

La chenille s’attaque à plus de 500 espèces et variétés d’arbres différentes, mais elle a ses préférés : le chêne rouge, le chêne blanc, le bouleau et le peuplier. « Elle peut se retrouver non seulement dans les arbres feuillus, mais aussi dans les conifères. Dans la forêt boréale, par exemple, on voit des mélèzes complètement défoliés – si on peut le dire ainsi parce que les conifères ont des aiguilles, et non des feuilles », a confirmé M. Daniel.

Le conseiller en planification de la Ville de Montréal s’est tout de même montré rassurant pour les quartiers urbains où la chenille spongieuse est présente. Selon lui, les dommages sont plus importants dans les grands parcs ou les espaces forestiers à forte concentration d’arbres. En ville, le citoyen va se rendre compte assez rapidement des effets de la chenille et pourra s’attaquer au problème.

Une invasion passagère ?

Généralement, la chenille cesse de s’alimenter à la mi-juillet, alors qu’elle atteint son stade nymphal. Elle s’enferme ensuite dans son cocon, pour finalement se transformer en papillon. L’invasion des chenilles est donc sur le point de se terminer.

Est-ce dangereux pour les enfants ?

« Ce n’est pas systématique, mais certaines personnes peuvent être allergiques aux poils. Il est conseillé de ne pas les manipuler directement avec les mains, mais d’utiliser plutôt des gants en latex », a précisé le spécialiste des insectes.

Comment fait-on pour s’en débarrasser ?

Premièrement, il faut préciser qu’il est trop tard en ce moment pour procéder à une quelconque contre-attaque, car les chenilles ont déjà fait leurs ravages.

Il est possible d’arroser les arbres à l’aide du BTK (Bacillus thuringiensis kustaki) – un insecticide biologique développé dans les années 1970 par un chercheur québécois –, qui a comme propriété de s’attaquer uniquement à la chenille, sans affecter les autres insectes, les oiseaux et les mammifères. Mais cette méthode est coûteuse, même pour un seul arbre.

Il existe d’autres méthodes plus abordables, comme celle d’installer une barrière de ruban gommé – le fameux « duct tape » gris utilisé à toutes les sauces à la maison – à la base du tronc de l’arbre, face gommée sur le tronc, à la nuit tombante. Les chenilles ont tendance à descendre à la base de l’arbre durant la journée pour éviter la chaleur et à remonter le soir pour poursuivre leur festin. En remontant les chenilles tomberont dans le piège et resteront emprisonnées sous le ruban.

Une autre option consiste à attacher une toile de jute à l’aide d’une ficelle autour du tronc et à replier la partie supérieure de la toile vers le bas. En soirée, il faut retirer la toile et laisser tomber les chenilles dans un seau d’eau savonneuse. Le cas échéant, les insectes doivent être manipulés avec des gants de latex.

Photo : Insectarium de Montréal (Maxim Larrivée)

>> À lire aussi : Comment se débarrasser des insectes et des petits animaux ?

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