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Acheter près d’une autoroute: un pensez-y-bien

Acheter pres autoroute pensez-y-bien

La maison que vous convoitez est parfaite… sauf qu’elle est située à 100 mètres d’une autoroute. Y a-t-il des risques pour votre santé?

Les gens qui vivent près d’une autoroute achalandée courent plus de risques de souffrir d’asthme, de bronchite chronique, de maladies cardiovasculaires ou d’un cancer du sein.

La raison? «Les habitants des maisons situées à moins de 200 mètres d’une autoroute achalandée sont exposés à un plus haut niveau de polluants atmosphériques», affirme la Dre Mélissa Généreux, médecin-conseil au Service de la protection de la santé publique de l’Estrie et professeure à l’Université de Sherbrooke. Les personnes âgées, les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables aux conséquences néfastes de ces polluants.

Le cocktail toxique émis par les véhicules comprend des oxydes d’azote, des composés organiques volatils, ainsi que des monoxydes et dioxydes de carbone. Les murs antibruit ne peuvent rien contre ces polluants puisque ceux-ci passent aisément par-dessus. «Le bruit circule de façon linéaire, alors que les contaminants sont plus diffus dans l’air», explique la Dre Généreux.

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Enfants à risque

Les enfants sont vulnérables devant la pollution, et cela commence avant même la naissance. En effet, les femmes de l’île de Montréal qui habitent dans les 200 premiers mètres aux abords d’une autoroute courent un risque 14 % plus élevé que les autres femmes d’accoucher d’un enfant prématuré, et un risque 17 % plus élevé d’accoucher d’un bébé de petit poids, a démontré une étude de la Dre Généreux publiée en 2008 dans le Journal of Epidemiology and Community Health.

Quant aux femmes qui vivent dans les 50 premiers mètres, les risques sont encore plus grands. L’étude était la première du genre réalisée dans la métropole québécoise, mais l’exercice a été effectué ailleurs en Amérique, avec des résultats semblables.
Puisque les enfants sont petits et que leur rythme respiratoire est plus rapide que celui des adultes, la dose de polluants qu’ils respirent par rapport à leur surface corporelle est plus élevée.

«Les enfants qui souffrent d’asthme sont particulièrement vulnérables aux polluants», prévient le Dr Louis Drouin, responsable du secteur Environnement urbain et santé de la Direction de santé publique de Montréal. Plusieurs enfants asthmatiques habitant à l’intérieur de ces fameux 200 mètres ont des crises plus graves, plus fréquentes et prennent davantage de médicaments que les autres enfants de leur âge.

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Utilisation de filtres à air

Le Dr Drouin reconnaît que l’utilisation à la maison de filtres à air de type HEPA (filtres à très haute efficacité) peut avoir un impact positif pour les individus en bonne santé habitant près d’une route passante.

Toutefois, son opinion est sans équivoque: «Ce que l’on recommande, à la Direction de la santé publique de Montréal, c’est de ne pas construire des bâtiments susceptibles d’abriter des enfants, des personnes âgées ou des personnes malades dans un rayon de 200 mètres autour d’une autoroute.»
Pollution sonore

Sur la majorité des autoroutes, les voitures continuent d’affluer, même la nuit. «Les études démontrent globalement qu’il y a un lien entre le bruit, l’hypertension et la perturbation du sommeil», explique le Dr Drouin.
Conseiller municipal à la Ville de Pointe-Claire, Paul Bissonnette habite près de l’autoroute 20, dans l’ouest de l’île de Montréal. Selon lui, le bruit est si constant dans sa cour arrière qu’il n’y pose jamais le pied.
L’ancien directeur-gérant des Nordiques, Maurice Filion, demeure près de l’autoroute Laurentienne dans l’arrondissement de Charlesbourg, à Québec. «On a une piscine et on reçoit des gens, mais lorsqu’on se parle, il faut crier. C’est désagréable. On est en juillet, et je n’ai pas encore mangé dehors cette année», déplore-t-il. Sans parler de la poussière qui tombe dans la nourriture. De guerre lasse, les citoyens de son secteur ont décidé en 2009 d’intenter un recours collectif contre le ministère des Transports du Québec (MTQ). 

Promesses électorales

Un mur antibruit, Maurice Filion se l’est fait promettre à quelques reprises depuis 1985 par les différentes administrations qui se sont succédé à la Ville de Charlesbourg, et à Québec après la fusion des deux villes. En juin 2012, le MTQ a finalement annoncé la mise en place d’un mur végétal à cet endroit. Mais les citoyens du quartier ne prennent pas de chance, souligne Maurice Filion: «Pour l’instant, nous ne retirons pas notre recours collectif.»
Le 31 juillet dernier, Québec a annoncé la mise sur pied d’une nouvelle politique sur la qualité de l’air, de même que la venue cet automne d’une vaste consultation sur le sujet. Le lendemain de cette annonce, le gouvernement libéral déclenchait les élections.

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  • Par Christian Tadji
    28 Novembre 2012

    Merci de nous rappeler le gros bon sens. Quand il faut dormir avec des bouchons dans les oreilles pour trouver le sommeil, c'est rendu bien trop bruyant. AUCUN bâtiment destiné à l'habitation ne devrait être construit à moins de 200m d'une autoroute, pas juste ceux pour les vieux, les enfants et les malades.

    Hélas, le développement anarchique des axes routiers (par ex. la tranchée Décarie, qui a fait perdre beaucoup de valeur à des maisons patrimoniales situées tout le long d'elle) est autant à blâmer que l'entêtement des promoteurs avides de profits rapides sur le dos de gens ignorants. Aucun terrain ne devrait être zoné résidentiel à moins de 200m d'une rue passante.

     110
    Par benoit st-jean
    20 Septembre 2012

    200 m de chaque coté des routes et rues passantes, ca inclut probablement plus de 50% des logements existants au Québec ...

     2
  • Par PATRICIA HEALY
    09 Octobre 2012

    Vivre près d'une grosse artère comme Van Horne ou Cote des Neige à Montreal ne doit pas être guère mieux pour la santé?

     69
  • Par benoit st-jean
    28 Novembre 2012

    PS - VIVEMENT LA NOUVELLE POLITIQUE DE L'AIR !
    Espérons (je crois que oui) que le nouveau gouvernement ira de l'avant avec cette politique plus que nécessaire , au 21e siècle, et qu'elle aura une vision large ! Par exemple le bruit excessif est une des polutions qui diminuent grandement la qualité de l'air, et de vie, et peut-être la source qui est le plus en croissance en Amér du Nord

     66
  • Par benoit st-jean
    28 Novembre 2012

    ** LA ?? DE MME HEALY EST ESSENTIELLE : ET DANS LES VILLES ?
    Qu’en est-il des artères passantes des villes ? A l’heure où il devient urgent de s’attaquer aux sources de pollution atmosphérique, sonores et gaz à effet de serres, l’éloignement des routes et les murs antison ne sont que des «plasters» … De plus, l’éloignement des habitations de 100M est imppssible en milieux urbain et les murs anti son sont TRÈS chers (construction et entretien) et ne servent qu’à quelques privilégiés !
    Vivant près de métro, bus et pistes cyclables, ma famille ne produit que très peu de pollution et de bruits, mais nous subissons quotidiennement les affres du traffic des banlieues.
    2 VRAIS SOLUTIONS S’IMPOSENT, avec urgence : 1- Stopper l’étalement urbain pour commencer à s’attaquer à la croissance continue du traffic quotidien , 2- l’électrification des trasports, surtout des transports publics
    Non seulement ces solutions réduisent drastiquement les pollutions et les milliards $ de coûts (de nos impôts) en santé, en pertes de temps, en infrastructures, etc , mais EN PLUS, en réinjectent dans NOTRE économie un part des ~20 milliards $ que nous flambons, chaque année, en achats d’autos et de produits pétroliers (pour aider plutôt les économies de l’Ontario et Alberta …)

     65
  • Par Nadine Taillon
    28 Novembre 2012

    J'ai vendu ma première maison que je possédais depuis 20 l'an passé, car ils ont construit la NA30 derrière chez moi, à St-Constant. C'est vraiment pitoyable, car j'avais un beau champs, des couchers de soleil hépatant et des canards, renard, oiseaux divers.

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