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Soirée de Noël pandémique : prévenez déjà les conflits de famille

Par Marie-Eve Shaffer
souper-noel

Il y a un an, les grands rassemblements du temps des fêtes étaient annulés en raison de la propagation accélérée de la COVID-19. Cette année, bien des familles ont hâte de se retrouver autour du sapin de Noël, mais sont-elles prêtes à s’engager dans des discussions épineuses sur la pandémie, les mesures sanitaires et la vaccination ?

Tout ce qui touche la crise sanitaire suscite des divergences d’opinions. Par exemple, la possibilité de contracter la COVID-19 inquiète 48 % des Québécois, alors que 52 % ne sont nullement préoccupés par le risque de tomber malades, selon un sondage web réalisé par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) en octobre 2021 auprès de quelque 6 600 personnes.

Le port du masque représente un autre sujet de division. Pas moins de 86 % des répondants à l’enquête estiment que se couvrir le visage est un moyen efficace pour empêcher la propagation du virus, contre 14 % qui jugent cette mesure inutile. La vaccination est tout aussi superflue pour 9 % des internautes interrogés.

Deux personnes sur dix (19 %) adhèrent par ailleurs à une vision complotiste du monde. « Des choses importantes se produisent dans le monde et le grand public n’est pas informé », selon le tiers des participants (33 %) au coup de sonde de l’INSPQ.

Les discussions autour de la dinde de Noël s’annoncent donc animées !

Réfléchir

Pour prévenir les disputes qui pourraient survenir pendant le temps des fêtes, la psychologue, conférencière et autrice Geneviève Beaulieu-Pelletier vous suggère de commencer déjà à envisager ces rassemblements. « On sait que ce sera problématique dans certaines familles, explique-t-elle. De réfléchir et d’anticiper, ça peut être rassurant. »

Quelles sont vos limites ? Participerez-vous à une fête qui réunit dix personnes à l’intérieur – sous réserve des consignes qui seront annoncées par le gouvernement du Québec ? Serez-vous à l’aise de côtoyer une personne qui n’est pas vaccinée ? Fréquenterez-vous une personne qui ne pense pas comme vous au sujet des mesures sanitaires ?

« Une personne peut aussi dire qu’elle n’est pas à l’aise d’aller à l’intérieur, mais qu’elle a quand même envie de voir ses proches, dit la psychologue, en évoquant la possibilité de faire des activités extérieures en famille. Cette personne maintient le lien, mais en respectant ses limites. »

Cette demande de flexibilité pourrait être mal accueillie dans certaines familles, en raison de la radicalisation des points de vue, de part et d’autre. Mieux vaut s’y préparer.

Comprendre

Si des membres de votre famille ne partagent pas vos opinions sur la crise sanitaire, c’est que chacun a développé des stratégies pour passer à travers la pandémie. « La clé, c’est d’essayer de comprendre, même si on ne sait pas pourquoi l’autre réagit de cette façon », avance Geneviève Beaulieu-Pelletier.

La psychologue s’est intéressée aux raisons émotionnelles pour lesquelles des personnes refusent de recevoir le vaccin contre la COVID-19, comme la peur des aiguilles ou la crainte à l’idée de se faire injecter un corps étranger, ou même parce qu’elles vivent un déni d’anxiété. « Certains sont dans le déni parce que l’anxiété est tellement grande pendant la pandémie qu’ils préfèrent s’en couper ou dire qu’il n’y a pas de virus, ce qui ouvre la porte à rejeter les faits et à être plus attentifs à la désinformation parce que c’est rassurant », explique-t-elle.

D’autres ont vécu plusieurs expériences de rejet. S’ils décident de ne pas se faire vacciner, ils vivent de nouveau de l’ostracisme et ils seront plutôt attirés vers le mouvement complotiste, qui sera plus accueillant à leur égard.

« Si je ne comprends pas [ces raisons émotionnelles], je fais seulement attaquer l’autre et je réactive son angoisse de la pandémie contre laquelle il est en train de protéger, mentionne Geneviève Beaulieu-Pelletier. En essayant de le comprendre, ça ne veut pas dire que j’accepte ses choix, mais je serai capable de le côtoyer. »

Ne pas confronter

Préparez le terrain pour éviter toute confrontation. « [Pendant les rassemblements de Noël], ce n’est pas le temps de commencer à argumenter, car ça pourrait mal finir ! », avise la psychologue.

Même si elle n’a pas l’habitude de proposer d’éviter les situations malaisantes, Geneviève Beaulieu-Pelletier vous suggère, en cas de besoin, de convenir à l’avance avec vos proches de ne pas aborder certains sujets d’actualité pour vous assurer de passer un bon moment en famille. Et peut-être même d’ajouter une dose d’humour si quelqu’un s’avance en terrain glissant…

Sinon, plutôt que de discuter de la pertinence de la vaccination ou des mesures sanitaires, il y a moyen de parler de vos émotions ou de raconter votre quotidien. « Mais il faut savoir qu’on ouvre la porte à une réaction qui peut mener à une confrontation, met en garde la psychologue. On n’est pas obligé d’aller jusque-là si on n’est pas à l’aise ou si on ne se sent pas suffisamment outillé. »

Maintenir le lien

Dans la mesure du possible, la psychologue recommande de maintenir un lien avec vos proches, même s’ils ne partagent pas les mêmes opinions que vous, afin d’éviter que quiconque se retrouve isolé. Si ce n’est pas pendant une soirée de Noël, vous pouvez entretenir vos relations autrement. Au cours d’une promenade à l’extérieur, par exemple.

« Si on pense qu’on peut passer un bon moment ensemble, allons-y. Mais si on sent qu’il n’y a pas cette possibilité et que la communication risque d’être difficile, mieux vaut attendre qu’on soit moins dans l’angoisse de la pandémie », conseille-t-elle.

« Il est possible que, pendant quelques mois encore, certaines familles soient déchirées, poursuit-elle. Il y aura moyen éventuellement de réparer certaines de ces blessures. »

>> À lire aussi : Êtes-vous prêt à recommencer à faire la bise ? et Noël : nos suggestions pour une célébration virtuelle réussie

 

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  • Par YVES FRAPPIER
    09 Novembre 2021

    On a assez hâte de se voir ! J'ai l'impression qu'on ne perdra pas beaucoup de temps à parler de la pandémie !