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Êtes-vous prêt à recommencer à faire la bise?

Par Marie-Eve Shaffer
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Donner une accolade, faire la bise ou serrer la main de l’autre à l’occasion d’une rencontre, tout cela faisait partie des petits gestes de votre quotidien précovidien. Envisagez-vous de les reproduire au fur et à mesure que les consignes sanitaires s’allègent et que l’espoir d’un avenir sans virus SRAS-CoV-2, ou plutôt sans pandémie, renaît?

Une publicité de la gomme Extra a récemment mis en scène des reclus pandémiques qui, à l’annonce de la permission de la reprise des contacts sociaux, sortent de leur torpeur et courent vers le parc ou le bureau pour s’embrasser à bouche que veux-tu et se lancer dans des étreintes passionnées.

Si cette parodie du déconfinement suscite des sourires, et même des rires, il y a fort à parier que les mesures sanitaires imposées depuis près de 15 mois influenceront votre comportement à la sortie de la pandémie.

«Certaines personnes veulent désespérément rétablir leurs interactions sociales. L’isolement a été très difficile pour elles. Elles n’auront aucun problème à reprendre les contacts physiques. D’autres seront plus prudentes parce qu’elles sont particulièrement vulnérables ou parce qu’elles ressentent encore de l’anxiété à l’idée de contracter la COVID-19», explique Simon Bacon, professeur au département de santé, kinésiologie et physiologie appliquée de l’Université Concordia.

«C’est à chacun de déterminer son niveau de confort dans ses comportements», ajoute-t-il, en précisant que vos agissements postpandémiques dépendront aussi des mesures sanitaires qui resteront en vigueur.

Par exemple, vous serez peut-être à l’aise de prendre du bon temps avec des amis dans un parc, mais pas dans la salle à manger d’un restaurant parce que les risques de propagation du coronavirus sont plus élevés à l’intérieur qu’à l’extérieur. Dans le même ordre d’idée, vous ne serrerez pas la main d’une personne rencontrée pour une première fois ; vous préférerez hocher de la tête ou la saluer avec le coude.

Une nouvelle réalité

«Plusieurs personnes évoquent le retour à la normale, mais ça ne sera pas un retour à la normale, affirme M. Bacon. Ce sera une nouvelle réalité avec de nouvelles façons de faire les choses.»

Une période de transition est à prévoir à la fin de la pandémie pour déterminer les gestes qui caractériseront désormais vos interactions sociales. Les salutations avec le coude ou le poing risquent d’être maintenues pendant un bon moment, particulièrement avec ceux qui ne font pas partie de votre cercle rapproché.

«Je crois que la bise sur la joue sera réservée aux amis proches et aux membres de la famille, dit le professeur de l’Université Concordia. Dans le reste de la société, ce sera beaucoup plus difficile. On ne connaît pas très bien les gens. On ne sait pas par où ils sont passés. Les interactions sociales seront plus compliquées.»

Le port du masque pourrait aussi devenir plus courant, d’après Simon Bacon. Contrairement aux pays asiatiques, personne n’avait l’habitude de se couvrir le visage au Québec avant mars 2020, si ce n’est des personnes atteintes d’une grave maladie. «Ce sera davantage accepté, dit-il. Certains en porteront, d’autres pas. Et personne ne posera de question.»

L’obligation de se laver fréquemment les mains dans les lieux publics risque de demeurer puisqu’elle a, entre autres choses, empêché la propagation du virus de la grippe. Grâce aux mesures sanitaires, l’activité grippale a été pratiquement inexistante à l’automne 2020 au Canada, aux États-Unis, en Australie et au Brésil, indique une étude publiée dans la revue Frontiers in Public Health en mars 2021.

Quant à la fin de la distanciation physique, il reste à voir dans quelle mesure elle sera acceptée collectivement à la fin de la pandémie. Pendant une promenade dans votre quartier, aurez-vous toujours le réflexe de descendre du trottoir pour vous éloigner de la personne que vous vous apprêtez à croiser? Serez-vous prêt à assister à un spectacle dans un parterre bondé?

Simon Bacon donne aussi l’exemple des auditoriums de son université où de grandes conférences sont habituellement données. Ses étudiants voudront-ils s’y entasser, comme c’était le cas avant mars 2020?

«Il y aura assurément une longue période d’ajustement au cours de laquelle nous reprendrons certains comportements, mais nous prendrons également des précautions dans nos interactions sociales», conclut le professeur de l’Université Concordia.

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