Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Pénurie d’animaux de compagnie à adopter

Par Marie-Eve Shaffer
chien-chat

Vous songez à accueillir un animal de compagnie pour tromper l’ennui en cette période de pandémie de COVID-19? Armez-vous de patience puisque les bêtes disponibles sont peu nombreuses et que les procédures d’adoption sont plus laborieuses en raison des mesures sanitaires.

Au refuge Proanima, sur la Rive-Sud de Montréal, à peine trois chiens étaient offerts à l’adoption à la mi-janvier, avec une vingtaine de chats et quelques animaux exotiques. «Il y a toujours des animaux, mais on en a moins qu’à l’ordinaire, rapporte la coordonnatrice des communications, Dorothée Pâris. Il y a une hausse des adoptions depuis le début de la pandémie et une baisse des abandons.»

La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal hébergeait au même moment une vingtaine de boules de poils. «On reçoit environ 30 % de moins d’animaux, on en a donc 30 % de moins à offrir en adoption», mentionne la directrice générale de la SCPA de Montréal, Élise Desaulniers.

Les animaleries sont dans le même bateau. Très peu d’animaux sont offerts à l’adoption au Centre Multi Canin de Laval, qui recueille des bêtes à la fois des refuges et des éleveurs. Et pour cause: les refuges sont presque vides et des éleveurs décident de vendre leurs chiens et chats eux-mêmes.

«C’est la pénurie», lance Pascal Busque, propriétaire du Centre Multi Canin. Il souligne que, parallèlement à la demande qui est très élevée, l’offre est plus basse en raison de la diminution des abandons, mais aussi des réglementations adoptées au fil des ans, notamment pour obliger la stérilisation des chats.

Les petites annonces : à éviter

Tous les intervenants interrogés ont déconseillé de faire affaire avec des vendeurs qui ont recours à des sites internet de petites annonces.

«S’il y a [des chatons annoncés], ce sont des chats domestiques trouvés à l’extérieur, remarque Jean-François Pujolle, superviseur des Centres animaux Nature. Les gens les revendent entre 150 et 200 $ sans qu’ils aient reçu les moindres soins vétérinaires.»

Élise Desaulniers ajoute qu’en passant par ces vendeurs virtuels, il est impossible de savoir dans quelles conditions la bête est née et si elle est atteinte de problèmes de santé ou de troubles de comportement.

Qui plus est, des fraudes ont été commises de la part de pseudovendeurs qui, après avoir obtenu un acompte substantiel pour l’adoption d’un animal, disparaissaient dans la brume.

Est-ce le bon moment d’adopter un animal?

Dans tous les cas, la rareté des animaux de compagnie a cela de bon: la pandémie n’est pas une période propice pour trouver un compagnon, selon Pascal Busque. «Les gens travaillent de la maison. Mais quand ils vont retourner au bureau, un chien, par exemple, risque d’avoir des crises d’anxiété puisqu’il n’aura pas appris à rester seul, explique-t-il. Il doit socialiser pendant les quatre premiers mois de sa vie. Après cette période, c’est plus difficile de le socialiser.»

«[Pendant la pandémie], si un problème survient, les centres canins n’ont pas le droit de donner certains services ou des cours de groupe», poursuit le propriétaire du Centre Multi Canin. Il explique que des conseils peuvent être prodigués seulement par téléphone ou par vidéoconférence.

Le refuge Proanima tente pour sa part de décourager les adoptions impulsives pendant la crise sanitaire. «On insiste sur le fait qu’après la pandémie, l’animal aura besoin des mêmes soins et de la même attention qu’aujourd’hui», prévient Dorothée Pâris.

Des adoptions plus laborieuses

Si, malgré tout, vous jetez votre dévolu sur une petite bête, attendez-vous à ce que le processus d’adoption soit plus compliqué que d’habitude.

Dans les refuges, il n’est pas question de se présenter à l’improviste et de repartir le jour même avec un animal de compagnie. Vous pouvez y aller seulement sur rendez-vous. Et si vous avez un coup de cœur, vous devez remplir un formulaire en ligne et attendre que le refuge vous contacte.

«On s’assure d’avoir le meilleur match possible, dit Élise Desaulniers. Il y a des animaux qui ont des problèmes de comportement ou de santé. D’autres qui ont besoin de faire beaucoup d’exercice.»

Le Centre d’animaux Nature a recours à la même procédure pour trouver des maîtres aux chiens qu’ils reçoivent. «Ce sont souvent des chiens de mission du Grand Nord, comme des labradors croisés avec des huskies, note Sébastien Pujolle. C’est évident que quelqu’un qui vit en appartement et qui part travailler toute la journée ne pourra pas en avoir un. On cherche à éviter de nouveaux abandons.»

Pour les chats, les lapins et les animaux exotiques, la procédure est plus légère. Toutefois, si un commis doute que vous puissiez en prendre soin correctement et lui offrir un milieu adéquat, il peut décider de ne pas vous laisser partir avec un nouveau compagnon.

«Nous recevons des critiques, mais on ne fait pas de la vente à tout prix, explique M. Pujolle. On veut que l’animal soit dans un bon environnement.»

Des prix à la hausse

Devant la demande élevée d’animaux de compagnie, les prix ont été révisés à la hausse. «Les éleveurs ont augmenté leur prix, constate Pascal Busque du Centre Multi Canin. Par exemple, je pouvais acheter un chien 800 $ et, deux jours avant la livraison, on me demandait 400 $ de plus.»

Le Centre d’animaux Nature a pour sa part maintenu sa grille tarifaire depuis le début de la pandémie, sauf pour les poissons achetés à l’étranger dont le prix a été majoré. «Avant, importer une boîte de poissons rouges, c’était 150 $ de frais d’expédition, indique Jean-François Pujolle. Maintenant, c’est 450 $.»

Dans les sites internet de petites annonces, les prix ont explosé. Les chiens et les chats se détaillent à quelques centaines, voire quelques milliers de dollars. «Un chaton qui était donné avant vaut presque 500 $ aujourd’hui», rapporte M. Busque.

Quelques conseils avant d’adopter un animal de compagnie


– Informez-vous sur l’attention qu’il requiert (nombre d’heures d’exercice, temps de jeux, moment de câlins), de l’espace dont il a besoin et s’il peut côtoyer des enfants, si vous en avez.


– Demandez la fiche de santé de l’animal pour savoir s’il doit recevoir des soins particuliers.


– Renseignez-vous sur les troubles de comportement dont il pourrait être atteint.


– Calculez les frais d’adoption et les dépenses récurrentes (nourriture, soins du vétérinaire, jouets, assurances, permis, etc.).


– Vérifiez si les frais d’adoption comprennent des services comme la stérilisation, le micropuçage, la vermifugation et l’administration des vaccins de base. Si ce n’est pas le cas, prenez-les en compte.


– Évaluez la possibilité de suivre un cours d’obéissance ou une formation sur le comportement de l’animal.

>> À lire aussi:  Nourriture pour chats: 180 produits testés et Un chat, combien ça coûte à long terme?

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.