Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Piétons, attention au changement d’heure !

Par Nadine Filion
pietons-securite-nuit-2

L’obscurité qui tombe plus tôt après le changement d’heure automnal n’est pas sans risque pour les usagers de la route, particulièrement pour les piétons: ils sont 60 % plus à risque d’être victimes d’un accident dans le mois qui suit le recul des horloges que dans le mois qui le précède.

L’obscurité qui tombe plus tôt après le changement d’heure automnal n’est pas sans risque pour les usagers de la route, particulièrement pour les piétons : ils sont 60 % plus à risque d’être victimes d’un accident dans le mois qui suit le recul des horloges que dans le mois qui le précède.

Selon les statistiques fournies par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), novembre est le mois où survient le plus grand nombre d’accidents routiers impliquant un piéton entre 17 et 20 h, la « période maudite ». Déjà considérés comme les usagers les plus vulnérables du réseau, les piétons sont 60 % plus à risque d’être victimes d’une collision automobile pendant cette période de la journée dans le mois suivant le changement d’heure automnal qu’ils ne l’étaient dans le mois précédant ledit changement.

En recensant le nombre de collisions impliquant au moins un piéton entre 2015 et 2019, la SAAQ rapporte une augmentation phénoménale de ce type d’accidents dans les 30 jours après le recul d’une heure (113 accidents) par rapport aux 30 jours d’avant (71 accidents).

Nombre moyen annuel d’accidents impliquant au moins un piéton 2015-2019

tableau-1-pietons

Et le fait qu’il fasse clair une heure plus tôt en matinée ne vient pas équilibrer les choses. De 2015 à 2019, le nombre moyen de collisions impliquant au moins un piéton sur l’ensemble de la journée est en hausse de 18 % au cours du mois suivant le changement automnal, soit 331 accidents après, contre 281 accidents avant.

Notez que la SAAQ a choisi de ne pas « dénaturer les moyennes annuelles » avec celles de la dernière année pandémique, « les données de 2020 étant trop influencées par la situation vécue sur les routes », nous dit le porte-parole Mario Vaillancourt.

La SAAQ précise également que si « le changement d’heure est possiblement en lien avec les données fournies », d’autres facteurs peuvent être en cause, « notamment les conditions climatiques changeantes à cette période ». En effet, Météo Média souligne que la date moyenne pour la première tempête de neige de la saison sur Montréal et ses régions est le 28 octobre, bien que notre code de la sécurité routière n’oblige les pneus d’hiver qu’à partir du 1er décembre.

Pas juste les piétons en danger

Les piétons ne sont pas les seuls que le retour à l’heure normale met à risque. Pour l’ensemble des usagers de la route, le nombre moyen de collisions automobiles avec « dommages corporels » augmente de près du quart (24 %) entre 17 et 20 h au cours du mois qui suit le passage à l’heure d’hiver.

Avec une moyenne annuelle de 552 accidents avec dommages corporels en « période maudite », novembre rafle la malheureuse mention du mois le plus accidentogène de l’année, en plus d’être le seul mois de l’année à enregistrer plus de 500 collisions de ce type pour la même période de la journée, indique la SAAQ.

Vient ensuite le mois de décembre, avec une moyenne annuelle de 483 accidents avec dommages corporels. C’est davantage qu’en été, alors que la SAAQ enregistre en moyenne 443 accidents corporels en juin, 473 en juillet et 430 en août, entre 17 et 20 h.

À l’opposé, le nombre d’accidents chute quand les journées rallongent et qu’on retourne à l’heure avancée. Les mois de mars et d’avril enregistrent les plus faibles moyennes de toute l’année, avec respectivement 297 et 267 accidents avec dommages corporels en fin d’après-midi. Ces deux mois sont d’ailleurs les seuls de l’année à s’installer sous la barre des 300 collisions du genre.

tableau-2-pietons

Et au printemps, avec une heure de moins à dormir ?

Une étude de l’américaine AAA Fondation for Traffic Safety (Acute Sleep Deprivation and Risk of Motor Vehicle Crash Involvement) révélait, en 2016, que les conducteurs en manque d’une heure de repos (la nuit « normale » étant de sept heures) étaient 1,3 fois plus à risque de provoquer un accident.

On pourrait donc s’attendre à une autre hausse des collisions après le changement d’heure printanier, puisque le fait d’avancer nos horloges (ce qu’on fera dans la nuit du 12 au 13 mars 2022) nous prive d’une heure de sommeil.

Eh bien, non ! Toujours selon la SAAQ, de 2015 à 2019, le nombre d’accidents avec dommages corporels est en diminution de 16 % dans les 30 jours suivant le passage à l’heure d’été, par rapport aux 30 jours le précédant. Et en diminution de 18 % uniquement pour la période de 17 à 20 h.

La situation est encore plus flagrante pour les piétons, avec une chute drastique de 43 % du nombre moyen d’accidents les impliquant entre 17 et 20 h (et de 18 % pour l’ensemble de la journée) au cours du mois qui suit le passage à l’heure avancée, versus le mois qui précède.

Nombre moyen annuel d’accidents corporels 2015-2019

tableau-3-pietons

Un portrait qui ne change pas

Le plus déplorable, c’est que, depuis 2010, le portrait est pratiquement identique d’une période de référence à l’autre. Pourtant, ni le Québec ni le Canada ne se disent en mesure d’estimer combien de vies humaines sont réellement perdues ou gâchées sur nos routes en raison du changement d’heure automnal.

D’autres ont osé le calcul, dont l’association britannique pour la sécurité routière GEM Motorist Assist, qui affirme qu’abolir le « clocks fall back » épargnerait chaque année quelque 80 vies et 200 blessés graves pour l’ensemble du réseau routier du Royaume-Uni.

À la… lumière de ces possibles effets pervers sur la sécurité routière, peut-être faudrait-il remettre à l’ordre du jour une discussion au sujet de cette pratique que le Québec, l’Ontario (qui souffre sensiblement des mêmes statistiques que celles démontrées par la SAAQ), ainsi que bon nombre de juridictions nord-américaines et européennes ont adoptée il y a plus d’un siècle déjà.

Quelques trucs pour y voir (plus) clair

– Piétons et cyclistes, portez des vêtements clairs et/ou avec des bandes réfléchissantes. Traversez aux passages qui vous sont réservés – pas entre deux intersections où vous risquez de « disparaître » dans la pénombre. Si possible, partez plus tôt du bureau, idéalement quand il fait encore clair.

– Automobilistes, adaptez votre conduite à la (nouvelle) obscurité. Ralentissez et soyez plus que jamais attentifs aux piétons, aux cyclistes, aux écoliers, aux aînés… Propriétaires de VUS, faites particulièrement attention à vos angles morts, rendus plus larges par les piliers A (pare-brise) renforcés de vos véhicules.

– Dans l’habitacle automobile, réduisez l’éclairage de votre instrumentation et, s’il y a lieu, retirez de la planche de bord les objets qui, en se reflétant dans le pare-brise, pourraient nuire à votre vision. Parlant de pare-brise : nettoyez-le bien, dedans comme dehors, ainsi que vos rétroviseurs.

– Si vos phares n’éclairent plus comme dans leur jeune temps, faites-les polir par un professionnel ; des phares usés et/ou abîmés retranchent jusqu’à 60 mètres de visibilité, indique CAA-Québec.

– Pour rehausser votre visibilité, faites enduire votre pare-brise d’une cire, comme l’Aquapel, qui aide à repousser la neige et la pluie. Les experts recommandent de remplacer ses essuie-glaces au moins une fois par année. L’automne est une excellente occasion de le faire.

>> À lire aussi : Comment conduire l’hiver en toute sécurité et Réforme de la sécurité routière : avez-vous tout retenu ?

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.