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Nouvelle menace tarifaire de Trump : quel impact pour votre portefeuille?

Par Jean-Luc Lavallée
Nouvelle menace tarifaire de Trump : quel impact pour votre portefeuille? MMES Studio / Shutterstock.com

Le président américain Donald Trump menace d’imposer, à compter du 19 août, de nouveaux droits de douane de 50 % sur plus de 500 produits canadiens. S’il devait mettre sa menace à exécution, votre portefeuille risquerait aussi d’en souffrir, selon des experts.

Qu’on prenne ou non au sérieux cette menace – perçue par plusieurs comme une simple tactique de négociation –, il n’est pas inutile de tenter d’anticiper les impacts potentiels au Québec.

Compte tenu de l’incertitude qui plane, il est cependant très difficile d’identifier dès maintenant les produits que vous pourriez réellement payer plus cher. Il y a tout simplement trop de variables dans l’équation et personne n’a une « boule de cristal », souligne Jonathan Deslauriers, directeur exécutif du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal.

On connaît, bien sûr, la liste des produits canadiens visés (voir plus bas) par des tarifs additionnels mais ce sont, d’abord et avant tout, les consommateurs américains qui en feront les frais, puisque les droits de douane s’appliqueront à la frontière américaine.

Selon Moshe Lander, économiste à l’Université Concordia, les secteurs les plus exposés sont ceux qui présentent ces trois caractéristiques :

  • une forte rotation des stocks ou des produits à courte durée de vie;
  • peu de possibilités de s'approvisionner auprès d'autres fournisseurs;
  • une forte concurrence.

Les produits dans le collimateur de Trump

La liste des marchandises visées est extrêmement longue et touche de nombreux secteurs de la vie courante :

  • Alcool et produits laitiers : la bière, le vin, les spiritueux ainsi que le lait et le fromage sont directement visés par ces proclamations présidentielles.
  • Meubles et bois : l'industrie québécoise du meuble, qui exporte 90 % de sa production chez nos voisins du Sud (selon l’Association des fabricants de meubles du Québec), craint des conséquences « dramatiques » pour ses 25 000 emplois.
  • Électronique et articles de sport : les téléphones intelligents, les consoles de jeux vidéo, les aspirateurs et même les bâtons de hockey figurent sur la liste noire de Washington.
  • Matériaux de construction : le ciment et divers produits de bois d'œuvre subiraient également cette surtaxe, ce qui pourrait faire gonfler les coûts de rénovation ou de construction.

Pourquoi les prix pourraient grimper ici ?

En revanche, les consommateurs québécois ne sont pas à l’abri de hausses éventuelles puisque des producteurs d’ici pourraient choisir de refiler une partie de la hausse à leurs clients canadiens, prévient Moshe Lander.

« Si les producteurs canadiens tentent d’éviter de refiler le coût des tarifs à leurs clients américains, tout en maintenant leur niveau de production, ils devront récupérer ces coûts autrement, c’est-à-dire auprès de leurs autres clients [canadiens notamment]. Les producteurs canadiens peuvent aussi réduire les salaires de leurs employés afin d’éviter des mises à pied ou encore diminuer les sommes versées aux actionnaires. Dans tous les cas, cela nuirait à l’économie canadienne », analyse l’expert.

« Ça n’augure pas bien »

Les experts que nous avons consultés soulignent que l’économie québécoise montrait déjà des signes de stagnation du niveau de vie. Au Québec, les ménages ont été résilients, depuis un an, mais leur pouvoir d’achat diminuera dans l’éventualité d’une guerre d’usure commerciale.

« Quand les exportations diminuent et que les importations augmentent, la demande intérieure ne peut pas [soutenir] la croissance économique. Chose certaine, ça commence à devenir préoccupant. Ça n’augure pas bien pour l’économie québécoise. Les manufacturiers n’ont pas le niveau de productivité nécessaire pour faire face à ce choc-là. Ils n’ont pas la marge de manœuvre », affirme Jonathan Deslauriers.

Comment protéger votre budget?

Face à cette incertitude, l’occasion est belle de réfléchir plus largement à nos habitudes de consommation, selon l’expert Moshe Lander. Les Canadiens ont un certain contrôle sur leurs dépenses et, insiste-t-il, « ne sont pas des victimes passives ».

Il suggère de prioriser les achats essentiels tout en retardant ceux qui peuvent l'être. Il évoque d’autres économies potentielles en limitant le gaspillage alimentaire, en évitant certains déplacements en voiture ou en réduisant les frais de chauffage/climatisation, etc.

« De nombreux Canadiens font face à de véritables problèmes de coût de la vie. Je crois toutefois qu'il existe une certaine marge de manœuvre pour atténuer ces difficultés grâce à quelques changements relativement simples dans leurs habitudes de vie », relativise l’économiste.

À lire aussi : Identifiez facilement les produits québécois testés par Protégez-vous

 

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