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Impôts 2025: comment s’y retrouver avec les frais médicaux?

Par Jean-Luc Lavallée
Impôts 2025: comment s’y retrouver avec les frais médicaux? GreenQuantum/Shutterstock.com

Avez-vous droit au crédit d’impôt pour frais médicaux ? Connaissez-vous les frais admissibles ? Chaque année, lors de la saison des impôts, plusieurs contribuables doivent jongler avec ce casse-tête fiscal. Tour d’horizon pour y voir plus clair.

Pas facile de s’y retrouver, tant il y a de règles, d’autant plus qu’elles ne sont pas les mêmes au fédéral et au provincial !

Il est important, par ailleurs, de conserver toutes vos factures afin de les comptabiliser et de justifier vos réclamations, si le fisc vous en fait la demande. Vous est-il déjà arrivé d’abdiquer – et donc de ne rien réclamer – simplement parce que vous jugiez la tâche trop fastidieuse ? Peut-être que vous avez bien fait. Peut-être aussi que vous avez laissé de l’argent sur la table sans le savoir.

La liste de dépenses admissibles est excessivement longue et le risque d’oublier certains frais (ou d’en inclure d’autres qu’on ne devrait pas) est bien réel, selon Yannick Lemay, spécialiste de l’impôt chez H&R Block.

Est-ce que tout le monde peut en profiter ?

Non. Vous devez avoir effectué suffisamment de dépenses admissibles pour obtenir le crédit d’impôt non remboursable, celui qu’une majorité de contribuables réclament. Les allègements fiscaux « non remboursables » ne sont pas versés sous forme de chèque. Ils réduisent l’impôt à payer. Pour en bénéficier, il faut donc avoir de l’impôt à payer.

« La loi ne limite pas les frais médicaux qu’on peut réclamer. Toutefois, puisque ce crédit réduit notre facture d’impôt, ça ne fera pas de différence sur notre déclaration de revenus une fois qu’on a atteint zéro impôt, même si on ajoute encore et encore des frais médicaux », souligne Yannick Lemay.

  • Bon à savoir : Pour les personnes à faible revenu qui ont des frais médicaux élevés, il existe un supplément remboursable pour les frais médicaux lequel permet à ceux qui n’ont pas d’impôt à payer de récupérer un maximum de 1 504 $ au fédéral et un maximum de 1 466 $, au Québec, en 2025.

Quelle est la méthode de calcul ?

Au fédéral : 

Le crédit d’impôt pour frais médicaux permet de réclamer la portion des frais admissibles qui dépasse 3 % du revenu net individuel. Autrement dit, le montant que vous pouvez réclamer correspond au total des dépenses payées, moins 3 % de votre revenu net (jusqu’à concurrence de 2 824 $ en 2025).

Un taux de 14,5 % est ensuite appliqué sur l’excédent pour calculer le montant auquel vous avez droit. « Avec l’abattement du Québec, c’est plus autour de 12,5 % au fédéral », précise Yannick Lemay.

Vous êtes en couple et avez des enfants ? Il est souvent plus avantageux qu’un seul des deux conjoints (généralement celui avec les revenus les moins élevés) réclame le crédit en regroupant les frais médicaux de toute la famille sur sa déclaration. De cette façon, un couple évitera de payer deux fois la « pénalité de 3 % », illustre le fiscaliste de H&R Block.

Au provincial :

Au Québec, on obtient la valeur du crédit pour frais médicaux en appliquant un taux de 20 % au montant des frais médicaux admissibles qui excède 3 % du revenu familial net, rappelle-t-on sur le site web de la Chaire en fiscalité et en finances publiques (CFFP) de l’Université de Sherbrooke.

« Le revenu familial, ça fait une grosse différence. Pour se qualifier, ça prend plus de frais médicaux », expose Yannick Lemay. D’autant plus qu’il n’y a pas de seuil maximum comme au fédéral. Il faut retrancher 3 % du revenu familial net, peu importe votre revenu, avant de pouvoir réclamer un crédit sur vos dépenses qui excèdent ce pourcentage.

Voici un exemple concret

Statut : célibataire

  • Revenu net : 50 000 $
  • 3 % du revenu net = 1 500 $
  • Frais médicaux payés : 4 000 $

Montant admissible : 4 000 $ - 1 500 $ = 2 500 $

  • Crédit fédéral : 2 500 $ X 12,5 % (incluant l’abattement du Québec) = 312,50 $
  • Crédit provincial : 2 500 $ X 20 % = 500 $

Total des crédits qui réduisent l’impôt à payer : 812,50 $

Quelles dépenses sont admissibles ? 

Les médicaments prescrits par un médecin et délivrés par un pharmacien sont admissibles. Mais il y a aussi de nombreuses autres dépenses que vous pouvez réclamer.

Voici quelques exemples :

  • Chirurgie oculaire au laser (ex. LASIK)
  • Frais dentaires (qui n’ont pas déjà été remboursés par une assurance privée ou le Régime canadien de soins dentaires)
  • Thérapies (physiothérapie, ergothérapie, santé mentale, etc.) si le thérapeute est un praticien reconnu
  • Cannabis médical prescrit
  • Animaux d’assistance (nourriture, vétérinaire)
  • Aliments sans gluten pour maladie cœliaque (différence de coût)
  • Lunettes ou accessoires visuels prescrits (les frais payés au Québec pour les montures sont cependant limités à 200 $)
  • Déplacements pour soins médicaux (au-delà d’un rayon de 40 km)
  • Certains frais payés à une clinique de fertilité
  • Logiciels d’assistance (ex. reconnaissance vocale)
  • Perruques pour perte de cheveux liée à une condition médicale

La liste exhaustive des dépenses admissibles ne peut être reproduite ici, tant elle est longue. Notez qu’il y a aussi, parfois, des distinctions entre le fédéral et le provincial.

Pour avoir l’heure juste, consultez le document « Frais médicaux » de Revenu Québec.

Consultez également le site web de l’Agence du revenu du Canada (ARC) et la liste des professionnels de la santé autorisés.

Les primes d’assurance sont-elles admissibles ? 

La cotisation payée au régime public d’assurance médicaments du Québec – si c’est votre cas – peut être incluse dans vos frais médicaux.

Vous êtes couvert par un régime privé d’assurance maladie ? Vous pouvez également inclure ces sommes ainsi que la part payée par votre employeur (au Québec seulement) pour un régime d’assurance collective.

« La portion que l’employé paie lui-même […] est admissible dans les frais médicaux tant au fédéral qu’au provincial. Au Québec, il faut savoir qu’on est imposés sur la portion que notre employeur paie pour notre assurance collective. On a donc le droit de l’inclure dans nos frais médicaux pour la déclaration provinciale, rappelle Yannick Lemay. Ça peut représenter plusieurs milliers de dollars pour une assurance familiale. »

« Il faut exclure les primes pour l’assurance invalidité et l’assurance vie, précise le spécialiste. On parle seulement de l’assurance-santé et l’assurance dentaire. Mais si, par exemple, on a payé un supplément d’assurance, avec la Croix Bleue ou une autre compagnie parce qu’on est allés en voyage, cette prime-là aussi, pour couvrir nos frais de santé à l’extérieur du Canada, on peut l’inclure dans nos frais médicaux. »

Quelles dépenses sont exclues ? 

Voici quelques exemples de frais qui sont exclus :

  • Les médicaments en vente libre
  • La portion des frais médicaux – ou médicaments – ayant déjà été remboursée par une assurance (publique ou privée)
  • Les frais de stationnement à l’hôpital (si vous n’avez pas parcouru au moins 40 kilomètres pour vous y rendre)
  • Les frais de déplacement et les frais de logement provisoire (si la distance à parcourir pour obtenir les soins est inférieure à 80 kilomètres)
  • Les frais liés à des services fournis à des fins purement esthétiques

Yannick Lemay invite également à la prudence avec les reçus de massothérapie qui ne sont pas admissibles « dans 99,9 % des cas », contrairement à une croyance populaire. Les massothérapeutes ne figurent pas dans la liste des praticiens reconnus par l’État, même si votre assurance rembourse une partie de ces frais.

« Il y a un gros risque d’erreur si les gens, qui ont une assurance collective, incluent la portion des frais qui n’ont pas été remboursés, dans leur déclaration de revenus », indique Yannick Lemay. En cas de vérification, le fisc exigera le remboursement du trop-perçu, mais pourrait aussi vous imposer des pénalités salées. Une fausse déclaration peut même entraîner des poursuites pénales.

Notez qu’à compter du 1er janvier 2026, les frais payés pour les homéopathes, les naturopathes, les ostéopathes et les phytothérapeutes (à ne pas confondre avec les physiothérapeutes) ne seront plus admissibles pour le crédit d’impôt du Québec.

Utilisez la règle des 12 mois consécutifs à votre avantage

D’entrée de jeu, rappelons cette particularité : tant au fédéral qu’au provincial, vous n’êtes pas obligé de réclamer le crédit pour des dépenses faites dans une même année civile (du 1er janvier au 31 décembre).

Vous pouvez choisir toute autre période de 12 mois (consécutifs), si cela vous semble plus avantageux, afin de regrouper vos plus importantes dépenses et maximiser le retour potentiel. Il serait donc possible, par exemple, de réclamer le crédit pour des dépenses effectuées entre avril 2024 et mars 2025. À condition de ne pas demander une deuxième fois le crédit pour une période déjà couverte dans le passé.

À lire aussi : Impôts 2025 : quoi de neuf pour les particuliers ?, 16 façons de payer moins d’impôt et Impôts : ma toute première déclaration de revenus

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