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Québec: un budget sobre dont vous pourriez peut-être profiter

Par Jean-Luc Lavallée
Québec: un budget sobre dont vous pourriez peut-être profiter Catrina Genovese/Shutterstock.com

Le ministre des Finances, Éric Girard, avait promis un budget « sobre ». Il a livré la marchandise à ce chapitre. Malgré l’absence de grosses nouvelles, nous avons identifié quelques mesures susceptibles de toucher votre portefeuille.

Le gouvernement du Québec a échafaudé son budget avec, en toile de fond, le conflit au Moyen-Orient, qui chamboule l’économie mondiale et le prix du carburant, et les tensions commerciales persistantes avec les États-Unis.

Ce n’était donc pas le temps des grandes dépenses et de nouvelles promesses flamboyantes, a expliqué en substance Éric Girard, prônant une « approche responsable (…) dans le contexte d’incertitude économique et géopolitique actuel ».

Bien que l’issue de cette guerre soit imprévisible, son ministère avance l’hypothèse d’un conflit court, devant durer « environ six semaines », n’excluant pas pour autant qu’il puisse s’éterniser, ce qui bousculerait ses prévisions.

Un gros « coussin » pour le prochain chef

Le contexte politique québécois, inédit, a également fortement teinté ce budget. Éric Girard a fait preuve de retenue pour laisser le choix au prochain chef de la CAQ (et du gouvernement) de dépenser à sa guise des sommes importantes dans les prochains mois, en route vers l’élection provinciale.

Qu’il s’agisse de Christine Fréchette ou de Bernard Drainville, celui ou celle qui succédera à François Legault, le 12 avril, pourra piger dans une « réserve » d’environ 250 millions de dollars par an sur cinq ans, pour financer de nouvelles promesses. Rien ne l’empêchera, par ailleurs, de piger aussi dans un énorme coussin de 8 milliards de dollars que l’on nomme « provision pour éventualités ».

Pour ceux qui se posent la question : le budget Girard ne contient aucune nouvelle baisse de taxe ni d’impôts. Sept autres annonces pourraient tout de même avoir un impact concret sur vos finances.

1. Des subventions pour vous protéger des inondations

Québec mettra en place dès cette année un nouveau volet du programme Rénoclimat afin de permettre aux citoyens d’adapter leur habitation face aux effets croissants des changements climatiques.

L’aide financière permettra d’effectuer des « travaux de protection des fondations ou d’installation d’un clapet anti-retour pour se protéger contre les risques d’inondation pluviale dans les zones à risque », peut-on lire dans les documents budgétaires.

Les paramètres et critères d’admissibilité de ce nouveau volet du programme Rénoclimat, qui offre depuis plusieurs années des conseils personnalisés en plus d’une aide financière pour la rénovation écoénergétique, doivent être dévoilés plus tard au printemps.

L’État a prévu débourser 25 millions $ à cette fin en 2026-2027. Ce montant augmentera graduellement jusqu’à 125 millions $ en 2029-2030. L’enveloppe globale, sur cinq ans, est de 425 millions $.

2. Immeubles locatifs : une aide financière pour des thermopompes

Le programme LogisVert sera bonifié, avec un investissement de près de 160 millions $ sur quatre ans, afin de « rejoindre les ménages locataires, en incitant les propriétaires d’immeubles multilogements à installer des thermopompes ».

Pour la première fois, les propriétaires d’immeubles locatifs pourront bénéficier de ce programme d’Hydro-Québec qui permet depuis quelques années aux ménages d’économiser sur leur facture d’énergie. Ils seront à leur tour admissibles à une aide financière pour améliorer la qualité de vie de leurs locataires et réduire leur facture d’électricité. 

3. Garderies : 5 000 nouvelles places subventionnées

Le ministre Girard en avait fait l’annonce la veille du dépôt du budget. Ce n’est donc pas une surprise, mais c’est digne de mention : 5 000 nouvelles places de garde non subventionnées seront converties, d’ici cinq ans, en places subventionnées à 9,65 $ par jour. C’est cinq fois plus que ce qui avait été annoncé l’année dernière.

La mesure coûtera, à terme, 95 millions $ par année à l’État québécois. Depuis 2021, le gouvernement se targue d’avoir annoncé la création de près de 46 000 places de garde subventionnées supplémentaires, en plus de la conversion de près de 16 000 places d’ici 2027-2028.

« Le gouvernement souhaite offrir aux familles un accès équitable aux services de garde subventionnés sur l’ensemble du territoire du Québec, peut-on lire dans le Plan budgétaire. Ainsi, la conversion des 5 000 nouvelles places se fera d’abord dans les régions où il y a un écart important entre le nombre de places de garde subventionnées et non subventionnées. Ensuite, parmi les régions identifiées, le gouvernement priorisera les milieux les plus défavorisés, ce qui permettra d’améliorer la situation des familles qui en ont le plus besoin. »

4. Hausse des taxes scolaires limitée à 3 %

Le gouvernement plafonnera à 3 % la hausse moyenne du compte de taxe scolaire des Québécois, pour l’année 2026, comme il l’a fait, pour chaque année, depuis 2022. La décision est habituellement communiquée plus tardivement, mais cette fois-ci, le ministre des Finances a fait le choix de l’annoncer à l’occasion du dépôt du budget.

Précision importante : certains propriétaires pourraient voir leur facture de taxe augmenter au-delà du plafond établi à 3 % si la valeur de leur propriété a augmenté davantage que la moyenne lors du dépôt d’un nouveau rôle d’évaluation. D’autres propriétaires, en revanche, paieront moins.

Rappelons que le gouvernement Legault a instauré un taux unique de taxation pour l’ensemble du Québec en juillet 2020. Afin de s’assurer que le plafonnement ne plombe pas le financement des écoles, l’État versera une subvention additionnelle de 96 millions $ aux organismes scolaires pour combler le manque à gagner.

5. 1 000 nouveaux logements abordables

 Afin de soutenir l’accès au logement, le gouvernement investira une somme additionnelle de 209 millions de dollars pour construire 1 000 logements abordables dans les trois prochaines années, dont 137 millions $ en 2027-2028.

Québec investira aussi 272 millions $ pour adapter et rénover le parc de logements et 259,5 millions $ pour sécuriser l’accès à un toit aux ménages les plus vulnérables, pour un total de 740 millions $. Malgré les critiques des partis d’opposition quant à la gestion de la crise du logement, l’État québécois vante son bilan et affirme que ses actions récentes ont eu pour effet d’augmenter l’offre de logements sociaux et abordables.

Le taux d’inoccupation des logements locatifs est passé de 1,8 % en 2024 à 2,7 % en 2025 au Québec, un signal que « le rééquilibrage du marché est bien amorcé », se félicite-t-on dans le Plan budgétaire.

6. Amélioration du régime volontaire d’épargne-retraite

Actuellement moins attractif que le REER collectif, le régime volontaire d’épargne-retraite (RVER) sera « amélioré », a annoncé le gouvernement, qui vante les mérites de cet outil d’épargne-retraite à faible coût introduit en 2013.

Des modifications permettront notamment d’instaurer un taux de cotisation minimal de 2 % du salaire et les administrateurs pourront fermer, dans certaines situations, les comptes inactifs. L’État souhaite simplifier l’administration des cotisations et introduire de nouvelles options de placements avec cotisation de l’employeur. La loi devra être modifiée pour pouvoir mettre en œuvre les modifications proposées.

7. Déclaration de revenus automatisée pour les plus vulnérables 

À l’instar du fédéral, le gouvernement du Québec annonce qu’il remplira automatiquement la déclaration de revenus de certains particuliers parmi les plus vulnérables à compter de 2027 (pour l’année d’imposition 2026).

Cela permettra à au moins 10 000 citoyens de recevoir des aides fiscales auxquelles ils ont droit, comme le crédit d’impôt pour la solidarité ou la prime au travail. À elles seules, ces deux mesures permettent aux personnes à faible revenu de recevoir au moins 1 570 $.

Le versement de ces aides est toutefois conditionnel à la production d’une déclaration de revenus. Or, environ 3 % à 5 % de la population ne la produit pas, d’où l’annonce du gouvernement qui souhaite aider les personnes en situation de vulnérabilité. Le projet pilote de Déclaration de revenus simplifiée sera par ailleurs élargi l’an prochain à une clientèle plus importante.

8. Maintien du budget des sorties scolaires culturelles 

Le milieu culturel se réjouira d’apprendre que Québec maintient, finalement, ses budgets dédiés aux sorties scolaires en milieu culturel. Il n’y aura pas d’argent neuf, mais il n’y aura pas de compressions non plus.

Le gouvernement prévoit des investissements de 119 millions $ sur cinq ans afin de maintenir le financement de « La culture à l’école » et des « Sorties scolaires en milieu culturel ». Ces dernières permettent aux élèves – du préscolaire jusqu’au secondaire – de visiter gratuitement des musées, des théâtres ou des sites patrimoniaux.

À lire aussi : Impôts 2025 : une déclaration « en quelques clics » pour 340 000 Québécois

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