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Un modeste crédit d’impôt pour compenser la hausse du coût de la vie

Par Jean-François Gazaille
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Un peu plus de 3,3 millions de Québécois à faible revenu toucheront d’ici le 4 février un modeste crédit d’impôt de 200 à 275 $ versé directement dans leur compte bancaire.

Ce montant forfaitaire et non récurrent est une prestation exceptionnelle visant à compenser la hausse substantielle du coût de la vie observée depuis le début de la pandémie.

«Ce crédit d’impôt est mieux que rien, mais, sur une année, il reste insuffisant et ne parvient même pas à pallier la hausse du prix des aliments», note Roger Lafrance, conseiller budgétaire à l’ACEF Montérégie-Est.

L’indice des prix à la consommation a grimpé de 3,8 % au Québec en 2021; le prix des aliments a bondi de 2,5 % et celui du logement, de 3,9 %. En revanche, les salaires n’ont augmenté que de 2,6 % à l’échelle du Canada.

«Pour une personne seule, ça revient à 5,29 $ de plus par semaine, estime Sylvie Bonin, coordonnatrice à l’ACEF Estrie. C’est peu quand tu absorbes la hausse des coûts depuis un an déjà.»

Revenus de 50 000 à 55 000 $

Annoncée par le ministre des Finances Éric Girard lors d’une mise à jour budgétaire dévoilée à la fin de novembre, cette mesure est exclusivement destinée aux personnes seules déclarant un revenu annuel d’au plus 50 645 $ ou aux ménages déclarant un revenu annuel maximal de 55 519 $.

Chaque bénéficiaire vivant en couple ou en colocation a donc droit à un crédit non imposable de 200 $. Les personnes vivant seules ont droit à un montant majoré à 275 $.

Le calcul du montant des prestations repose sur la différence entre un taux d’inflation moyen de 2,64 % et un taux d’inflation de 4 % observé en 2021, appliquée à un panier de consommation annuel type.

Pour une personne à faible revenu, la valeur de ce panier a été établie à 20 709 $, de sorte que la prime inflationniste s’élève à 281,64 $. Pour un couple, ces sommes sont respectivement de 29 287 $ et de 398,30 $.

Solidarité inefficace

Sylvie Bonin dit comprendre le calcul de Revenu Québec, mais déplore l’arrivée tardive de cette aide: «Les gens en arrachent depuis le mois d’août!».

Et c’est sans compter la «déconnexion» du ministre Girard lorsqu’il a expliqué pourquoi l’argent ne serait distribué qu’à partir de janvier. «Si on l’avait donné avant [Noël], peut-être que [cet argent] serait allé en consommation, tandis qu’en le donnant après, les gens pourront juger s’ils veulent consommer ou épargner, a-t-il dit. C’est très insultant et ça nourrit les préjugés envers les gens qui ont moins d’argent», dénonce Mme Bonin.

Roger Lafrance, de l’ACEF Montérégie-Est, souhaiterait une «mesure permanente», par exemple une augmentation du crédit d’impôt pour la solidarité, lequel serait versé chaque mois.

Le gouvernement du Québec a commencé à émettre lundi dernier les premiers versements de sa prestation exceptionnelle, qui coûtera 739,6 millions de dollars au trésor public.

Bien que le crédit soit automatiquement versé au compte bancaire, on peut aussi le recevoir par la poste sous forme de chèque en en faisant la demande auprès de Revenu Québec.

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