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Les transporteurs canadiens revoient leurs offres de destinations

Par Marie-Eve Shaffer
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Vous planifiez de vous envoler dans les prochains mois pour aller visiter des proches ou passer du bon temps dans une destination prisée ? Sachez que, si le trafic aérien reprend de la vigueur, il est encore loin de son niveau prépandémique.

D’après les estimations du directeur de l’Observateur de l’aéronautique et de l’aviation civile de l’Université du Québec à Montréal et professeur de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, Mehran Ebrahimi, environ 15 % des vols d’avion étaient rétablis au Canada à la mi-juillet, contre près de 70 % aux États-Unis. Selon lui, la reprise des déplacements aériens dépendra du taux de vaccination contre la COVID-19, mais aussi de la conjoncture de la pandémie dans le monde.

« Le variant Delta vient jouer le trouble-fête dans la mesure où il évolue vite », dit-il, en évoquant le Royaume-Uni et les États-Unis, deux pays fortement touchés par ce sous-type du coronavirus.

Reprise des vols

Malgré l’incertitude, les transporteurs aériens planifient déjà d’augmenter les liaisons. Air Canada entend ajouter dans les prochaines semaines des vols vers des villes canadiennes et américaines, et vers d’autres destinations internationales, mais ses services au troisième trimestre seront encore de 65 % inférieurs à ceux proposés à la même période en 2019. Air Transat préconise la même approche progressive, en alliant des destinations canadiennes, américaines et internationales, d’après ce qu’a rapporté le Journal de Montréal.

Sunwing et WestJet, pour leur part, n’ont pas dévoilé leur stratégie pour les prochains mois depuis l’annonce de l’assouplissement des mesures sanitaires et n’ont pas non plus répondu à nos demandes d’entrevue.

Les grands transporteurs canadiens pourraient-ils se concentrer sur les destinations canadiennes pendant la reprise économique, en attendant que la pandémie soit maîtrisée dans le monde ? Mehran Ebrahimi n’y croit pas. « Nous avons un marché intérieur qui n’est pas très fort, souligne-t-il. Le transport aérien au Canada va chercher son pain et son beurre dans les vols internationaux. Les vols intérieurs ramènent souvent les gens dans le circuit international. »

La compagnie aérienne canadienne Porter a d’ailleurs récemment annoncé l’acquisition de 80 avions à réaction pour desservir des destinations canadiennes, américaines, mais aussi mexicaines et même caraïbéennes, à partir de l’aéroport Pearson de Toronto, en plus des terminaux d’Ottawa, de Montréal et de Halifax dès 2022.

Les destinations internationales prisées

Dans le réseau international, les destinations soleil sont très populaires. D’après un sondage réalisé au mois de mai par CAA-Québec, 39 % des consommateurs qui envisagent sérieusement de voyager en avion dans un avenir proche planifiaient d’aller se détendre sur une plage. Les transporteurs aériens pourraient-ils privilégier ces pays chauds, au détriment de l’Europe, de l’Asie ou de l’Afrique – dans la mesure où ceux-ci seront prêts à accueillir les touristes ? Ce sont deux clientèles bien différentes, d’après M. Ebrahimi.

Selon lui, dans les vols internationaux, les entreprises canadiennes tenteront surtout de combler les sièges en classe affaires ou en première classe, qui s’avèrent plus payants pour eux. « Un siège de la classe affaires rapporte de 9 à 11 fois plus qu’un siège en classe économique. Les compagnies aériennes essaient de ramener les gens d’affaires et les personnes fortunées dans les avions pour remplir ces sièges. Elles savent très bien que les clients qu’elles visent, ce ne sont pas ceux qui partiront pour 1000 $ dans un tout-compris à Punta Cana ou Varadero. »

L’Europe et les États-Unis font partie des destinations qui se trouvent dans la mire de 35 % des voyageurs, d’après le coup de sonde de CAA-Québec. Les pays de l’Union européenne sont disposés à accueillir des touristes canadiens depuis le 1er juillet alors que nos voisins du Sud ont prolongé la fermeture de leurs frontières jusqu’au 21 août pour les déplacements non essentiels.

Des hausses de prix ?

Malgré l’aide gouvernementale, les finances des transporteurs aériens ont été mises à rude épreuve pendant la crise sanitaire. Le directeur de l’Observatoire de l’aéronautique et de l’aviation civile s’attend à ce que les prix des circuits moins rentables augmentent, mais il en sera tout autrement pour les vols très profitables.

« Un des trajets les plus rentables au monde, c’est Montréal-Paris, explique-t-il. Toutes ces compagnies veulent y être. Pour pouvoir garder des créneaux sur ce trajet, le seul argument, c’est le prix. Ce qui fait qu’il y aura une concurrence très forte. »

Et le transporteur à bas prix Flair pourrait profiter de cette période pendant laquelle les grandes entreprises aériennes se concentrent sur la reprise de leurs activités pour faire sa place dans le marché canadien.

« Traditionnellement, au Canada, quand une compagnie arrivait avec des prix intéressants low cost, Air Canada ou WestJet parvenait à rivaliser avec ces prix, mais, aujourd’hui, ils sont aux prises avec d’autres problèmes », rapporte Mehran Ebrahimi.

D’après lui, les tarifs réduits de Flair devront éventuellement être révisés à la hausse pour que l’entreprise puisse être rentable. Quand ? Ça reste à voir, mais probablement pas cet automne.

Manque de pilotes qualifiés

Si plusieurs liaisons sont progressivement rétablies par les transporteurs aériens, il faudra patienter encore un peu pour que la fréquence des vols augmente. Le professeur de l’UQAM explique que trop peu de pilotes qualifiés sont prêts à reprendre les commandes d’un avion.

« Étant donné que ça fait de 12 à 18 mois qu’ils n’ont pas volé, les pilotes ont perdu leur routine et leur savoir-faire, mentionne-t-il. Ils doivent repasser dans le simulateur tous les six mois pour que leur licence soit valable. Et les simulateurs, ça ne court pas les rues. » Les pilotes d’avion, qui ont été mis sur la touche depuis le début de la pandémie, devront s’entraîner pour retrouver leurs réflexes, ce qui risque de retarder le retour à la normale dans l’industrie aérienne.

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