Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Ces jouets dangereux pour vos enfants

Par Mise en ligne : 01 décembre 2007

Shutterstock

Ces jouets dangereux pour vos enfants Shutterstock

L’industrie du jouet au Canada génère des revenus d’environ 1,5 milliard de dollars par année. Or, dans le monde des joujoux, la concurrence est telle que les fabricants sont parfois tentés de rogner sur la qualité des matériaux, donc sur la sécurité.

Et les rappels massifs des derniers mois –des accessoires Barbie aux jouets aimantés, en passant par les crayons, les anneaux de dentition et les figurines Dora l’Exploratrice – n’ont rien pour rassurer les parents. Le dernier rappel de Mattel, qui élevait à 21 millions le nombre de jouets que le géant américain retirait du marché en cinq semaines, a mis l’industrie du jouet en mode panique. Si bien que, en septembre dernier, Toys R Us a annoncé qu’il avait engagé des ingénieurs pour contrôler la qualité des produits qu’il distribue, alors que Walt Disney a affirmé qu’il comptait mettre en place ses propres tests.

Les failles du système

Parmi les plus fréquentes, on compte la présence de matériaux inflammables ou toxiques (le PVC et le plomb, par exemple), de supports pour piles défectueux (posant un risque de surchauffe), de cordes et d’élastiques trop longs (risque de strangulation) ou encore de pièces ou de pellicules de plastique qui peuvent se détacher et être avalées (risque d’étouffement).

Si certains accidents sont mineurs, d’autres glacent le sang. Par exemple, au cours des deux dernières années, certains jouets magnétiques ont dû être retirés du marché, car de petits aimants pouvaient s’en détacher. Or, s’ils étaient avalés, les aimants pouvaient s’attirer entre eux et perforer ou bloquer l’intestin de l’enfant. Résultat: un bébé d’à peine 20 mois en est mort et plus d’une vingtaine de bambins ont eu besoin d’une intervention chirurgicale d’urgence.

CPSC

Autre rappel: au moins 249 enfants ont coincé leur main à l’intérieur du four jouet «Easy-Bake Oven» (photo) rappelé au Canada et aux États-Unis (voir photo). Au total, 77 bambins ont subi des brûlures et une fillette a dû se faire amputer une partie du doigt.

En théorie, les jouets doivent respecter les normes de la Loi sur les produits dangereux et son Règlement sur les produits dangereux (jouets), administrés par le Bureau de la sécurité des produits de consommation de Santé Canada. Sauf que, en pratique, il n’y a aucun processus d’approbation avant que les jouets ne se trouvent en magasin.

Les vérifications du ministère se font après la mise en marché, et Santé Canada dispose d’à peine 40 inspecteurs – dont 10 au Québec – pour les effectuer. «C’est la responsabilité des fabricants, des importateurs et des détaillants de s’assurer que leurs produits respectent nos normes», explique Renée Bergeron, de la division de la sécurité des produits à Santé Canada. Le hic? Bien que la grande majorité des fabricants offre des produits sécuritaires, aucune loi ne les oblige à le garantir. Santé Canada affirme qu’il peut saisir des produits jugés dangereux, mais le ministère ne peut ni exiger un rappel ni imposer des sanctions aux fabricants fautifs.

Pire encore: alors que les fabricants doivent informer les autorités américaines de tout accident relié à l’utilisation de leurs produits, rien ne les y oblige au Canada. En novembre 2006, un rapport de la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, soulignait pourtant les inquiétudes de Santé Canada qui disait ne pas être en mesure de faire les vérifications nécessaires.

Le branle-bas qu’a engendré la sortie du rapport et les rappels massifs des derniers mois ont donc forcé le ministre canadien de la Santé, Tony Clement, à réagir. À preuve, il s’est empressé d’annoncer qu’il examinerait les lacunes des procédures actuelles et qu’il entamerait une révision des règlements entourant la sécurité des produits. Au moment de mettre sous presse à la fin d’octobre, Santé Canada lançait un nouveau site Internet regroupant les produits pour enfants rappelés au pays ainsi que les rappels d’aliments de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Bon à savoir

Les jouets qui portent la mention «Conforme aux normes de sécurité F963» se conforment à la norme F963 de la Société américaine pour les essais et les matériaux (ASTM), qui établit des standards de sécurité stricts.

Les fabricants apposent le pictogramme du rond rouge et blanc «0-3 ans» lorsqu’un jouet pose un risque pour les enfants de moins de trois ans (s’il comporte de petites pièces, par exemple).

Le choix des consommateurs

N’empêche que, pour le moment, les jouets défectueux ont beau être rappelés, la situation se complique lorsqu’il faut les rapporter au magasin, notamment parce que les modalités de retour varient beaucoup d’un détaillant à l’autre. De plus, certains détaillants (Costco, Sears, Best Buy et Ikea, par exemple) ont une section sur leur site Internet où les rappels sont annoncés, alors que d’autres (comme Wal-Mart et Toys R Us) n’en ont pas. «Les consommateurs ont peut-être un mea culpa à faire, pense Danielle Charbonneau, d’Option consommateurs. On veut acheter toujours plus et payer toujours moins, alors qu’acheter davantage de produits locaux peut réduire les risques», explique-t-elle en précisant que le prix payé a un certain impact sur la qualité: «Le jouet plus cher sera probablement de meilleure qualité que celui qu’on achète dans un magasin à 1 $, mais ce n’est pas une garantie.»

>> À lire aussi sur notre site: Stoppez l’avalanche de jouets!

Les problèmes de non-conformité des jouets concerneraient beaucoup de magasins de ce type dans lesquels on vend une profusion de produits en provenance d’Asie. «Ceux-ci arrivent en grande quantité et sont rapidement remplacés. Il est presque impossible d’avoir le temps de les évaluer avant qu’ils n’aient disparu des tablettes», déplore Mme Charbonneau. Bien qu’Option consommateurs informe Santé Canada des jouets qu’elle juge dangereux, ces plaintes ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan des milliers de jouets vendus sur le marché canadien. Après les nombreux rappels des derniers mois, on souhaite que Santé Canada ait le pouvoir d’imposer des sanctions aux fabricants fautifs, comme le promettait le ministre de la Santé en août dernier.

Santé Canada

 
Choisir des jouets sécuritaires

Voici les règles que doivent observer les fabricants, distributeurs et importateurs de jouets au Canada.

  • Dangers mécaniques: les jouets doivent supporter une force d’arrachement déterminée, les risques de suffocation doivent être identifiés, le niveau sonore ne doit pas dépasser 100 décibels, les élastiques doivent respecter un degré d’extensibilité maximal, absence de morceaux coupants, absence de petites pièces sur les jouets destinés aux bambins de moins de trois ans. Sur la photo ci-dessus: les petits nez et yeux rigides des poupées et des peluches doivent résister à une force d’arrachement de 20 lb (9 kg) pendant cinq minutes.
  • Dangers reliés au feu: non-inflammabilité du jouet.
  • Dangers chimiques et microbiologiques: absence de substances toxiques, absence de micro-organismes vivants dans les matériaux de remplissage.
  • Dangers reliés à l’électricité ou à la chaleur: les jouets doivent respecter les normes de l’Association canadienne de normalisation.

Mr Toy Safety

Malcolm Denniss a dédié sa vie à la sécurité des jouets, notamment en ayant développé des normes de qualité en Europe et aux États-Unis. Celui qu’on surnomme Mr Toy Safety – Monsieur Sécurité des jouets – travaille aujourd’hui pour la plus grande firme de normalisation du monde, et croit que les jouets d’aujourd’hui sont généralement beaucoup plus sécuritaires que ceux d’autrefois. Selon lui, l’évolution des techniques de production a permis notamment de remplacer des matériaux coupants et dangereux (le métal, par exemple) par des matériaux moins risqués, comme le plastique. «S’il y a plus de rappels de jouets aujourd’hui, c’est parce que les fabricants prennent davantage leurs responsabilités et que les consommateurs sont mieux informés lorsqu’un accident se produit», explique-t-il en précisant que les standards de sécurité sont aussi beaucoup plus élevés qu’autrefois.

Ainsi, le meilleur moyen d’assurer la sécurité des enfants serait de respecter l’âge pour lequel un jouet a été fabriqué. On peut ainsi éviter que bébé ne s’étouffe avec de petites pièces ou encore que ses doigts demeurent coincés dans un endroit assez étroit pour qu’un enfant plus vieux ne puisse y insérer la main. Quant au tollé qu’ont soulevé les nombreux rappels de jouets fabriqués en Chine, Malcolm Denniss ne s’inquiète pas outre mesure des produits fabriqués dans la République populaire: «Toutes proportions gardées, les probabilités qu’un problème survienne là-bas ne sont pas plus élevées qu’ailleurs dans le monde.» Ainsi, il n’est pas surprenant que la majorité des rappels concernent la Chine, compte tenu que la majorité des jouets de la planète y sont fabriqués.

Quelques recommandations de Santé Canada:

Évitez les jouets qui ont des pointes aiguës et des bords coupants ainsi que ceux qui sont munis d’une longue corde ou d’une corde très extensible; un enfant pourrait l’enrouler autour de son cou et s’étrangler.

Testez les poupées et les peluches avant de les acheter en tirant sur le nez et sur les yeux en plastique. S’ils cèdent rapidement, un bambin pourrait facilement les décoller, les mettre dans sa bouche et les avaler.

Écartez les coutures des peluches; on ne doit pas voir le rembourrage ou les billes en styromousse. Aussi, tirez sur les poils et assurez-vous qu'ils résistent.

Frottez les bijoux pour enfants sur une feuille de papier. S’ils laissent une trace similaire à celle d’un crayon, c’est qu’ils contiennent fort probablement du plomb, surtout s’ils sont lourds, de forme grossière et de couleur terne.

Retirez les jouets faits à base de PVC, un matériau toxique s’il est mordillé pendant de longues périodes. Certains d’entre eux portent un symbole de recyclage affichant le numéro 3 ou encore la mention «vinyle» ou la lettre «V».

Rendez le compartiment à piles inaccessible pour le bambin. S’il les déplace, elles peuvent couler et provoquer des brûlures.

En cas d'inquiétudes à propos d’un jouet en particulier, contactez le Bureau de la sécurité des produits de consommation au 1-866-662-0666.

Informez-vous des rappels de jouets au Canada et aux États-Unis (Consumer Product Safety Commission et Recalls.gov).

Ajouter aux favoris
Ajouter aux favoris

Pour suivre toutes les mises à jour et nouveautés sur cet article, vous devez être connecté.

Loisirs et famille

Commentaires 0 Masquer

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.