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Comment choisir son psychologue ou son psychothérapeute

Par Céline Montpetit
psychotherapeute Mix Tape/Shutterstock.com

Pour « réussir » votre thérapie, le choix du psychologue ou du psychothérapeute est plus important que l’approche que ce professionnel utilise. Voici comment dénicher un psy qui vous convient, et quelques indices vous permettant de confirmer que vous êtes entre bonnes mains.

Au moment de consulter un psy pour la première fois, Henri (prénom fictif), un homosexuel alors âgé de 33 ans, venait de sortir du placard et cherchait un professionnel pour le guider dans sa « nouvelle vie ». « La première psychologue que j’ai consultée était souriante et bien intentionnée, mais j’ai rapidement senti qu’elle n’était pas la bonne personne pour m’aider, puisqu’elle semblait peu expérimentée avec une clientèle homosexuelle et qu’elle ne me posait pas de questions en lien avec ce que je vivais profondément. Mon impression s’est confirmée quand, plus tard, elle m’a tendu un dépliant faisant la promotion de croisières pour personnes gaies. J’ai trouvé son intervention touchante d’amateurisme, et inadéquate, surtout que je lui avais précisé ne pas vouloir m’isoler en ne fréquentant que des gais », relate-t-il.

Henri a pris la bonne décision en cessant de voir cette psychologue au bout de trois rencontres. C’est ce que lui aurait conseillé de faire Nicholas Pesant, Ph. D., psychologue, chargé de cours et superviseur au Département de psychologie de l’Université de Montréal, que nous avons interviewé pour les besoins de cet article.

Les approches thérapeutiques

Si votre premier réflexe est de chercher un psychothérapeute selon l’approche ou la technique qu’il utilise, vous faites fausse route. « Le succès de votre psychothérapie repose avant tout sur le choix du thérapeute », explique d’emblée Nicholas Pesant.

L’approche – ou l’orientation – est d’autant moins importante que la plupart des psychothérapeutes sont « intégratifs», c’est-à-dire qu’ils jonglent, au fil des rencontres et des enjeux du patient, avec plusieurs d’entre elles.  

La plus connue et la plus médiatisée est la thérapie de type cognitivo-comportementale (TCC), qui a la réputation d’être plus efficace que les autres. « Voilà un mythe à déconstruire », tranche Nicholas Pesant. Selon lui, les recherches les plus récentes établissent qu’aucune approche n’est clairement supérieure à une autre. Autrement dit, la TCC est un outil parmi tant d’autres, mais pas une panacée.

Le psychothérapeute « devrait se montrer flexible dans l’utilisation des différentes approches et s’adapter aux besoins du patient », poursuit Nicholas Pesant. Il cite l’exemple d’une personne très cartésienne qui cherche constamment à avoir beaucoup de contrôle sur sa vie, préférant lorsque les choses sont prévisibles, rationnelles et organisées. On pourrait croire que ce type de patient gagnerait à être traité par la TCC, qui est plus structurée et plus concrète que les autres approches. « Parfois, ça fonctionne sur papier et ça se confirme dans la pratique; parfois non», nuance le psychologue. Ainsi, la TCC serait inadéquate « pour une personne qui a besoin d’apprendre à tolérer une certaine incertitude et pour qui une thérapie très structurée pourrait renforcer quelque chose qui a besoin d’être déconstruit », fait-il valoir.

Les quatre grandes « orientations théoriques » répertoriées par l’Ordre des psychologues du Québec

 

Existentielle-humaniste : cette orientation considère que « l’humain possède en lui les ressources pour se réaliser ». Ainsi, après vous avoir fait prendre conscience de vos difficultés, le psychothérapeute vous amènera à prendre les décisions adaptées à qui vous êtes et à ce que vous ressentez.

 

Psychodynamique-analytique : cette approche fait appel à la notion d’inconscient. Le psychothérapeute vous fera prendre conscience de vos expériences passées, de vos conflits refoulés et non résolus ainsi que de l’influence qu’ils exercent sur votre fonctionnement actuel.

 

Systémique-interactionnelle : lorsqu’un professionnel utilise cette approche, c’est pour vous encourager à « modifier les relations entre vous et votre entourage ». Avec cette technique, il est « fréquent que le psychothérapeute rencontre des personnes qui sont significatives » dans votre vie.

 

Cognitivo-comportementale : cette approche considère que vos difficultés psychologiques sont liées à des pensées (ou croyances) qui influencent négativement vos comportements et vos émotions. Votre psychothérapeute vous aidera à identifier concrètement ces pensées et à les modifier.

Le premier contact

Vous voici en face de la personne à qui vous allez confier des pans intimes de votre vie, des pensées que vous ne révélerez à personne d’autre. Comment savoir s’il s’agit de la perle rare qui saura vous aider à surmonter vos difficultés?

Au moment de votre premier rendez-vous, une fois les questions pratiques réglées (horaires, pénalités en cas d’annulation, tarifs, reçus pour assurances, etc.), Nicholas Pesant vous conseille d’observer attentivement comment vous vous sentez au contact du psychothérapeute. Avez-vous le sentiment qu’il vous écoute, qu’il cerne bien votre problème et qu’il comprend vos besoins? Aimez-vous sa « manière d’être », êtes-vous à l’aise de lui confier vos problèmes? Si, au bout d’une rencontre ou deux, vous constatez que ce n’est pas le cas, trouvez quelqu’un d’autre, car la qualité de « l’alliance thérapeutique » (voyez plus bas) est l’un des meilleurs prédicateurs du succès de votre thérapie, selon Nicholas Pesant. Et sachez que même si un psy vous a été chaudement recommandé par quelqu’un qui a profité de son expertise, cela ne signifie pas qu’il sera adéquat pour vous.

L’alliance thérapeutique : une collaboration essentielle

La question qu’on pose le plus souvent à Nicholas Pesant lors d’un premier rendez-vous : « Parlerez-vous durant les rencontres? » Oui, répond-il chaque fois, car il doit y avoir une forme d’interaction qui va au-delà de la simple écoute passive. Cela étant dit, il ajoute que le rôle du psychologue ne se résume pas à donner des conseils et des solutions : « C’est un travail d’équipe. »

Il est primordial que vous choisissiez quelqu’un en qui vous aurez pleinement confiance, qui cernera vos enjeux, qui respectera votre rythme et avec qui vous pourrez exprimer sans crainte tout inconfort ou doute sur ses interventions. Sans cette aisance à tout se dire – dans le respect, bien sûr –, « les chances de réussite sont minces », affirme le psychologue. Le cabinet de votre psy devrait donc représenter un espace sécuritaire, un lieu où vous ne craindrez pas d’être jugé et de vous montrer vulnérable.

Nicholas Pesant conseille aux gens de ne pas hésiter à faire le point sur l’avancement de leur psychothérapie en cours de traitement. Avez-vous l’impression de stagner? Faudrait-il revoir vos objectifs? Parlez-en ouvertement!

Cette alliance thérapeutique, Henri l’a finalement expérimentée avec une autre psy qu’il a consultée pendant quelques années. «Je m’estime chanceux de l’avoir trouvée. Avec elle, je n’étais pas stressé comme avec la première. Enfin, j’avais quelqu’un devant moi qui comprenait tous les sujets que j’abordais, que ce soient mes rencontres amoureuses, ma relation avec mes parents ou mes défis professionnels. Elle démontrait un réel souci de mon bien-être; je me suis senti compris et accompagné », raconte-t-il, avant d’ajouter : « Plusieurs années plus tard, je l’ai croisée par hasard dans la rue et elle se souvenait de moi. J’étais très content de lui présenter mon chum! Elle était visiblement et sincèrement heureuse pour moi. »

S’impliquer

Bien que la psychothérapie puisse vous faire du bien, le processus peut se révéler anxiogène s’il vous amène à explorer des aspects de votre vie que vous avez tendance à éviter. « Parfois, les gens veulent arrêter de souffrir, mais ils ne sont pas toujours prêts à changer, à poser les gestes nécessaires pour aller mieux », constate Nicholas Pesant. « Si le patient attend passivement une réponse qui va tout régler, ça part mal », poursuit le psychologue. Votre implication est donc essentielle.

S’impliquer peut prendre plusieurs formes. Pour certains patients, il y aura des exercices à faire en dehors des séances; pour d’autres, l’implication prendra la forme de réflexions qu’ils poursuivront seuls, entre les rencontres. D’autres encore verront leur état s’améliorer du simple fait d’avoir été entendus, compris et validés par un professionnel objectif. Bref, il n’y a pas de recette unique. À chacun sa thérapie!

Je m’arrête ou je continue?

Vous vous sentez prêt à cesser votre psychothérapie? Abordez la question avec votre psy. Au fil de votre discussion, vous pourriez constater que c’est le temps d’arrêter parce que vous allez effectivement mieux, ou alors que votre désir de mettre fin aux séances est plutôt lié au sentiment d’impuissance que vous éprouvez devant les enjeux difficiles qu’il vous reste à surmonter. Quoi qu’il ressorte de cette réflexion très importante, ne vous attendez pas à ce que votre psy décide pour vous si c’est le moment d’arrêter ou non. « Le psychothérapeute a des connaissances et des compétences en psychologie, mais le client qui consulte est l’expert de son expérience et, ultimement, c’est lui qui est le mieux placé pour dire ce qu’il veut faire », estime Nicholas Pesant.

Qui peut pratiquer la psychothérapie?

 

Depuis 2012, le titre de psychothérapeute est réservé aux psychologues et aux professionnels d’un domaine connexe (comme les travailleurs sociaux, les sexologues, les ergothérapeutes, etc.) qui sont titulaires d’un permis délivré par l’Ordre des psychologues du Québec.

>> À lire aussi : Mon psy est un robot et Apprivoiser l’anxiété de votre enfant par le jeu

Ressource
Ordre des psychologues du Québec – Trouver de l’aide

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