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Achat local: d’où viennent vos produits de soins personnels?

Par Mathilde Roy

Attitude, Groupe Marcelle, Druide… Plusieurs entreprises québécoises de savons, shampoings et maquillage réussissent à se tailler une place aux côtés des géants de la santé et de la beauté, comme L’Oréal, Procter & Gamble, Unilever ou Johnson & Johnson. Voici un aperçu des principaux acteurs dans le domaine des produits cosmétiques.

D’où viennent vos tubes et petits pots?

Inutile de chercher: contrairement au secteur de l’alimentation ou à celui du meuble, il n’existe dans le secteur des produits de soins personnels aucun logo ni sceau officiel indiquant l’origine des produits. Pour trouver le lieu de fabrication de vos shampoings, crèmes et savons, l’étiquette demeure votre meilleure alliée.

En effet, en vertu des lois et règlements fédéraux, l’emballage d’un cosmétique doit mentionner soit le nom et l’adresse de son fabricant ou encore seulement les coordonnées de son distributeur. Un simple coup d’œil sur votre pot de crème devrait vous permettre de savoir si vous avez affaire à un article fait ailleurs et distribué ici ou plutôt à une création canadienne ou québécoise.

>> Lisez tous nos articles sur l'achat local: alimentation, alcool, produits d'entretien ménager, meubles, quincaillerie, véhicules, l'achat local c’est quoi et ce qui est le plus difficile à trouver.

Même si un produit est concocté au Québec, les ingrédients qui le constituent sont rarement 100 % locaux, concèdent différentes entreprises d’ici que nous avons contactées. «Les substances proviennent des endroits où poussent les matières premières», indique Robert P. Boisvert, président de Dermolab Pharma, un fabricant québécois de crèmes, lotions et nettoyants.

Par conséquent, l’eucalyptus, les fruits de karité ou la noix de coco, mentionnés sur bien des emballages, doivent forcément être importés. Plusieurs entreprises s’engagent toutefois à s’approvisionner de manière responsable. Les produits de la québécoise Kariderm, par exemple, sont faits à partir de beurre de karité biologique, certifié équitable et importé directement du Burkina Faso.

Les fabricants locaux intègrent tout de même dans leurs produits de plus en plus d'ingrédients d'ici, remarque Robert P. Boisvert. Notamment la marque Artémis, qui met la flore boréale à l’honneur dans ses petits pots. Ou encore les savons de la Savonnerie des Diligences, qui renferment du sirop d’érable, du miel et même de la bière du Québec.

L’étiquette de gauche n’indique que les coordonnées du distributeur du produit et non celles de son fabricant. D’autres emballages, comme celui de droite, affichent quant à eux clairement leur origine. Les lois et règlements en vigueur au Canada permettent les deux façons de faire.

Maquillage et soins du visage : l’expertise québécoise

Selon IBISWorld, le Groupe Marcelle – qui comprend les marques Marcelle, Annabelle, CW Beggs and Sons et, depuis 2016, Lise Watier – est l’un des plus importants au pays, avec des revenus que le cabinet d'études estime à 83,3 millions de dollars en 2017. D'abord lancée par un médecin de Chicago, cette gamme arrive au Québec dans les années 1970. Depuis, 90 % de ses crèmes, fards à paupières et rouges à lèvres sont conçus et fabriqués dans son usine à Lachine, indique l'entreprise.

Toutes les marques d’ici ne disposent toutefois pas de leur propre usine. Ce qui ne veut pas dire qu’elles importent d’Asie! Les entreprises québécoises Karine Joncas et Jouviance, par exemple, conçoivent leurs cosmétiques à leur siège social montréalais, mais en confient la production à des laboratoires de la province.

En fait, plus de cosmétiques qu’on le pense sont fabriqués ainsi au Québec, dévoile Robert P. Boisvert, président de Dermolab Pharma, qui est derrière les produits d’une cinquantaine de marques d’ici et d’ailleurs, dont IDC. Son laboratoire de Sainte-Julie fait partie de ces fabricants (comme Laboratoire Du-Var, Laboratoire Delon, Functionalab, Color Group) qui se spécialisent tantôt dans la préparation de crèmes, lotions et gels, tantôt dans celle de maquillage.

>> À lire aussi: notre évaluation de 387 crèmes hydratantes pour le visage

Savons, shampoings et Cie aux racines d’ici

Comme c’est le cas dans les produits d’entretien ménager, l’entreprise québécoise Attitude s’impose dans les soins corporels. Présente dans une quarantaine de pays, elle conçoit et fabrique tous ses produits (savons, gels douche, crèmes, shampoings) au Québec – y compris une gamme pour les tout-petits –, à l’exception de ses couches.

Elle incarne aussi la montée fulgurante du naturel et du souci pour l’environnement et les animaux. Sur son site, l’entreprise indique notamment que ses produits sont certifiés ÉcoLogo (empreinte environnementale minimisée) et PETA (sans cruauté et véganes).

Autres exemples de marques d’ici que vous trouverez en pharmacie, dans les magasins de produits naturels ou en ligne : Druide, qui fabrique, dans son laboratoire de Pointe-Claire, une large gamme de produits de soins corporels pour adultes et bébés, dont des dentifrices, chasse-moustiques et crèmes solaires, et qui détient la certification biologique Ecocert; ONEKA, qui fabrique des shampoings, revitalisants et produits corporels à partir d'extraits de plantes biologiques provenant de ses propres jardins; ou encore Mistik, qui fait ses produits de soins capillaires à Montréal. Pour plus de marques, consultez l’encadré «Des répertoires pour vous guider».

DES RÉPERTOIRES POUR VOUS GUIDER

La liste des produits faits ici est longue et il nous est, bien sûr, impossible de tous les nommer. Voici trois répertoires à consulter pour trouver des marques de chez nous :

LES PAGES VERTES

lespagesvertes.ca

CENTRE NATURE SANTÉ

centrenaturesante.com

SIGNÉ LOCAL

signelocal.com

Virage vert

Face aux Dove, Herbal Essence, Aveeno, Nivea et autres marques populaires qui appartiennent à des géants internationaux comme L’Oréal, Procter & Gamble, Unilever ou Johnson & Johnson, de petits producteurs locaux parviennent à tirer leur épingle du jeu. Comment? En se positionnant dans un créneau de marché qui explose en popularité : le bio et le naturel. Richard Morin, cofondateur de Zorah biocosmétiques, une gamme montréalaise de produits de soins à base d’huile d’argan certifiés bios Ecocert et équitables, peut en témoigner : «Les difficultés inhérentes aux certifications bios s’accommodent plutôt mal de la production de masse. Le résultat est que de plus petits joueurs arrivent à se tailler une belle part d’un marché en croissance rapide», dit-il.

32%

des livraisons canadiennes de produits cosmétiques et de soins personnels provenaient, en 2013, du Québec.
Source : Statistique Canada, 2013.

1278$

C’est le montant que dépensent en moyenne les ménages québécois par année en produits de soins personnels de toutes sortes.
Source : Institut de la statistique du Québec, 2016.

>> Lisez tous nos articles sur l'achat local: alimentation, alcool, produits d'entretien ménager, meubles, quincaillerie, véhicules, l'achat local c’est quoi et ce qui est le plus difficile à trouver.

>> À lire aussi: Acheter québécois, mission possible

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  • Par MARIE BARRETTE
    08 Mai 2019

    Marcelle et Nivea ont des boîtes d'emballage "menteuses" pour les crèmes de base pour le visage: un double fond fait paraître le contenant plus gros parce que la boîte est plus haute, mais vous découvrez le "pot aux roses" quand vous sortez le pot de la boîte... décevant et arnaqueur ! Dommage, ce sont de bons produits. Marie B.

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    Par Céline Cyr
    14 Juin 2019

    Effectivement leurrer le consommateur sur le contenant fait perdre confiance relativement au contenu, selon moi. Ce marketing mensonger nuit aux marques québécoises qui ne font pas confiance à l’intelligence de leur clientèle cible.
    Hummm! À revoir!

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