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Quels types de crimes sont commis sur Facebook, Twitter et MySpace?

Par Frédéric Perron
Shutterstock

Quels types de crimes sont commis par l’entremise des réseaux sociaux? Qui sont les suspects et les victimes? Deux chercheurs québécois tentent d’y voir plus clair.

Au Québec, 30 % des adultes visitent les réseaux sociaux, selon le CEFRIO. Chez les 18 à 34 ans, ce taux de fréquentation atteint 60 %. Pourtant, les services policiers ne tiennent pas de statistiques au sujet des crimes par le biais des réseaux sociaux. C’est pourquoi Benoît Dupont et Vincent Grautrais, respectivement professeurs de criminologie et de droit à l’Université de Montréal, ont décidé d’étudier la question.

Leur démarche: analyser les crimes et les situations à risque rapportés sur près de 90 sites d’actualité généralistes et spécialisés, basés dans différents pays. Leur étude, qui s’étale sur deux ans, se terminera en octobre prochain. Ils ont toutefois dévoilé les résultats préliminaires de leur recherche jeudi dans le cadre du Colloque Francopol sur la cybercriminalité, à Boucherville.

40 % des crimes à caractère sexuel

Jusqu’à maintenant, les chercheurs ont recensé près de 700 crimes ou situations à risque, dont 40 % à caractère sexuel. D’entrée de jeu, Benoît Dupont y va d’un gros bémol: «Il faut faire très attention et ne pas extrapoler pour dire que 40 % des crimes commis sur le Web 2.0 sont des crimes sexuels, dit-il. Notre enquête est basée sur des articles d’actualité. Or, les journalistes doivent vendre des journaux et les compagnies de sécurité doivent vendre des logiciels. Il ne faut pas s’étonner qu’ils s’intéressent à ce type de crime.»

Les menaces et violences physiques ainsi que les attaques informatiques sont aussi fréquemment rapportées; elles représentent chacune 16 % des crimes médiatisés. Le type de crime commis varie selon le site Web 2.0. Sur Craigslist et MySpace, la plupart des crimes rapportés sont de nature sexuelle. «Il y a beaucoup d’offres de prostitution sur Craigslist, souligne M. Dupont. De son côté, MySpace est principalement utilisé par des mineurs, ce qui en fait un terrain privilégié pour les prédateurs sexuels.»

Les suspects ont en moyenne 29 ans, alors que les victimes ont en moyenne 19 ans. «On ne parle pas de pervers dans la soixantaine, note M. Dupont. Cela correspond à la structure démographique du Web 2.0.» Sur Facebook et Twitter, la plupart des crimes signalés sont des attaques informatiques. «Sur Twitter, les liens sont raccourcis et donc masqués, explique M. Dupont. On ne sait pas vers quel site on va être dirigé. C’est un outil rêvé pour les pirates qui veulent propager des logiciels malveillants.»

Pas de panique

Selon M. Dupont, il faut relativiser ces chiffres. «On a réussi à identifier dans les médias seulement 700 affaires criminelles ou risquées pour les internautes, dit-il. Or, Facebook compte 400 millions de membres et MySpace en regroupe 100 millions. Ces sites ne créent pas d’épidémie de prédateurs sexuels et ils ne sont pas hors de la portée de la police. Il ne faut pas tomber dans la paranoïa et la peur. L’utilité de ces services nous semble supérieure aux risques.»

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