La santé publique s’inquiète du temps d’écran des adultes
Près du quart des adultes montréalais passent plus de quatre heures par jour devant leurs écrans, une hausse de 7 % depuis 2018, selon une étude de la Direction régionale de santé publique de Montréal.
L’enquête menée par la Direction régionale de santé publique (DRSP) et l’université Concordia révèle que le temps libre passé devant les écrans (ordinateur, tablette, téléphone mobile, télévision…) est en augmentation chez les adultes montréalais depuis 2018. À cette époque-là, 16 % des adultes utilisaient déjà leurs écrans de façon intensive, soit plus de quatre heures par jour; or, ils étaient 23 % en 2025, une hausse de 7 %. Quant au nombre d’adultes qui consacrent plus de deux heures par jour à des activités de loisirs sur des écrans, il a augmenté de 13 % pendant la même période.
Une situation qui inquiète la santé publique. « L’utilisation intensive des écrans est associée, entre autres, à une baisse d’activités physiques, à une hausse de la sédentarité, à une [diminution] des capacités cardiovasculaires, à des problèmes de sommeil, qui sont reconnus comme des facteurs de risque à la santé », explique Jean-François Biron, chercheur à la DRSP de Montréal et coauteur de l’étude.
Jeunes et aînés sont de grands utilisateurs
Les adultes de 18 à 24 ans sont les plus nombreux (39,3 %) à déclarer une utilisation intensive, ils sont suivis par les personnes de 65 ans et plus (29,7 %). À l’autre bout du spectre, seulement 12,4 % des adultes âgés de 35 à 44 ans disent passer plus de quatre heures par jour devant leurs écrans.
« La proportion particulièrement élevée d’utilisation intensive chez les 18-24 ans est aussi à considérer au regard d’enjeux de santé mentale, comme l’anxiété ou la détresse psychologique », souligne Jean-François Biron.
Revenu et statut social
L’utilisation intensive des écrans est aussi associée au revenu. Ainsi, 42,3 % des personnes qui gagnent moins de 25 000 $ déclarent passer plus de quatre heures par jour sur leurs écrans, comparativement à 15,5 % de celles qui ont un revenu supérieur à 100 000 $.
Les personnes qui vivent seules sont aussi plus nombreuses – 34,2 % versus 19,2 % – à rapporter une utilisation intensive des écrans. Elles jugent également que leur temps d’écran a un effet favorable sur leur bien-être et leur qualité de vie.
Des effets positifs sur le bien-être ?
Environ 44 % des répondants estiment que leurs habitudes numériques ont des impacts positifs sur leur sentiment de bien-être et leur qualité de vie, alors que 18 % y voient surtout des impacts négatifs.
Cette appréciation de l’expérience liée aux habitudes numériques varie sensiblement en fonction de l’âge. Les aînés sont plus enclins à dire qu’elles leur apportent des bénéfices, alors que les personnes âgées de 25 à 44 ans sont les plus nombreuses à considérer les impacts de ces habitudes comme négatifs.
Modifier l’approche préventive
Ces résultats devraient mener à une nouvelle approche lors de la mise en place d’initiatives de prévention. Le temps passé devant un écran ne devrait pas être le seul élément considéré, selon Jean-François Biron. « Ce n’est pas toujours gagnant de parler de temps d’écran, notamment pour ceux qui ont de la difficulté à se déconnecter. C’est plus gagnant de parler des impacts sur le sommeil, par exemple, ou sur l’attention au travail, précise-t-il. C’est la stratégie des petits pas et de la réduction des méfaits. »
Les auteurs de l’étude ajoutent que les interventions préventives devraient prendre en considération la relation, positive ou négative, qu’a la personne avec son temps d’écran.
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