Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

ProprioEnquête: pour tout savoir sur vos locataires

Par Mise à jour : 20 novembre 2012

ProprioEnquete

Un nouveau service permet aux propriétaires de collecter une foule d’informations personnelles sur de futurs locataires. Une grande première au Québec… que les associations de défense des citoyens ne voient pas d’un bon œil.

Dossier de crédit, antécédents judiciaires au civil et au pénal, références d’emploi, évaluation par les anciens propriétaires ou encore dossier à la Régie du logement: un propriétaire peut aujourd’hui obtenir tout cela en quelques clics grâce au nouveau service ProprioEnquête de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ). Un service simple et efficace.

Pour y accéder, il suffit d’ouvrir un compte personnel sur le site de la CORPIQ, de fournir quelques informations sur l’aspirant locataire et de cocher les cases correspondant aux informations voulues.

«Nous réservons cependant ce service à nos membres. Pas question qu’il soit accessible à quiconque veut enquêter sur son voisin ou sur le nouveau petit ami de sa fille, précise Hans Brouillette, porte-parole de la CORPIQ.

Bien entendu, pour que l’enquête reste légale, le locataire devra avoir consenti à cette cueillette d’informations. Nous offrons ainsi au propriétaire la possibilité de faire son choix en fonction de sa zone de confort et du risque qu’il est capable de gérer.»

>> À lire aussi: Recherche d'appartement: êtes-vous victime de discrimination?

Situations périlleuses

Après huit mois d’exploitation, plusieurs milliers de membres ont déjà adhéré au service et la CORPIQ s’attend à voir exploser la demande durant la prochaine saison de relocation, surtout du côté des petits propriétaires. «Un mauvais payeur peut rapidement engendrer une situation périlleuse pour lui.

Ses revenus sont parfois grevés du tiers et, en deux mois, toutes ses économies qui y passent… Arriver à faire sortir un locataire de chez soi peut exiger plusieurs mois et on ne peut même pas espérer obtenir un jour les loyers impayés.»
Discriminant…mais pas scandaleux

Discriminant? Par définition oui, puisque le propriétaire sera amené à faire un choix, considère la CORPIQ. Mais il n’y aurait rien de scandaleux à cela. «Le Québec est le seul endroit en Occident où le dépôt de garantie est illégal et où la justice est aussi lente; il est donc normal qu’un propriétaire veuille s’assurer d’avoir affaire à un locataire fiable financièrement et qui a un comportement adéquat.

Il lui confie les clés de son bien et ils seront parfois même voisins, ce n’est pas rien!» estime Hans Brouillette, ajoutant que tout le monde n’a pas le même degré de tolérance.
«Certains propriétaires sont capables de prendre plus ou moins de risques, par exemple en donnant une autre chance à un locataire qui a été condamné pour culture de cannabis ou qui a un mauvais dossier de crédit. Mais pas nécessairement pour tous ses condos et pas forcément s’il vient lui-même d’acheter la propriété et qu’il assume une hypothèque.»
Protection de la vie privée

Un argument que des associations de citoyens balaient d’un revers de main. «Le marché est clairement en faveur des propriétaires puisque nous sommes en pénurie de logements locatifs, explique France Edmond, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

Un propriétaire qui paie pour avoir toutes ces informations, bien sûr que c’est pour choisir un dossier sans faille! Mais ce qui nous gêne le plus, c’est l’instantanéité et l’automatisation. Le propriétaire reçoit toute l’info directement sur son téléphone, sa tablette ou son ordinateur. C’est une cueillette impressionnante! Et facilement transférable, en plus…»

Quelques chiffres

  • 11 $ pour consulter un dossier de crédit par l’entremise de ProprioEnquête
  • 36 $ pour profiter du forfait tout inclus (dossier de crédit, antécédents judiciaires, dossier à la Régie du logement, références professionnelles, etc.)
  • 149à 500 $ par an pour adhérer à la CORPIQ, selon le nombre de logements à louer dont dispose le propriétaire
  • 24 à 72 heures pour obtenir les informations via ProprioEnquête
  • 46 315 causes pour non-paiement de loyer entendues en 2010 par la Régie du logement, soit 16 % de plus qu’il y a 10 ans
  • 30 cas de non-paiement de loyer rapportés chaque jour à la CORPIQ
  • 1,3 mois en moyenne entre le dépôt de la plainte et l’audience à la Régie du logement dans un dossier de non-paiement de loyer

>> À lire aussi: 10 indices pour flairer l'arnaque lorsque vous cherchez un appartement

Ajouter aux favoris
Ajouter aux favoris

Pour suivre toutes les mises à jour et nouveautés sur cet article, vous devez être connecté.

Nouvelle