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Réussite scolaire: enrayer le déclin des apprentissages après les vacances d'été

Par Rémi Leroux Mise en ligne : 27 août 2015

Les congés d’été font du bien, certes. Mais, pour certains jeunes en difficulté d’apprentissage, la pente peut être dure à remonter à la rentrée.

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Photo: Shutterstock

Les chercheurs l’appellent la «glissade de l’été» («summer slide», en anglais), mais il ne s’agit pas ici du genre de glissade qui amuse vos enfants au parc aquatique.


L’expression désigne plutôt les conséquences que peut avoir la pause estivale sur les acquis scolaires de certains élèves du primaire et du secondaire. «Pour des jeunes qui vivent dans des milieux défavorisés ou qui ont des difficultés d’apprentissage, le fait de passer deux mois sans lire ni écrire a des répercussions sur leurs apprentissages», explique Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l’Université Laval.

Des études démontrent que, pour ces enfants, le recul des habiletés pendant les vacances équivaut à deux mois d’enseignement. Et leurs retards en lecture, en écriture et en mathématiques s’accumulent aussi d’une année à l’autre, précise ce spécialiste de la prévention de l’échec et de l’abandon scolaires.

En 2012, au Québec, un élève sur cinq était considéré comme ayant des difficultés d’apprentissage ou d’adaptation, selon le ministère de l’Éducation.

«Glissade» contrôlée?

Il existe des façons pour aider les enfants à maintenir les habiletés acquises, ajoute Égide Royer. Par exemple, aux États-Unis, de nombreuses écoles distribuent des livres aux enfants à la fin des classes afin de les inciter à lire durant la pause estivale.

Une récente étude confirme que ce type d’initiative est plus efficace si on laisse les enfants choisir eux-mêmes leurs bouquins. «Le livre le plus populaire auprès des enfants a été une adaptation de Frozen, de Disney, explique l’une des auteures de l’étude, Erin T. Kelly, dans le communiqué de presse émis par l’Université de Rochester. Est-ce que c’est la meilleure littérature au monde? Non. Mais si c’est un livre que les enfants lisent, cela aura des répercussions positives.»

Dans plusieurs États américains, les bibliothèques municipales proposent également des activités de lecture durant l’été. Des enseignantes d’Ithaca, dans l’État de New York, ont aussi lancé un projet de sociofinancement dans le but d’acheter des livres et d’assurer un suivi auprès des enfants pendant l’été et à la rentrée.

Et au Québec?

Si le milieu scolaire anglophone québécois a développé certaines ressources, par exemple les cours d’été offerts à la Commission scolaire Lester-B.-Pearson, à Montréal, les initiatives restent encore peu nombreuses dans le milieu francophone, reconnaît Égide Royer.

À Bedford, dans les Cantons de l’Est, l’école primaire du Premier-Envol est l’une des premières à proposer des «camps d’été pédagogiques» aux élèves ayant des difficultés d’apprentissage. Deux jours par semaine, encadrés par une éducatrice spécialisée et une étudiante en enseignement, les enfants reprennent le chemin des classes pour renforcer des notions de français et de mathématiques.

Autre problème: il n’est pas facile de savoir si un enfant aura besoin d’aide ou non. C’est pourquoi le chercheur a élaboré un «algorithme de la réussite» qui aide les enseignants à identifier les élèves à risque, tant au primaire qu’au secondaire.

Égide Royer rappelle que le taux d’obtention d’un diplôme de secondaire V dans les temps prévus est de 72 % au Québec, comparé à 85 % en Ontario, par exemple. «Lutter contre “la glissade de l’été” est une mesure parmi d’autres qui permettra de réduire cet écart», soutient-il.

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