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Une 4e action collective contre Tesla pourrait lui coûter près de 500 millions $

Par Nadine Filion
Une 4e action collective contre Tesla pourrait lui coûter près de 500 millions $ Tobias Arhelger/Shutterstock.com

Tesla devra se défendre en Cour supérieure du Québec dans le cadre d’une 4e action collective, cette fois-ci pour le bris prématuré des thermopompes qui équipent ses véhicules depuis six ans.

Une quatrième poursuite contre Tesla a été déposée le 13 mai dernier à la Cour supérieure du Québec. Et parce que cette action collective vise plus de 55 000 Québécois, elle pourrait coûter au constructeur jusqu’à 400 millions $.

Rappelons qu’en 2020, deux actions collectives avaient été déposées devant la plus haute instance judiciaire au Québec. Avec comme représentant Jean-François Bellerose, ces deux actions, pilotées par le cabinet montréalais BG Avocat, ont été autorisées il y a un an maintenant. La première concerne la peinture qui s’écaille sur les Tesla Model 3, et la seconde, les frais inattendus facturés par le fabricant pour la connectivité Premium.

À peine un mois plus tard, soit en juin 2025, une troisième action collective était déposée en Cour supérieure contre Tesla, cette fois pour des bris prématurés de suspension et de direction sur les Model 3 et Model Y. Dirigée par le cabinet CBL & Associés avocats, et avec pour représentante Catherine Poirier, cette procédure est toujours en attente d’autorisation.

Et voilà qu’une quatrième poursuite se dessine, menée par l’étude Perrier Avocats et représentée par Amélie Paquette. La demande d’autorisation d’une action collective, déposée le 13 mai dernier, concerne un autre bris prématuré d’une composante automobile essentielle.

Cette fois, à peu près tous les véhicules Tesla d’année modèle 2020 ou 2021 jusqu’à aujourd’hui sont visés, de même que le Cybertruck commercialisé depuis 2023 :

  • Model 3 (2021 à aujourd’hui)
  • Model S (2021 à aujourd’hui)
  • Model X (2021 à aujourd’hui)
  • Model Y (2020 à aujourd’hui)
  • Cybertruck (2023 à aujourd’hui)

Un problème de thermopompe en cause

Leur thermopompe souffre d’un vice caché, ce qui entraîne une « défaillance par temps froid », allègue la poursuite. Autrement dit : L’hiver, l’habitacle des Tesla ne parvient pas à se réchauffer ou, pire, les systèmes de dégivrage et de chauffage cessent subitement de fonctionner.

Dans le premier cas, on peut se plaindre du manque de confort et… de chauffage pour un véhicule qui coûte plus ou moins 50 000 $. Mais dans la seconde situation, cela pose un problème de sécurité : avec un pare-brise qui s’embue, la visibilité réduite augmente les risques d’accident.

Malgré un rappel, un problème toujours pas réglé

C’est d’ailleurs après avoir reçu près d’une centaine de plaintes à ce sujet au début de la décennie que Transports Canada avait ouvert une enquête et émis un rappel de sécurité. Plus de 2 000 véhicules Tesla avaient alors obtenu une mise à jour logicielle à distance (Over-the-Air ou OTA) pour corriger le problème.

Mais cela n’a pas suffi, soutient l’Association pour la protection des automobilistes (APA). Son président, George Iny, rapporte avoir reçu d’autres signalements pas plus tard que l’hiver dernier. Il ajoute que, lorsqu’une thermopompe Tesla est changée, la pièce de remplacement se révèle de fiabilité douteuse : « Certains électromobilistes nous ont rapporté en être à leur troisième thermopompe ! »

Cas vécu : des soucis de chauffage dès les premiers kilomètres

Certains frais de remplacement de thermopompe sont assumés par les propriétaires, la garantie de Tesla étant limitée à quatre ans ou 80 000 km. Une situation qui a poussé Amélie Paquette à se joindre à l’action collective.

Cette résidente de Saint-Jérôme achète une Tesla Model 3 neuve en décembre 2020 pour la somme de 52 880 $. Quelques semaines plus tard, en plein hiver, un premier problème survient : malgré un réglage à 21 °C, la température dans l’habitacle ne dépasse pas 12 °C. Trois capteurs sont remplacés sous garantie.

Puis, moins d’un an plus tard – et après 38 806 km –, d’autres ennuis de thermopompe se manifestent : bruits anormaux, feuilles d’automne qui s’introduisent dans le mécanisme du ventilateur… Des réparations sont à nouveau effectuées, toujours sans frais, mais encore une fois, cela ne suffira pas.

En janvier 2022, la thermopompe de sa Tesla 3 lâche : les systèmes lancent toutes sortes d’alertes, l’habitacle n’est plus du tout chauffé. Diagnostic : il faut remplacer la thermopompe, ce qui est – encore – effectué sous garantie.

Des garanties (trop) limitées

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : en janvier 2025, le système dégage de la fumée et une odeur chimique. Des fuites de liquide frigorigène et des débris obligent l’installation d’une autre thermopompe – c’est la troisième que recevra la berline, qui cumule maintenant 158 000 km.

En revanche, cette fois, la conductrice a dû payer la réparation de sa poche : 4 477 $. L’APA a bien tenté de trouver des garages qui acceptent de remplacer les capteurs défectueux plutôt que la thermopompe au grand complet, mais sans succès.

Des thermopompes qui coûteront plus cher que les suspensions

Si cette quatrième action collective contre Tesla est autorisée par la Cour supérieure du Québec, combien d’électromobilistes seraient touchés ? Impossible à préciser, puisque le constructeur ne divulgue jamais ses chiffres de ventes.

Cela dit, les statistiques d’AutoMédia, une publication spécialisée dans l’industrie automobile, rapportent que, pour les années concernées, plus de 55 000 Tesla Model 3, Model S, Model X, Model Y et Cybertruck ont été immatriculés dans la Belle Province.

Est-ce que tous les VE de Tesla éprouvent la même défaillance mécanique ? Trop tôt pour le dire. Mais, si on suppose que oui, le total des compensations demandées pourrait tourner autour des 400 millions $. La poursuite cherche entre autres à obtenir :

  • Que la réparation de ce « défaut fatal pour le fonctionnement du véhicule et pour la sécurité routière » soit payée (ou remboursée) par Tesla. On parle donc de plus ou moins 5 000 $ par « réparation effectuée ou à venir » ;
  • Que des dommages-intérêts soient versés pour les frais accessoires (comme le remorquage et la location de véhicule), ainsi que pour les troubles, inconvénients et perte de jouissance ;
  • Que des dommages punitifs de 1 000 $ par membre viennent « envoyer un message clair aux distributeurs et aux fabricants automobiles : les propriétaires de véhicules ne devraient jamais craindre de manquer de chauffage en plein hiver sur des véhicules aussi récents ».

En comparaison – si elle est éventuellement autorisée –, l’action collective contre Tesla pour bris prématuré de ses éléments de suspension et de direction viserait autour de 45 000 électromobilistes québécois – pour une somme totale d’environ 300 millions $.

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